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 Sang sur la glace

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Roninie
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MessageSujet: Sang sur la glace   Mer 24 Avr - 17:03

CHAPITRE 1: Réveil à la belle étoile



La nuit est encore présente sur le monde des 12. Dans la montagne des koalaks, la nature est calme et endormie, aucun son n'émane de la forêt quand soudain les feuilles s'agitent; pourtant, il n'y a pas actuellement de brise dans la zone. C'est la jeune Roninie qui émerge dans son petit hamac installé entre deux grands kalyptus.



Cela fait maintenant plusieurs mois que j'aime dormir a la belle étoile dans cette zone calme et tropicale, loin de toutes les agitations de la ville. Je m'y suis installé et je m'y sens chez moi.
Je me réveille calmement, m'étire, déploie mes grandes ailes fragiles qui scintillent d'une couleur bleue discrète à la lueur de la lune, encore présente à cette heure, et pose un pied sur le sol, l'herbe est froide et humide sous mes pieds nus.
Le temps est magnifique, pas un nuage à l'horizon. Le ciel est encore étoilé, j'en profite pour lever la tête et l'observer durant une petite minute afin de contempler les astres.

- Le  ciel est magnifique, je pourrais rester comme ça pendant des heures mais je dois me dépêcher.

Je m'approche d'un kalyptus à proximité au tronc est très large. Il y a un trou à l'intérieur, j'y plonge ma main et en sort un sac en peau. C'est ici que j'entrepose mes affaires, elle sont à l'abris des animaux et des intempéries.
J'ouvre mon sac et en vérifie le contenu : des potions, des baumes, des bandages et de la nourriture. C'est tout mon attirail de soigneuse qui m'est indispensable pour prodiguer les soins nécessaires aux personnes blessées lorsque les sorts sont inefficaces.
Je replonge ma main dans l'arbre pour en sortir un manteau en laine de couleur grise. Les poils le confectionnant sont longs et épais, ce  n'est pas le genre d'habit que l'on porte dans cet endroit du Monde des 12.
J'empoigne le tout puis récupère également mon marteau et ma canne à pèche posés contre l'arbre.

- Vite! Je dois y être avant le levé du soleil.

Je range arme et outil dans mon sac puis le referme et me dirige vers un autre arbre où est attaché ma dragodinde, une belle monture femelle dont les couleurs prune clair et verte se confondent parfaitement avec celles de la forêt des kalyptus. Elle dort profondément, recroquevillée sur ses pattes et la tête posée sur l'herbe. Elle est belle comme ça que je n'ose la déranger mais je le dois.
Je m'agenouille près d'elle, lui caresse la tête et lui murmure :

- Bernadette, réveille toi ma belle, nous devons y aller.

Elle ouvre les yeux et voit le visage souriant de sa maîtresse. Elle commence à se lever, les pattes encore flageolantes au réveil, elle finit par être totalement sur ses deux pattes. J'accroche donc mon sac sur Bernadette et m'envole pour l'enfourcher. En effet, elle est très grande à coté de moi, petite Eniripsa, et je suis obligé d'utiliser mes ailes pour la monter.
Une fois sur son dos, je pose mon manteau sur mes genoux et me penche pour lui dire:

- Direction le zaap !

C'est alors qu'on se met à gambader à travers les arbres à la lueur de la lune, l'air frais du matin caressant mon doux visage et agitant mes ailes. Cet air me réveilla pour de bon.
Bernadette est rapide et l'on se retrouve vite à traverser le Village des Éleveurs où les dragodindes dorment paisiblement dans leurs enclos.
Nous arrivons finalement devant la grande arche du zaap dont la lumière bleutée inonde la zone.
Je m'arrête en face et contemple les runes gravées sur les pierres de l'arche n'ayant jamais su leur signification. Je me demande souvent de quelle langue ancienne ces runes sont issues.
Je fixe ensuite le vortex en son centre, sa lumière est hypnotisante.

- C'est parti, allons y ! Une nouvelle journée nous attend de l'autre coté.

J'enfile mon manteau puis traverse le zaap sur le dos de Bernadette.



Elle était loin de se douter que ce ne sera pas une habituelle journée paisible qui l'attendra à l'autre bout du vortex...


Dernière édition par Roninie le Lun 19 Aoû - 18:35, édité 1 fois
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Eysane
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MessageSujet: Re: Sang sur la glace   Mer 24 Avr - 19:56

Chapitre 1 : Souvenirs, souvenirs ...

____Faire l'amour, pas la guerre ... Cette phrase ne m'a jamais particulièrement marqué, étant un aventurier je ne me suis jamais vraiment préoccupé de la querelle qui oppose les deux cités. Les miliciens des deux partis encouragent d'ailleurs mes expéditions, et il faut dire qu'il seraient à poil sans moi, me souhaitant toujours bonne chance allant même jusqu'à discuter durant quelques minutes, principalement pour connaître l'actualité avant de reprendre leurs postes non sans prendre un air lassé ... Non décidément cette vie n'est pas du tout faîte pour moi.

____Je m'enfonce au fur et à mesure dans mes souvenirs, retombant en enfance. Je me souviens des moments de jeu avec mes parents, deux disciples de Sadida, mais aussi des longues heures passées devant les tomes du bestiaire de ce monde. Je me revois maintenant durant ce concours de tir dans le bassin d'Arc à Chon, ce fameux jour durant lequel j'ai compris que mon manque de pilosité et mon énergie débordante n'étaient pas dus à un quelconque problème en dessous du pagne. J'ai ensuite appris le reste de ma jeunesse dans le temple dédié à Crâ, d'abord dans la classe de Kikoolol, vénéré professeur ayant réussi à se sortir de toutes les situations avec deux sorts et une paire de dagues, avant de vite être muté dans la classe de Background, mal aimé de tout les autres jeunes mais pas de moi. Après ces quelques années, mes parents sont partis se retirer sur l'île d'Otomaï arguant que l'Arbre Hackam "offre des spots de repos défiant toute concurrence ". J'ai cru qu'ils n'avaient pas digéré, malgré toutes les siestes du monde, le fait que je ne suive point leurs pas …

____La tristesse m'avait alors emplie quelques jours après, comment faire quelque chose qui marque si nos héros ne veulent plus nous voir. Question existentielle dont la recherche d'une réponse fut interrompue par l'arrivé d'un Piou messager. "J'ai le malheur de vous apprendre le décès de vos parents. Ces derniers ont chuté du Laboratoire d'Otomaï, poussés par une ombre bleue selon les témoins, deux Pandawas dignes de leurs classe." Et si les souvenirs qui me reviennent sont bons, la seule chose qui a pu atténuer le vide qu'avait causé le départ des seuls êtres chers à mon cœur était le fait que j'héritais de leur fortune, laquelle ils me léguaient pour que je «  concrétise mes rêves » …

____Mais à l'époque je ne savais pas quels étaient mes rêves, profitant de mon inconscience pour aller gaspiller mes seules économies dans les tavernes malfamées d'Amakna. J'aurais très bien pu courir à ma perte mais c'est au contraire ce qui a été salvateur. Il y eut en effet durant un jour banal, un jeune homme qui est rentré dans la taverne. Il a su attirer mon attention par son jeune âge, mais aussi parce qu'il commanda au tenancier une bière, puis une seconde et je pense que si je n'étais pas intervenu, il aurait  continué ad vitam eternam. Je n'ai pu me retenir de l’engueuler comme il le méritait, ne pouvant pas à ce jour me rappeler de toute la scène, le volume de bibine ayant déjà largement dépassé mon seuil. Cependant, la discussion s'est finie en ces termes :  
____- Que je boive ne te regarde pas, j'ai atteint un âge ou il vaut mieux oublier que découvrir. Toi, je suppose que tu as certainement des rêves mais tu restes planté là comme un disciple de Pandawa ayant quelque chose à prouver …
____- J'ai bien des rêves mais pas assez d'économies pour les réaliser. Pensez-vous vraiment qu'un jeune puisse faire le tour de Frigost et battre les plus imposants monstres alors qu'il peine à se payer son Gelano ?
____- Peut-être que s'il arrêtait de se murger la gueule dans un vieux rade, il pourrait envisager de faire ce tour … Mais bon, arrête tes conneries de Iop pré-pubère et vient me voir au temple de Crâ dans une semaine.

____Je mis à profit la dite période pour me décrasser, m’entraîner sur les Craqueuleurs des alentours ou encore pour acheter quelques équipements qui allaient sûrement me servir. Mon choix se tourna vers un costume six-pièces en poils de Meulou et un autre aux couleurs du roi des tourbières nauséabondes.

____L'inconnu poussa les portes du Temple et fut ravi lorsque je lui tendis ses nouveaux habits de gris et de mauve et lui dit que l'on partirait tôt le lendemain. Il ne m'a pas posé de question; tant mieux, je ne pouvais pas répondre. Je suis alors sorti alors et me dirigeait vers une modeste bâtisse. C'est seulement avant de rentrer qu'il me regarda dans les yeux et me tendit sa main :
____- Klynt, je m'appelle Klynt.
____- Enchanté, appelle-moi juste Demy.


____Et ainsi le jeune, repartit sans ajouter un mot tandis que quelques années plus tard, mes souvenirs s'estompaient. Je regarde le ciel et décide d'aller me coucher. Demain sera certainement une journée difficile.


Dernière édition par Demy-Dyeu le Ven 12 Juil - 12:09, édité 1 fois
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Roninie
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MessageSujet: Re: Sang sur la glace   Mer 12 Juin - 18:04

CHAPITRE 2 : Couleurs polaires contrastées

A l'autre bout du monde, dans une zone froide et enneigée, la jeune Roninie surgit du zaap de la Bourgade de Frigost.



Je suis arrivée dans le froid et les vastes étendues frigostiennes. La bourgade est encore vide, aucun aventurier n'est encore levé. Dans la journée, la place du zaap est tellement peuplée qu'il faut se bousculer pour atteindre le vortex.
Une brise glaciale me coupe le visage et je réajuste donc mon manteau en laine de Glourseleste pour ne pas attraper froid. Je me suis vacciné contre le rube mais ma peau douce et fragile ne supporterait pas la sécheresse de ce climat polaire. De plus, mes ailes risqueraient de geler et de se casser.
Je descends de ma dragodinde et marche tranquillement dans la bourgade pour ne réveiller personne. Les aventuriers dorment dans leur maison, les gélicans sont dans leur nid, les crabes dans le port, les rats dans les égouts et les chachas dorment tranquillement sur des ballots de foin de froztiz.
Il règne un calme et un silence profond, aucun individu ne se lève si tôt hormis Frigostine la boulangère qui est à son atelier aux premières heures. Elle y prépare et cuit les meilleurs miches de pain de tout le continent frigostien afin de les servir toute chaudes aux premiers aventuriers de la journée qui viendrons les acheter. Sa boulangerie est réputée et de nombreux connaisseurs viennent depuis l'ancien continent pour goûter cette merveille gustative. La farine de froztiz est réputée magique ; une bouchée de pain confectionné à partir de farine de cette dernière  permettrait d'être immuniser contre le froid extrême de ce continent.
C’est alors que je passe devant sa boulangerie qu’une senteur chaude et épicée me caresse les narines. Ce sont les pains qui sont entrain de cuire dans les grands fours à bois de tremble qui émanent une si douce odeur. Comme envoûtée et hypnotisée, je suis attirée vers cette effluve agréable et c’est ainsi que j’entre dans l’atelier. L’endroit est magnifique; les couleurs ambrées et dorées de la boutique contrastent avec le blanc pure dehors. Des centaines de pains sont étalés au comptoir et sur les étagères. Ils ont tous des formes et des couleurs différentes. L’odeur est encore plus puissante à l’intérieur et j’avance telle une somnambule.
Frigostine n’est pas surprise de me voir. Elle a l'habitude que je passe dans sa boulangerie quasiment tous les matins. Je ne mange que très peu de pain mais je ne peux jamais résister à une petite gâterie chocolatée. La boulangère le sait et désormais une nouvelle mignardise contenant du chocolat m’attend chaque jour dans sa boulangerie. S’il m’arrive un matin de ne pas venir, elle est mise de coté jusqu’à ce que je me présente.
C’est donc avec sa joie de vivre qu’elle m’accueille comme toujours; des traces de farine sur le bout du nez:

- Bien le bonjour ma chère Roninie. Comment vas-tu aujourd’hui ?

- Je vais très bien merci. Le temps est magnifique aujourd'hui, je sens que la pèche va être bonne.

- Je t’ai préparé un flocon de chocolat ce matin.  Je te l'ai posé sur le comptoir. Tu me diras ce que tu en penses, il se pourrait que j’en fabrique en grand nombre pour la vente si c’est un succès.

Je m'approche du comptoir pour récupérer la friandise. C'est un magnifique flocon étoilé dont les détails et la complexité sont impressionnants. Il est à peine plus gros qu'un kama. Je le prend délicatement et le met dans ma bouche. A première abord le contact du flocon est très froid sur la langue ;  cela me rappelle mon enfance quand j'essayais de gober les flocons de neige qui tombaient en Amakna les journées d'hiver . Immédiatement en contact avec la langue, le flocon se dissout comme le ferait de la neige mais au lieu de se fondre en eau, c'est un délicieux coulis chocolaté relevé d'épices qui me coule dans la bouche.  De plus, je suis surprise de sa température élevé. Tandis que le flocon était auparavant glacé, son coulis me réchauffe le corps. Je ne sais quel exploit a pu réaliser Frigostine pour créer une friandise si complexe gelée à l'extérieur et chaude à l'intérieur en fondant sur la langue. Je n'hésite pas à délivrer mes sensations.

- C'est magique votre nouvelle confiserie ! Mon corps est tous réchauffé à partir d'un si petit flocon. Je suis sur que plein de gens viendrons vous en acheté. Vraiment impressionnant!

- Merci ma chérie. Heureuse de connaître tes premières impressions. Tu me diras pendant combien de temps l'invulnérabilité contre le froid dure avec l'ingestion d'un seul flocon. Je n'ai pas encore fait des tests réels donc j'ai voulu que tu en soit la première utilisatrice.

- Ce sera fait. Je vais donc de ce pas repartir en direction du lac. Le soleil ne va pas tarder à se lever et je veux y être avant. Merci pour le flocon et bonne journée!

- Que la pèche te soit heureuse. Bonne journée!

Sur ces mots je ressors de la boulangerie. Bernadette m'attendais dehors à l'abris de la brise. Je sens le vent sur mon corps mais aucune sensation de froid. A l'évidence le flocon a vraiment un effet d'invulnérabilité contre le froid.
Je fouille dans mon sac attaché sur ma dragodinde pour en sortir une paire de skis en bois d'orme. Je les enfile à mes pieds puis empoigne le harnais attachée à elle.

- Fonçons vers le lac.

Elle s’exécute et commence à gambader rapidement entre les maisons. Une fois arrivées à la sortie de la bourgade et devant l'étendue plane et blanche devant nous, elle se met à accélérer sans se retenir. Quant à moi, je glisse derrière sur mes skis. C'est le moyen de déplacement le plus rapide lorsqu'on se trouve à Frigost.. Je me plais à déraper sur la poudreuse ; je suis d'habitude congelée par le courant d'air issu de la vitesse mais aujourd'hui avec le pouvoir du flocon ; je ne ressens rien. Il est vraiment très efficace, je crois que je vais m'en faire un stock et qu'il sera mon petit rituel frigostien du matin.

En quelques minutes j'ai traversé les champs et désormais je slalome entre les trembles et les pins  de la foret. Il a neigé cette nuit sur Frigost et la couche de neige lourde pèse sur les branches et les feuilles des arbres. La brise agite ces dernières ce qui a pour résultat des chutes de neige inattendues de la couche au sommet des grands pins. Je ralentit donc pour faire attention à la neige qui s'écroulerait sur nous en plus de devoir éviter de foncer dans les troncs.
Entre deux arbres,  j'aperçois un  igloo. Je suis quasiment arrivée au niveau des premières étendues d'eau gelée qu'une grosse douche de neige me tomba inopinément sur la tête.
Effrayée, Bernadette prend soudain une grande accélération que je n'avais pas prévu et je m'écroule ridiculement dans la neige lâchant le harnais. Je m'en retrouve ainsi par terre recouverte d'une bonne couche.  C'est seulement au bout de quelques secondes que je réussis à me relever.  Je secoue mon manteau pour enlever toute la neige, je le retire pour enlever également celle qui s'est incrusté à l'intérieur. Même sans cet épais vêtement, je ne ressens aucun froid; je ferme les yeux et si je ne savais pas que je me trouve dans la foret de Frigost, je dirais que je suis bien au chaud dans ma montagne koalakienne.
Je me secoue donc et agite mes ailes pour enlever la neige. Je crois que si je n'avais pas pris ce flocon, elles se seraient cassées  écrasées par la neige.
Je renfile mon manteau, enlève les skis de mes pieds et me dirige vers le lac qui se trouve à quelques pas de l'endroit où je suis tombée.
J'y retrouve Bernadette qui s'est arrêtée juste devant la glace car elle sait qu'elle glisserait si elle s'y aventurait. C'est une bonne nouvelle car si elle s'était enfuie loin j'aurais perdu toutes mes affaires.
Je m'approche donc près de ma monture et la caresse pour la rassurer et la calmer.

- Tout va bien, je n'ai rien.

Elle me répond par un gloussement affectueux en me caressant avec sa tête.
Je sourie et récupère ma canne à pèche dans mon sac. C'est parti pour ma session de titillage de poisson matinale. Il fait encore nuit et il reste quelques minutes avant le coucher du soleil. Le bleu nuit du ciel a désormais viré à un bleu semblable à la nuance d'un lapis-lazuli.
C'est l'heure idéale pour pécher et surtout pour trouver des poissons spéciaux tant recherché par les aventuriers. La population piscicole a eu le temps de se renouveler pendant la nuit et, comme aucun artisan pécheur ne vient si tôt pour exercer ici, elle est encore abondante.
Je développe donc donc ma canne et installe un hameçon et un appât de ma propre conception secrète que je ne dévoile à personne et qui fait ma réussite. Je m'avance ensuite sur le lac et m'installe au niveau de mon spot préféré: un ensemble de trou dans la glace effectué par les pécheurs du lac qui sont actuellement entrain de dormir dans leur igloo.
Je m'assois donc sur la glace et lance mon hameçon dans le trou en espérant une pèche glorieuse. Peu de temps après, le fil s'agite, mon premier poisson à mordu à l'hameçon. C'est une poiskaille, ce poisson frigostien qui m'a rapporté tant de richesse depuis mon arrivé sur ce continent. En effet, je le  cuisine en fricassé pour me nourrir et revend le reste.

Cela fait déjà un petit moment que je pèche et déjà une bonne récolte à mon actif. Quelques tortues dévoreuse ont même essayé de m'en dérober. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de voir un kralamour bleu mordre à l'appât ce matin.
Soudain, le plus beau spectacle du monde des 12 que j'ai eu l'occasion de voir apparaît. Toute une pléthore de nuance colorée m'entoure et scintillent ;  les ocres chaudes se mélangent aux couleurs froides et aquatiques de la zone. C'est le soleil qui se lève et inonde la zone de sa couleur corail. Ses rais se reflètent sur l'eau, scintillent sur la glace ou se perdent dans la neige. J'ai l'impression d'être à l'intérieur d'un arc en ciel. C'est pour cette image que je me lève si tôt tous les matins pour venir ici. Je suis tellement obnubilée par ce spectacle que je n'ai pas fait gaffe à un requin qui a mordu à l'hameçon et a mangé mon appât.
Je décide donc d'en utiliser un autre et lorsque je m'apprête à l'accrocher à l'hameçon, j'entends une grosse explosion dans le ciel qui me fait sursauter à tel point que j'ai failli n'embrocher l'hameçon dans la main. Je me tourne dans la direction de l'explosion lorsqu'une nouvelle salve d'explosions retentit. Celle-ci je la perçu clairement ; c'était une grosse explosion enflammée dans le ciel semblable à une fée d'artifice, les couleurs du levé du soleil était encore présente et le rouge puissant de l'explosion se confondait avec la couleur de l'astre à l'horizon.

"Elle viennent de la crevasse du Mansot Royal. Ce n'est pas normal!"

La situation m'inquiète. En effet, à cette heure de la journée, personne n'est censé se trouver dans cette zone et il est impossible de descendre dans les tunnels sous le lac car Waldos FieldChester Potcobble qui s'occupe de la nacelle est encore entrain de dormir.

"Serait-il possible que quelqu'un soit tombé dans la crevasse?"

Je suis curieuse de nature et donc je décide de me diriger dans la direction des explosions. Mon instinct de secouriste prend toujours le dessus sur mon travail. Je suis tout de même prudente et avant d'y aller je dépose ma canne et j'empoigne mon marteau.



La jeune Eniripsa se dirigea en courant vers un potentiel danger non identifié se demandant qui pouvait bien se cacher derrière ces explosions inhabituelles à l'aube du jour perturbant son rituel journalier.
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Eysane
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MessageSujet: Re: Sang sur la glace   Jeu 11 Juil - 15:48

Chapitre 2 : L'Ombre Bleue


_____Je me réveille en nage dans mon lit, haletant, ne parvenant pas bien à distinguer ce qui m'entoure. Tout est sombre malgré le fait que le soleil matinal brille au travers de mes volets et comme depuis la mort des mes parents, mes nuit ne sont guère peuplées que par des cauchemars plus noirs de jour en jour. Je les imagine sur le rebord de l'Arbre millénaire trônant au centre d'Otomaï. Leurs visages portent des stigmates de coups, ils sont rouges de sang. Ils ne portent pas l'habit traditionnel de leur Dieu sinon des lambeaux que même les plus pauvres habitants des deux cités n'oseraient pas enfiler. Cependant ils ne sont pas seuls, à côté d'eux je distingue une vague forme bleue qui soudain pousse ma mère dans le vide. Mon père n'a pas le temps de réagir que lui aussi est précipité dans le vide.
Il faut vraiment que j'apprenne la vérité avant de finir comme ce Sram rongé par la folie ayant, à force de le faire couler, pris la couleur et l'odeur du sang.


_____Mais là n'est pas mon plus grand soucis. J'ai promis à mon nouveau disciple qu'aujourd'hui sera le grand jour, nous allons nous attaquer à la terrible île glacée qu'est Frigost. Cela fait quelques années que nous nous entraînons pour ce grand jour en frappant tour à tour les plus insignifiantes créatures de nos contrées et les terribles monstres gardant les fameux donjons repartis aux quatre coins du monde. Apprenant ainsi les secrets du Monde des Douze dans la Bibliothèque du plus grand des Corbacs ou se mesurant au terrible Meulou pour confectionner les habits de Klynt.


_____En effet, parmi les événements importants durant ces dernières années il me revient en mémoire une virée lors de laquelle nous avions affronté le Craqueleur Légendaire. Klynt, après avoir terrassé la terrible créature à mes côtés, avait décidé d'aller explorer la montagne. Il était revenu quelques temps plus tard en me disant qu'un bâtiment massif avait attiré son attention et qu'il était donc rentré à l'intérieur. Il avait alors vu des hommes masqués se battre avec une telle beauté que l'on se demandait s'il s'agissait d'une danse ou bien si cela pouvait réellement faire mal, ce qui vu l'état des sac de blé servant à l’entraînement était vérifié. Cependant il m'avait avoué qu'il ne savait pas ce qu'était cette bâtisse. Moi, qui à force de m'y rendre jour après jours, le savait très bien lui ai répondu qu'il s'agissait du temple consacré aux Zobals, guerriers mystérieux qui tiraient leurs pouvoirs des différents masques en leur possession. Il me dit alors que leur manière de combattre l'avait subjugué et me demanda si lui-même pouvait devenir comme eux . Le soir même il n'avait pas dormi chez moi et était vraisemblablement en train de prier Sadida.


_____Mais aujourd'hui le jeune Klynt est grand mais il a cependant choisi de rester à mes côtés car il tient à voir du pays mais je suspecte qu'il tienne aussi à moi, les longues années d'exploration ça rapproche mine de fer. Ce qui est réciproque … Ne serais-je pas en loque dans un tripot en ce moment si je ne l'avais pas rencontré dans cette taverne mal famée ? Mais aujourd'hui, nous allons plus que jamais devoir nous faire confiance car je vais enfin tenir ma promesse en amenant mon protégé fouler la neige le l'île de Frigost, et mon instinct me dit d'ores et déjà que ce ne sera pas de tout repos.


_____Nous avançons maintenant depuis quelques heures dans un lourd silence, ce qui m'a d'ailleurs fait de nombreuses fois repenser aux rêves qui hantent mes nuits. Mon compagnon essaye tant bien que mal de m'éviter cela mais il doit aussi garder un œil sur la route qui devient sinueuse au fur et à mesure que nous avançons dans les montagnes de Cania. Nous sommes dans les temps lui dis-je alors que sa monture renâcle autant que les lois de la biologie lui permet, lui disant ensuite que ce serait une bonne occasion de tous se reposer. Nous nous arrêtons non loin d'une maison et tout en descendant de Demychedepain alors que je tourne le dos à mon disciple j'entends de vif éclats de voix.


_____J'apprends alors que le flot d'injures digne du moins poli des Bworks a pour cause d'une erreur de mon protégé qui lors que sa descente à malencontreusement écrasé un œuf de Mansot qu'un inconnu a lui aussi eu le déplaisir d'égarer ici … Et bien que je ne doute pas le moins du monde des capacités du jeune Klynt, je ne pense pas qu'il puisse rivaliser contre la montagne de muscles drapée d'azur qui ceci dit est à deux phalanges de lui planter une dague dans un de ses orifices bien peu noble si l'on en croit ses dires. Je m'interpose alors me présentant comme le père de Klynt et précisant que celui-ci serait privé de dessert le soir. L'inconnu se détend alors comme si cette décision était le pire des supplices possible et s'en va non-sans m’avertir de ne jamais laisser mon fils seul arguant qu'un accident est si vite arrivé. Cet épisode m'ayant quelque peu refroidi, je remonte vite en selle ordonnant à ma prétendue progéniture d'en faire de même. :?: 
____- Privé de dessert ?, finit-il par articuler un air amusé dans les yeux. Tu n'aurais pas pu trouver plus convainquant ?
Je ne lui réponds pas et ne suis pas même amusé par cette remarque qui d'habitude m'aurait fait sourire. Non, un autre sentiment m'emplit, une peur dévorante. Je me rends alors compte que je connais l'homme tout de bleu vêtu, je le connais depuis la mort de mes parents et je l'ai revu pas plus tard que durant mon sommeil.


_____Cependant je choisis de je rien dire au jeunot qui se tient à mes côtés. Il n'a pas à subir l'anxiosité d'une telle situation alors que moi-même me base sur un cauchemar, aussi réaliste et fréquent soit-il. Le trajet suis son cours dans un silence d'autant plus pesant que mon passé resurgit subitement avec une violence inouïe. Se succèdent alors des images de moi et de mes parents, des bruits de chutes mais surtout des cris déchirants. S'en est trop, ma vision se trouble avant de céder au noir total, je tombe et heurte le sol.
Je me réveille et regarde de suite autour de moi. Les hautes montagnes ocres de Cania ont laissé place à une charmante maison et quant au soleil il a tout simplement disparu au profit de nuages laiteux dont tombent de gros flocons de neige. Avant que je lui pose la question, Klynt m'apprend qu'après ma perte de connaissance il m'a traîné jusqu'au bateau que nous devions emprunter afin d'aller sur la fameuse île. C'est alors là qu'il a rencontré un jeune Iop qui contrairement à ses semblables maîtrisait parfaitement la langue du pays. A ma vue il prit pitié et demanda au jeune Zobal si il voulait profiter de sa maison pour que je puisse me rétablir. Et voilà que je me réveillais là, sur un confortable édredon mais ce n'est pas le programme de la journée et je choisis donc de partir non sans d'abord laisser une plume de Gelikan en cadeau car Klynt m'a aussi glissé à l'oreille que l'histoire de ce Iop est fascinante et d'une réelle beauté, ne pas la mettre à l'écrit serait criminel.


_____Après avoir quitté la chaumière alors que l'aube ce lève, nous errons durant quelques temps dans les ruelles de la bourgade et chinant des informations sur les donjons qui actuellement rapportaient leurs pesant d'or et il ressort sur les quelques lèvres trouvées à cette heure que les ressources issues du roi des Mansots sont en ce moment très demandées. Il s'agit en outre d'un monstres peu puissant bien que les plus expérimenté des aventuriers que nous croisons affirment qu'il ne craint nos coups au début du combat. Cela représentera un bon défi, nous nous rendons donc devant le gouffre réputé pour être sa la tanière de l'horrible pingouin. Je laisse alors descendre Klynt en premier et décide de jeter un rapide coup d’œil aux alentours. Je suis à peine à quelque pas de l'entrée lorsque j'entends un terrible cri avant qu'un terrible silence prenne place.


_____Mon sang ne fais alors qu'un tour, je me rue vers l'échelle et descend les barreaux quatre à quatre. Arrivé en bas, le spectacle me glace le sang. Klynt gît par terre en sang. Le même inconnu que tout à l'heure se tien accroupi sur lui, sa victime bégaie quelque chose d'incompréhensible mais il n'en a que faire. D'un coup sec il arrache le masque de mon protégé qui tombe immédiatement inconscient. Une fois cela fait il se dirige vers la sortie mais étant paralysé je n'ai pu me cacher. Il me voit, se dirige lentement vers moi et avant que je ne puisse sortir mon arc fait jaillir une horloge du ciel qui me frappe avec une extrême violence, me projetant une une violence inouïe à terre. Je me sens sombrer mais un réflexe de survie me fait bander mon arc pour tirer des Flèches Explosive en l'air ...[/color]
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Roninie
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MessageSujet: Re: Sang sur la glace   Lun 19 Aoû - 18:34

CHAPITRE 3 : Du sang sur la glace



Frigost est calme, le soleil s'est levé et les premiers animaux sont de sortie ; seule la jeune Roninie perturbe ce rituel calme et matinal en courant à toute vitesse vers le cratère du lac gelé.




Je cours du plus vite que je peux, mais c'est extrêmement difficile, car je glisse sur la glace. Je décide donc d'utiliser mes ailes afin de me faire léviter pour aller plus vite. Généralement, je ne les utilise pas quand je suis sur l’île de peur de les casser, mais aujourd'hui je sens que je peux me le permettre sans risque grâce au flocon de Frigostine. Le temps est compté, je sais qu'il suffit que quelques secondes pour que mes pouvoirs deviennent inutiles. Je peux soigner n'importe qui, même les blessures les plus graves, mais je ne peux pas ressusciter les morts.

Bernadette a remarqué mon changement soudain, elle est consciente de la situation et me suit de loin. Elle sait que lorsque je me précipite comme ça c'est qu'il y a une urgence et des personnes à soigner. Elle a appris des nombreuses interventions que j'ai dû faire par le passé. Je peux compter sur elle pour m'aider à transporter mon matériel et mes potions directement sur les lieux d'un accident pour pouvoir agir le plus rapidement possible.
Je m'étais installée à l'extrémité du lac et donc le cratère est loin, il me faut donc un certain temps avant de l'atteindre. Pendant que je me ruais vers la destination, d'autres salves d'explosions ont retenti, ce qui me signalait que le lanceur était toujours vivant, ce qui était une bonne nouvelle.


J'aperçois au loin les systèmes de tractage de la carrière. Je ne suis plus qu'à 100m et je ne vois plus d'explosion. La personne est peut-être désormais inconsciente ou pire... Je me mets donc à accélérer au maximum de mes capacités dans les derniers mètres.

Lorsque j'arrive à destination, personne. Aucun signe de vie autour du cratère ; comme je le pensais, Waldos n'est pas encore à son poste. Je suppose que la personne ayant envoyé les explosions doit se trouver au fond. Je m'avance et me penche pour voir s'il y a quelqu'un. Le cratère est profond et le jour n'est pas encore assez présent pour en apercevoir le fond. Je décide donc d'envoyer un appel pour voir si quelqu'un me répond:


- Il y a quelqu'un? Je suis ici pour aider.


À peine ai-je prononcé ces mots que je sens quelque chose dernière moi, un bruit léger et soudain suivi d'une agitation de l'air sur ma nuque. Je n'ai même pas le temps de me retourner pour apercevoir ce que c'est que je me retrouve projetée dans le cratère. Qui a bien pu faire ça? Il n'y avait personne 5 secondes auparavant. Le responsable est apparu comme par magie. Naturellement, je crie pendant ( les secondes de ) ma chute libre qui me semble durer des heures. Dans ma chute, je réussis à me retourner pour apercevoir le responsable de cet acte meurtrier. La seule chose que j'ai le temps d'apercevoir est l'ombre de quelqu'un qui me semble de petite taille. Il se trouve dos au soleil, ce qui m'empêche de voir son visage ou quelconque détail de son corps. La seule chose dont je peux être certaine, c'est qu'il me semble tout de bleu vêtu. Cette observation ne dura qu'une brève seconde, car l'ombre disparaît aussi vite qu'elle avait surgit avec le même petit son.

C'est alors que je réalise que l'ombre est le dernier de mes soucis. Je suis entrain ne chuter de toute la hauteur du cratère. Je ne survivrai pas si je ne fais rien. Immédiatement, je me mets à agiter mes ailes de la manière la plus frénétique possible comme jamais que je ne l'ai fait. Les ailes d'un disciple d'Eniripsa ne permettent pas de voler comme un piou où on veut comme on veut. Elles permettent juste de planer légèrement au-dessus du sol pour une durée limitée. Là je les agite au maximum en espérant que cela me permette de ralentir ma chute et ainsi survivre. Malheureusement, je les ai déjà beaucoup utilisées pour arriver rapidement que je commence à fatiguer.

Je me retourne à nouveau durant ma chute pour en voir l'échéance. Je ne suis plus qu'à quelques mètres du sol gelé qui est dur comme de la pierre. Si je m'écroule dessus, je suis morte.

Dans un élan de survie, au dernier moment, je décide d'invoquer une énorme cawotte au sol. À peine est-elle apparue que j'atterris dans les fanes de manière violente, mais non mortelle. J'ai réussi en agitant mes ailes à suffisamment réduire la vitesse pour survivre grâce au léger amorti que m'a procuré le feuillage vert de cette cawotte géante. À l'instant, je ne regrette pas d'avoir suer sang et eau pour accumuler le stock de ces légumes oranges que demandait le mage ermite du peuple wabbit en échange de ce secret ancestral.


J'ai à peine le temps de retrouver mes esprits après cette chute horrible qu'un gémissement se fait entendre non loin de moi. J'ai encore la tête enfouie dans les fanes de cawotte que je n'en vois pas l'origine. Je m'agite pour m'extirper des feuilles et glisser aux pieds du légume géant. Mon corps est tout endolori à cause de la chute. Lorsque je pose mon pied sur le sol, je manque de glisser et de tomber par terre. Je m'accroche à la cawotte pour ne pas tomber et j'en fais le tour pour y découvrir un corps gisant sur la glace. C'est celui d'un disciple de Cra. Ce doit être lui qui m'a lancé ces explosions de détresse. Les flèches d'un Cra sont capables d'atteindre une cible à plusieurs dizaines de mètres. Son corps est en apparence intact, il m'a juste l'air évanoui.

Je passe ma main au-dessus de son corps pour en analyser les douleurs. Je le retourne délicatement pour l'allonger sans le faire souffrir. Je rassemble un petit tas de neige pour y poser sa tête de manière plus confortable que le sol glacé. En touchant son visage, je le trouve très froid. La pointe de ses oreilles est même glaciale. Il ne me semble pas suffisamment équipé contre les températures extrêmes de ce continent, et allongé à même le sol comme ça inerte, il risque de mourir d'hypothermie. Je décide d'ôter mon manteau et de l'en recouvrir afin de le réchauffer un peu. Même sans mon manteau, j'ai encore l'impression de chaleur comme si j'étais dans les plaines de Cania.

Je peux désormais utiliser mes mots soignants pour apaiser ses douleurs. Un ensemble de pétales de cerisier apparaît et entoure son corps d'un halo rosé éclairant légèrement la grotte d'une lumière tamisée. C'est alors que la lumière révèle un deuxième corps à quelques mètres du premier, caché dans l'ombre derrière une caisse. Je n'en vois que les pieds dépasser. La lumière était faible et n'a duré qu'un court instant, mais suffisamment pour apercevoir que ce corps nageait dans une marre rouge. Était-ce du sang ou alors juste une bouteille se serait brisée et aurait renversé son contenu?

Je décide d'invoquer mon acolyte soigneur le Lapino à qui je confie la tâche de s'occuper du disciple de Cra pendant que je me dirige m'occuper du deuxième corps.


Je m'avance délicatement vers lui et je sens sous mes pieds un liquide visqueux et chaud. Seul le sang a cet aspect. Pendant que je m'avance, les premiers rayons du soleil atteignent le fond du cratère et en éclairent la totalité se reflétant sur la glace scintillante. Le constat est immédiat. C'est bien du sang dans lequel je marche.

Je contourne la caisse et le corps git à mes pieds, je n'en reconnais pas l'appartenance. C'est une personne de taille relativement petite. Il doit être légèrement plus grand que moi. C'est un mâle. Ce doit être un adolescent. Il ne m'a pas l'air d'être un disciple de Cra comme l'autre, mais je ne vois pas à quelle classe il appartient. Il a le visage lisse et livide – non, blanc comme la neige. L'expression de son visage reflète une peur atroce. Le corps est inerte et cette expression figée comme dans la glace. Il y a tant de sang autour de lui que l'odeur m'irrite le nez. Je agenouille à côté et exécute mon sort le plus puissant : la Reconstitution. C'est un sort capable de soigner n'importe quelle blessure immédiatement. Généralement je ne l'utilise que dans les cas extrêmes et ici c'en est un.

Mais là, il n'a aucun effet. Il ne peut y avoir qu'une seule raison pour laquelle mon sort soit inefficace et celle-ci a été confirmée lorsque j'ai analysé le pouls du jeune. Je fais le triste constat que ce petit  est mort trop tôt. Bien trop tôt.

Je me penche sur son corps pour le scruter et identifier la cause de la mort. Il possède deux entailles  au niveau de la poitrine. Elles ne peuvent pas en être la cause, elles sont beaucoup trop petites.

Son corps est rigide. Généralement, la rigidité cadavérique commence à apparaître une trentaine de minutes après la mort et le corps est totalement rigide au bout de deux heures. Ce doit être à peu près depuis combien de temps il est mort. Pourtant, les appels de détresse n'ont été envoyés que depuis un quart d'heure. Le Cra et ce jeune petit n'étaient donc pas ensemble. Est-ce ce pour quoi l'archer s'est fait assommer? Parce qu'il a vu ce qu'il ne devait pas voir. Est-ce l'ombre bleue qui en est la cause? Celle qui m'a propulsée vers une mort quasi certaine au font du cratère. Je n'en serais plus qu'en interrogeant le Cra. Et pour cela, je dois le maintenir en vie pour qu'il puisse tout me raconter à son réveil.
C'est l'air triste que je me redirige vers le premier corps. Il est assez rare que je sois confrontée à la mort sans que je ne puisse rien faire. Généralement j'arrive toujours à temps pour soigner les victimes. Cela me rappelle ce qui est arrivé à mes parents.



J'étais de 3 ans plus jeune lorsqu'en rentrant dans notre maison un soir d'Aperirel, le 16 exactement, je n'ai trouvé dans le salon que les cadavres de mes parents. Le spectacle était la vision la plus horrible de toute ma vie. Il y avait tellement de sang dans le salon que l'ensemble du sol n'était plus qu'un rouge puissant. C'était un meurtre et je n'en connais toujours pas le meurtrier. J'avais tenté le tout pour le tout pour les soigner, mais cela n'avait servi à rien. J'étais tellement bouleversée que je m'en suis évanouie et ai dormi dans le sang à côté du corps de mes parents. Le traumatisme fut tel que pendant plusieurs mois je n'avais plus confiance en moi et en mes sorts, que j'en ai abandonné leur utilisation. Mes pouvoirs dépendent de moi et de ma personnalité, si je ne crois plus en moi et en mes sorts, ceux-ci disparaissent et je ne deviens plus qu'une simple elfe sans pouvoir. C'est la volonté de retrouver le meurtrier de mes parents qui m'a donné le courage de continuer et de parcourir le monde à sa recherche.

C'est dès lors que j'ai tout fait pour devenir plus puissante. Je me suis orientée vers une branche plus offensive. J'en avais assez de n'être qu'une acolyte qui ne vie qu'au dépens des autres. Je suis devenue solitaire et me suis entrainée durement. Je suis consciente désormais que je suis une disciple d'Eniripsa un peu rebelle et indigne des volontés de la grande déesse, mais je n'en oublie pas mes fondamentaux. Je suis toujours présente dès que quelqu'un a besoin d'aide ou de secours. Je refuse qu'il arrive à quelqu'un d'autre quelque chose d'aussi horrible que ce qu'on subit mes parents.
Ces dernières années j'ai parcouru tout le monde en solitaire et j'ai rencontré de nombreuses personnes. Le monde est gigantesque et je suis consciente qu'il est désormais quasi impossible de le retrouver. Je vis désormais ma vie pour moi, je sais que c'est ce que mes parents auraient voulu.



Une goutte d'eau atterrit sur mon nez et me fait reprendre conscience. L'odeur puissante de sang m'avait fait planer. Ne pouvant plus rien pour ce jeune garçon, je lui ferme les yeux et essaye de lui donner une expression de plénitude plutôt que cette frayeur atroce. Je me redirige vers le disciple de Cra encore allongé et inconscient sur le sol. Si je ne peux sauver le petit, je peux le sauver lui. Je me décide le remonter à la surface et de le ramener à la Bourgade où je signalerai un meurtre à la Milice. Mon Lapino a bien fait son travail en s'occupant de lui. Je lui montre l'élévateur en bois à côté qui sert généralement. Cette petite boule de poils ne possède pas de bras, mais uniquement de minuscules ailes quasi indissociables de son corps. Je me demande à quoi elles lui servent, car il est incapable de voler. Il m'aide cependant tant bien que mal à l'y faire glisser. Heureusement, le sol glacé aide beaucoup.

Une fois installé dans la cabine, j'en referme les portes et tire de toutes mes forces pour la faire monter. C'est un système à vis sans fin qui permet d'avancer, mais se bloque une fois qu'on arrête de tirer. Cela empêche que la cabine retombe si l'on cesse de tirer. Je me dis que sans ce système, j'étais incapable à moi toute seule de tirer à bout de bras le poids de deux personnes. Durant l'ascension, je prends le temps de me reposer à mi-chemin. La course, la chute, les sorts, la montée, je suis exténuée.

Une fois arrivée à la surface, toujours aucune trace de Waldos. Il ne devrait pas tarder à reprendre son poste, mais je n'ai pas le temps de l'attendre. Le soleil a tout de même déjà pris une bonne hauteur dans le ciel. Je cherche Bernadette des yeux, elle a dû rejoindre le cratère et m'y attendre.

Ça y est, je la vois à quelques mètres plus loin allongée dans la neige. Elle dort? Je m'approche. C'est tout de même étrange qu'elle dorme alors qu'elle sait que j'aurais besoin d'elle à n'importe quel instant pour transporter les blessés que je suis venue soigner. J'accélère mon allure puis cours vers elle. Ce n'est pas possible. Pas elle.


- BERNADETTE !!!


Elle n'est pas en train de dormir. Elle gît sur le sol. Elle est morte aussi. Je ne vois pas de sang. Je m'en approche en sanglotant. Bernadette était ma monture depuis plusieurs années. Ma seule amie. Je lui parlais comme si elle pouvait me comprendre et répondre. Depuis la mort de mes parents, je n'avais plus qu'elle et maintenant, je n'ai plus personne. Mais là, elle ne me répond plus, elle ne pose pas sa tête sur mon épaule pour me rassurer. D'ailleurs, sa tête est étrangement dans une position anormale. Son coup a été rompu d'un coup sec. Notre meurtrier a-t-il décidé de la tuer pour nous éviter toute évacuation ou a-t-elle vu l'ombre bleue me pousser dans le cratère et l'a ensuite attaqué.
Je ne peux m'empêcher de me blottir un moment contre elle, caressant son pelage doux. Il nous arrivait de dormir comme ça dans la montagne des koalaks. L'une contre l'autre. Mais désormais ce n'est plus que du passé...




La jeune Roninie ayant passé probablement la pire matinée de sa vie depuis la mort de ses parents semble inconsolable. Non loin de là, encore dans l'élévateur, le corps du disciple de Cra montre des signes de vie. Ses membres commencent à bouger et ses paupières s'ouvrent.
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MessageSujet: Re: Sang sur la glace   Ven 8 Aoû - 15:01

Chapitre 4 : désespoir glacé

Des nuages gris voir menaçants sont venus recouvrir la zone dissipant tous les contrastes lumineux pour ne laisser plus que des teintes tristes et froides. On pourrait dire que la nature s’exprime afin d’illustrer le pathos de la situation. La jeune Roninie est affalée sur le corps de sa dragondinde ; sa partenaire et confidente depuis tant d’années. Des larmes coulent sur son visage faisant dégouliner les marques rouges autour de ses yeux. Cela ressemble presque à des larmes de sang.
Du côté de  la nacelle, le disciple de Cra ouvre les yeux et le lapino s’excite alors et se met à courir en direction de la jeune Eniripsa. La petite boule rose est courte sur pattes, elle glisse sur la glace.



Je suis totalement détruite, j’ai l’impression d’être comme il y a 3 ans, faible, impuissante. Une pléthore d’images me passe par la tête. Des flashs de mon passé ou d’aujourd’hui. La mort de mes parents, Bernadette, nos moments heureux, du sang et aussi cette mystérieuse ombre bleue responsable de la situation. C’est le chaos dans mes pensées.

Soudain, quelque chose bute contre mon dos et me renvoie à la réalité. J’ouvre  les yeux difficilement et me retourne. J’ai encore la vision trouble à cause des larmes, le ciel est sombre et la bise s’est levée. Le referme fortement les yeux pour faire tomber les larmes puis les rouvre. L’une d’entre elles est agitée par le vent et se détache de mon visage pour atterrir sur la glace giclant en un ‘poc’. La tache engendrée a une teinte rosâtre. La couleur se démarquant clairement par rapport à la glace et la neige.
Je lève la tête et aperçois mon lapino ridiculement retourné sur le dos. Il s’agite comme un fou pour essayer de se remettre droit mais ses pattes ne touchent pas le sol et ses ridicules ailes ne lui servent à rien. On dirait une pauvre tortue de Moon que des enfants s’amusent à retourner sur le dos car elle est incapable de se retourner.
Je l’attrape de mes deux mains nues, le soulève puis le repose sur ses pattes. Il continue encore à s’agiter comme un fou. Il saute, bouge les ailes et manque presque de se retourner à nouveau. Il semble vouloir me dire quelque chose. Les lapini n’ont pas l’usage de la parole, ils se contentent de couiner. Je reprends mes esprits et lui donne tout mon intérêt. Il essaye de me montrer la nacelle au loin où j’ai laissé le disciple Cra allongé.

Je me lève et commence à me diriger vers la caverne lentement d’un pas faiblement assuré. Sur le chemin du retour, j’observe toute les traces rouges effectué par mes pieds sur le sol. Mes pieds ont trempé dans le sang en bas et je suis en train d’en rependre sur la neige. Mes jambes sont flageolantes. La course, la chute, la remontée et le choc psychologique ont eu raison de mes forces. Je suis épuisée. Mon acolyte remarque ceci et se met alors à danser en agitant les ailes. Il fait cela lorsqu’il veut me booster. Tout d’un coup, je sens que mes jambes vont mieux. Je peux me déplacer plus rapidement.

Arrivée au niveau du corps, il est encore allongé mais semble être dans une position un peu différente de précédemment. Mon compagnon soigneur s’approche de la tête du Cra qui doit être à peu près aussi grosse que son corps tout rond. De ses petites ailes il tapote le nez du jeune inconscient essayant de lui faire avoir une réaction. Celle-ci ne tarda pas à arriver. Un éternuement énorme de la part du disciple archer qui envoya valdinguer mon lapino qui roule sur plusieurs mètres. Entre le froid et les titillements nasaux, l’éternuement était on ne peut plus inévitable. Il a été si violent que je l’entends raisonner en écho au fond de la carrière de glace et un craquement me signale qu’il a même détaché quelques stalactites.  

Le Cra se meut et ses paupières s’ouvrent. Il est vivant mais très faible. J’énonce alors quelques mots ancestraux réputés pour leur pouvoir revitalisant. Ces formules vieilles de plusieurs millénaires sont enseignées aux disciples de la déesse Eniripsa et ont le pouvoir de soigner toute personne de la zone. Je me sens alors un peu revigorée mais le jeune homme, lui, est encore très faible. Je décide alors de m’exprimer et de le rassurer.

- Tout va bien, je suis là. Vous êtes sain et sauf.

Il tourne la tête, ses yeux sont dirigés dans ma direction mais son regard est vide et lointain. Il ouvre la bouche mais je n’entends aucun son en sortir. J’approche alors mon oreille de son visage. La respiration est très faible, je la sens à peine sur mes joues.

- KalaHeh...

KalaHeh? Mais qu’est-ce que ça veut dire, est-ce un nom? Un mot que je ne connais pas? Ou sa faiblesse l’empêche d’articuler correctement ce qu’il veut dire.
Je recule ma tête pour observer son visage. Son regard semble terrifié et ses yeux se referment.  Il faut vite que je le ramène à la Bourgade.
Soudain un mansot bondit à coté de nous et nous menace avec son gros poisson orange.

- Dégage!! C’est pas le moment.

Je prononce alors quelques incantations apprises par un maître vampire. J’aspire ainsi l’énergie vitale de la bête ce qui me régénère à fond. J’ai retrouvé toute mes forces. Je pioche alors la main dans mon sac pour y récupérer mon marteau et lui assigne un coup violent sur le crane. Il tombe à terre inconscient. Il ne risque plus de nous embêter.
Mon lapino est de retour légèrement énervé après avoir été projeté par l’éternuement  du Cra. Il monte sur le ventre du Mansot et se met à sauter dessus comme pour l’achever. Son visage est plus rouge que jamais. Il est vraiment énervé…

- Hep! Vous là-bas, qu’êtes-vous en train de faire?!!

Je sursaute et me tourne en direction de la voix. Un traineau en bois de tremble glisse sur la glace dans ma direction. Il est tiré par trois puissants chienchiens des glaces. Le traineau s’arrête et en descend un jeune homme vêtu d’un manteau de fourrure marron et d’un chapeau rembourré de laine. Je le reconnais; C’est Waldos, le passeur de la carrière de glace. Il est venu travailler comme tous les matins.
Il ne me connait pas beaucoup. J’ai tendance à partir avant le début de sa journée.

-  Bordel! Vous avez essayé de descendre dans la carrière? C’est interdit!

- Mais NON! Nous nous sommes faits attaqués. Un corps est en bas dans une mare de sang. Il y en a partout. J’ai réussi tant bien que mal à soigner celui-là et à le remonter mais il s’est évanoui.

Il observe autour de lui. Le Cra allongé autour de moi et toutes les traces de sang sur le sol témoignent de la véracité de mes propos.

- Il faut l’amener de toute urgence chez le docteur Albert Paisse! Je vais le transporter. Il n’y a pas suffisamment de place pour trois sur mon traineau. Je dois vous laisser ici.

J’acquiesce d’un signe de tête. Je l’aide ensuite à transporter le pauvre aventurier évanouis sur le traineau. Nous faisons attention de ne pas le blesser. Une fois positionné sur un ballot de laine de Boufmouth, Waldos grimpe sur son traineau et empoigne les rênes.

- Que comptez-vous faire, vous?

Je réfléchis, les événements ont bouleversé ma matinée. Je suis seule, sans pouvoir transporter mon matériel et ma récolte. Je me retourne alors vers le corps de Bernadette. Waldos suis mon regard et tourne la tête.

- Il faut que je lui dise au revoir et lui offre une sépulture décente.

- Elle est morte? Mes sincères condoléances. Bordel! Que s’est-il passé ici? Je crois que je vais également passer à la milice pour qu’ils interviennent.
Vous avez dit qu’il il avait un mort en bas?

La question me serre je cœur. Je revois les images de ce petit meurtri, l’expression de son visage totalement mortifié. J’essaye de m’exprimer mais mon souffle est tellement coupé qu’aucun son ne sort de ma bouche. Je m’exprime donc d’un signe de tête pour répondre par l’affirmative.

- Je m’en vais sur le champ alors, il serait merveilleux de pouvoir sauver celui-là.

Il fit alors claquer les rênes et ses chienchiens se mirent en course. Je regarde un moment le traineau glisser sur la glace. Une fois entré dans la forêt je me ressaisis et me dirige vers Bernadette. Je détache mon sac et mes outils de sa selle. Je sors alors une fiole de mes affaires. Elle est scellée par un bouchon en forme de tête de mort. C’est une potion de Croque-Mort. Normalement utilisée pendant la guerre, elle permet de réduire en cendres les cadavres.
J’ouvre le couvercle et insère la mixture dans la bouche de ma Dragodinde. Lentement son corps se décompose jusqu’à n’être plus qu’un tas de cendres. Je les rassemble et les insère dans la fiole. Ne sachant qu’en faire pour l’instant, je décide de les conserver et de les laisser dans mon sac. Je rassemble un maximum d’affaires et les ajoute à l’intérieur, le reste peut rester ici, je n’en ai pas besoin. J’empoigne la bretelle et le jette sur mon dos.

Je m’approche d’un trou dans la glace fait par un pécheur. Je garde mon reflet dans l’eau. J’ai une tête hideuse!! Mes cheveux sont ébouriffés et j’ai même un morceau de fane de cawote dedans. Je passe ma main dans les cheveux pour les réarranger.
Mes peintures ont dégouliné sur mes joues. Je décide alors de me nettoyer complètement le visage. L’eau est glaciale et me réveille totalement. Le pouvoir du flocon en chocolat commence à se dissiper.

Qu’est-ce que je fais maintenant?
Je décide de retourner à la Bourgade pour prendre  des nouvelles de notre blessé.

J’avance d’un pas déterminé, l’esprit belliqueux.

- Je me vengerai, je le trouverai et me vengerai! Nous vengerai!

Non loin de là, caché derrière un tremble dans l’ombre, un individu vêtu d’un chaperon bleu nuit observe la jeune Ronnie de loin.
A l’écoute des mots de cette dernière, un sourire machiavélique s’esquisse sur son visage.
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MessageSujet: Re: Sang sur la glace   Jeu 14 Aoû - 21:00

Chapitre 5 : Bipolaire

Roninie traverse la forêt des pins perdus d’une démarche assurée. La population de la forêt est réveillée et s’agite entre les trembles mais la jeune Eniripsa les ignore. Sa destination : le Zaap de la bourgade.

Je me suis décidée. J’ai besoin de changer d’air, de retourner chez moi, de quitté ce froid glacial qui me serre le cœur. Le flocon de Frigostine ne protège pas le cœur et l’esprit d’un choc psychologique si foudroyant. J’ai révoqué mon lapino. J’ai besoin d’être seule à ce moment précis. J’avance rapidement fixant l’horizon droit devant moi. J’aperçois l’orée de la forêt lorsque quelque chose rebondit sur ma tête et atterrit dans ma main.
Tout en avançant, je fais rouler l’objet dans ma main puis le porte devant mes yeux. C’est un gland ; un simple gland. Je le range dans une poche de ma ceinture et sors de la forêt. A peine ai-je fait quelques pas dans les plaines qu’un ecumouth enragé me saute dessus. Ses mouvements sont rapides. Il me parcourt le corps en me reniflant. Il me mordille de ses dents proéminentes. J’essaye de l’attraper sans succès tant il est excité. Finalement, lorsqu’il me passe sur la poitrine, j’arrive à lui agripper la queue. Je le soulève. Il essaye de s’agripper au tissu de mon haut. J’arrête de tirer pour éviter qu’il ne l’arrache et que je me retrouve dévêtue. De ma main libre je détache ses griffes puis le tenant toujours par la queue je le fait pendre devant ma tête. Il s’agite et essaye de se libérer mais je le tiens fermement ; si fortement qu’il couine de douleur. Je récupère le gland de ma ceinture, le lui agite devant les yeux ; il en est d’autant plus excité. C’est pour ce gland qu’il me dérange. Mais là, je ne suis vraiment pas d’humeur. Je le nargue, lui fait renifler le gland. Il essaye de l’attraper avec ses dents mais je le retire juste avant. Je me délecte de sa frustration. Je répète l’opération trois fois jusqu’à me lasser.
Ce petit ecumouth me fait perdre mon temps. Je me mets alors à tournoyer, le tenant toujours par la queue. Je tends le bras, la force centrifuge de son corps en rotation m'allonge et me tire les muscles. Je tourne plus vite, prends de la vitesse puis finalement lâche mon emprise sur sa queue. Je m’arrête de tourner et l’observe voler très haut et loin par-dessus des arbres pour finalement cogner contre un arbre et tomber au sol.
Je regarde le gland toujours entre mes doigts. Je soupire puis le laisse tomber nonchalamment dans la neige.

Je reprends ma marche dans les plaines et les champs de glaces. Il y a du monde. De nombreux groupes d’aventuriers sont agglutinés autour de disciples Sacrieur. Ils sont en train d’opérer, comme chaque jour, à un génocide des boufmouths. Les pauvres, comme leurs homologues du continent originel, sont décimés par les aventuriers en quête d’expérience et de leur laine.
Au loin j’aperçois les bâtiments de la serre du Royalmouth où de nombreux aventuriers font déjà la queue pour pouvoir combattre le roi des boufmouths. C’est pire que les attractions de la Foire du Trool pendant les journées portes ouvertes.
Je navigue entre les combats, impassible, évitant parfois quelques sorts perdus lancés par des idiots inexpérimentés. Un bouftonmouth vient me mordiller les chevilles pensant que je suis une ennemie. Je le regarde d’un air charmant. Il s’arrête. Je lui caresse le pelage. Sa laine est douce et moelleuse. Je souris. Une créature si douce a réussi à me radoucir l’esprit après cette matinée horrible.

Une dernière caresse puis je me relève et me dirige vers la Bourgade. Je ne suis qu’à quelques mètres des remparts épais. De la fumée s’échappe de la plupart des cheminées. Je me remémore les soirées au coin du feu que nous avions l’habitude de faire avec mes parents les soirs d’hiver. Cela me manque. A cette pensée je frissonne, je croise et me frotte les bras pour essayer de me réchauffer.
J’entre dans la Bourgade et, avant de me diriger vers le Zaap, je décide de faire escale au poste de soin d’Albert Paisse pour prendre état de santé du Cra. Arrivé à proximité, j’aperçois le traîneau de Waldos laissé sur le bord. Ses chienchiens attendent patiemment se léchant les babines ou se lovant dans la neige.
J’entre au moment où Waldos s’apprêtait à partir. Je referme la porte pour éviter de faire entrer le froid et nous discutons devant sur le palier.

- Nous sommes arrivés à temps, le Cra est en vie. Albert s’en occupe. Vous pouvez aller le voir si vous voulez, moi je vais signaler à la Milice l’incident. A moins que vous n’y soyez passée avant de venir ici?

Je réponds que non. Le docteur nous rejoint. Il semble fatigué et a d’énormes cernes aux dessous des yeux. Il ne doit pas dormir beaucoup. Il faut dire que c’est le seul docteur de cet immense continent et qu’il a beaucoup de patients et d'accidents à gérer. Mais bon, je ne dois pas être des plus présentables non plus en me souvenant de mon reflet dans l’eau du lac.

- Notre victime est endormie. Je lui ai donné un calmement qui devrait le forcer à se reposer jusqu’à demain matin. Si le remercie et lui laisse libre passage pour qu’il puisse sortir. Vous êtes la personne qui l’a découvert? Je suis impressionnée des premiers soins que vous lui avez promulgués. Sans eux, il serait probablement mort.

Je rougis mais ne dis mot. Je ne suis pas en état d’accepter des compliments à ce moment-là.

- Son corps est intact mais il semble quand même très mal en point. Savez-vous ce qui lui est arrivé?

Je fais non de la tête. Il est vrai que je n’ai pas non plus réussi à diagnostiquer ses blessures et que mes soins semblaient presque inefficaces.

- Je suppose qu’il a été attaqué par la même personne qui m’a poussée dans la carrière de glace. Ce Cra a tout de même donné signe de vie en étant conscient un moment le temps de prononcer “KalaHeh”. Savez-vous ce que ça veut dire ?

J’observe le docteur qui me répond non après une petite réflexion pour chercher l’information dans sa mémoire. Je me retourne vers Waldos qui lui a le visage crispé. Je l’interroge du regard mais ne me répond pas. Il se contente de dévier la conversation.

- Il faut prévenir la milice de l’incident afin qu’ils puissent intervenir et récupérer le corps encore présent dans la carrière.

Il ouvre la porte et se retourne vers moi.

- Au fait, quel est votre nom ma chère? Je sais que je vous ai déjà croisée et aperçue sur le lac mais j’ignore votre nom.

- Roninie. Je m’appelle Roninie.

Ma voix est faible et aiguë tandis que le visage de Waldos est redevenu normal. Son regard est presque charmeur. Je suis tout de même curieuse. Qu’est-ce qu’il me cache à propos de ce mot “Kalaheh”.

- Enchanté. Voulez-vous vous joindre à moi pour aller à la Milice? Vous êtes la seule personne actuellement apte à raconter les événements de ce matin.

J’ai envie de passer à autre chose maintenant. D’oublier. Mais par respect je le suis et nous disons au revoir à Albert. Je lui promets de repasser dans une semaine pour prendre des nouvelles du Cra convalescent.
Waldos récupère un sac dans son traîneau, ordonne à ses chienchiens de ne pas bouger et de l’attendre puis nous nous dirigeons vers le bâtiment de la Milice.
Sur le chemin nous ne nous adressons pas la parole. Ce silence est glacial et déstabilisant. J’ai besoin de retrouver de la chaleur physique et morale.
Nous entrons dans la Milice et nous somme accueillis par “Bonnie & Clyde” : une Xelor et un Cra. Je les connais. Ce sont eux qui s’occupent de la gestion de la population des monstres de l’île et qui décide d’en limiter la prolifération en ouvrant la chasse et en organisant des battues. Quand ils aperçoivent Waldos ils sont surpris et lui jettent un regard interrogatif. En effet, à cette heure de la journée, il est censé être à son poste à la carrière du Mansot Royal.

- Excusez-nous de vous déranger. Il y a urgence. Je vous présente Roninie, une jeune aventurière que j’ai retrouvée ce matin au niveau de la carrière. Elle s’est faite attaquée ainsi qu’un Cra. Je suis arrivé au moment où elle le remontait et essayer de le soigner. Nous l’avons raccompagné chez Albert. Il s’en occupe actuellement.
CEPENDANT! Cette jeune affirme qu’il y a encore actuellement le corps de quelqu’un au fond de la carrière baignant dans du sang!


Ce petit résumé me remémore les événements horribles de la matinée que je préférerais occulter de ma mémoire. Clyde se tourne vers moi, son visage est apaisé et il s’exprime d’une voix douce et calme pour me détendre :

- Racontez-nous mademoiselle. Que vous est-il arrivé ce matin?

Je leur raconte toute ma matinée depuis mon arrivée. J’en raconte trop sûrement et des choses insignifiantes mais ce récit détaillé me permet de me calmer et de ne rien oublié une fois arrivé aux événements de la carrière. Je décris les explosions, l’ombre bleue, ma chute, les corps en bas, le sang jusqu’au moment de l’arrivée de Waldos. Mes trois interlocuteurs écoutent mon récit avec intérêt et un air inquiet.
Lorsque j’évoque les mots prononcés par la victime leurs yeux s’écarquillent et leurs visages semblent effrayés.

- Que se passe-il?

Aucun d’entre eux ne répond, ils se regardent. Leurs lèvres bougent mais aucun mots ne sortent de leur bouche. J’arrive cependant à lire sur celles de Bonnie. Il me semble avoir distingué les phrases “ce n’est pas possible” et “quel horreur”. Une horreur, certes, c’est effectivement ce que j’ai vécu ce matin mais ils n’ont pas réagi de la sorte à l’énoncé de mon récit mais plutôt à celui du mot “KalaHeh”. Il semblerait qu’ils en savent beaucoup. Ne recevant aucune réponse à ma question, je pousse une colère et exprime des jurons eniripsien qui ont pour effet de les faire reculer d’un pas, effrayés par mon excès de colère.

- J’EXIGE QUE VOUS ME RACONTIEZ TOUT SUR CE KALAHEH!!!!!!!

Ils se regardent à nouveau. Acquiescent chacun d’un signe de tête puis Clyde Parker me fit signe de me diriger dans la salle d’à côté. Je m’exécute et y entre. C’est la salle où sont affiché les avis de recherches des criminels frigostien. J’ai notamment participé à la plupart de ces captures. Il sont en cellule dans la pièce de l'autre coté de l'entrée. Le dernier que j'ai ramené est Mr Pinguin, il fut un jour humain mais a complètement sombré dans la folie et a été transformé en monstre. J’ai participé à la capture de Mr Pinguin lors d’une de mes pèches sur le lac. C’est un cruel malfrat qui, malgré son aspect de mansot, continue de s’habiller en queue de pie, haut de forme et monocle. Complètement fou je vous disais!

Clyde s’avance jusqu’au mur. Je le vois lever la tête, un doigt pointé vers un chandelier accroché à la paroi. Sa tête s’incline et pivote en suivant son doigt qui parcourt les pierres du mur. Il les compte. 3 sur la droite, 2 vers le haut puis finalement 4 en diagonale vers le bas à droite. Arrivée à la bonne pierre, il appuie sur celle-ci et elle s’enfonce dans le mur. Soudain, un cliquetis se fait entendre au niveau d’une armoire sur notre gauche. Il en ouvre la porte. A l’intérieur si trouvent sur la moitié supérieure se trouve des étagères contenant des livres des files ainsi qu’une grosse massue en bois taillé. Sur la partie inférieure se trouve une penderie où sont suspendues des capes de fourrures. D’un revers de la main, Clyde les repoussent toutes pour faire de l’espace puis s’abaisse pour soulever le fond de l’armoire. En dessous se trouve une échelle qui descend au sous-sol. Il fait signe à Bonnie et Waldos de descendre. Je suis un peu hésitante mais je descends à mon tour et Clyde ferme la marche et replace le fond de l’armoire.
Une fois le pied posé en bas de l’échelle, je me retourne et observe la pièce. Elle est assez petite, environs 20m². Il y fait sombre. Elle est seulement éclairée par deux-trois feux follets magiques flottant aux angles de la pièce.
Au centre de la pièce se trouve une grande table ronde occupant quasiment tout l’espace. La table est en bois ; par dessus est gravée en bas-relief la carte du monde des douze. La faible lumière produite par les feux follets projette des ombres dansantes sur elle et les creux dans l’ombre soulignent les contours des continents. La mappemonde et de plus peinte de magnifique couleurs. L’ouvrage est vraiment une merveille. A certains endroits de la carte flottent des petits points scintillants de la taille d’une groseille. Il y en beaucoup, au-dessus de Brakmar, Bonta, Fisgost ou Amakna. Mais c’est une boule plus volumineuse qui attire mon attention. Elle est de la taille d’une cerise et sa couleur est quasi aussi pourpre que le fruit. Elle flotte au-dessus de Sufokia. Je connais parfaitement cette ville et ses canaux. En effet, c’est à Sufokia que j’ai vécu la plupart de mon enfance, c’est là-bas que j’ai appris à pécher. C’est dans une des maisons à l’ouest de la ville que nous vivions mes parents et moi. Et c’est d’ailleurs à ce niveau-là de la ville que flotte la boule rouge.
Hormis la table se trouve des tableaux tout autour où sont inscrits des mots et affichées des photos. J’y reconnais des noms, des lieux mais n’y prête pas une grande importance pour l’instant car nous nous installons tout autour de la table et Clyde s’adresse alors à nous, ou plus particulièrement à moi.

Roninie, tu es ici dans le quartier des recherches spéciales de la Milice. Nous somme une poignée d’individus ayant pour but la capture du plus grand criminel que ce monde ait connu. Bien pire que Goultard, que Vil Smiss ou même que le Comte Harebourg.

Cela fait des décennies, voire même des siècles qu’il sévit dans l’ombre ne se manifestant qu’à intervalles très distincts. Lorsqu’il refait surface, il commet les pire crimes que l’on puisse imaginait, il assassine de façon atroces des innocents.
Il s’arrête un moment et reprend son souffle. Il m’observe, probablement pour jauger ma réaction face à ces faits qu’il est entrain de m’exposer.

- Personne ne connaît son visage. La plupart des victimes ne survive pas pour témoigner de son apparence. Cependant, nous connaissons son nom. Il a été entendu par un jeune garçon qui se caché derrière des tonneaux lors d’une attaque sur un marchand bontarien. le nom de cet homme est KalaHeh. C’est en tout cas celui avec lequel il s’est présenté au marchand avant de l’assassiner.
KalaHeh. Le nom qu’a prononcé le Cra dans son court moment de conscience. C’est le nom du meurtrier responsable de ce qui m’arrive, responsable de ma chute, responsable du meurtre de ce jeune garçon au fond de la carrière. Ce pourrait-il que ça soit CE garçon ? Celui qui a découvert son nom. KalaHeh doit bien avoir une raison pour tuer ses victimes, il ne peut pas tuer comme ça juste par plaisir. Si ?


- Vous pensez donc que l’ombre bleue qui nous a attaqués ce matin est ce KalaHeh ?

Il acquiesce et me pointe les perles lumineuses flottant au-dessus de la table.

- Nous essayons de poursuivre ses traces et il semblerait qu’il se cache actuellement sur Frigost.

Il m’indique plusieurs points au-dessus du continent en forme de baleine.

- Cela fait 3 ans qu’il n’a pas commis de crime. Nous n’arrivons à le tracer que par des témoignages de passants, des récits de taverniers ou d’ivrognes.

Le dernier meurtre fut atroce. Il a assassiné un couple d’Eniripsa dans leur maison.
Il se penche et me point cette fois la boule rouge au-dessus de Sufokia.

- C’était une infirmière et un pécheur. Ils ont été retrouvés un jour d’Aperirel baignant dans leur sang. Ils étaient les parents d’une jeune fille qui est depuis portée disparue.

A cette annonce je blêmie. NON ! Ce n’est pas possible ! Il est entrain de décrire mes parents. Il est entrain de décrire leur meurtre. La fille disparue c’est MOI !
Sur ces mots qui sont trop durs en encaisser pour moi, je tombe en sanglots. Ma réaction les surprend l’assemblée qui se retrouve déstabilisée. Je me dirige alors vers l’échelle. J’empoigne les barreaux et commence à grimper.

- Attend !

- C’est trop pour moi. J’ai besoin d’être seule.

J’entends les bottines de Clyde sur le sol en pierre. Il s’avance vers moi. Je m’arrête, je pose mon front sur un barreau et prononce en sanglotant une incantation d’immobilisation. Je n’entends plus ses pas et je reprends mon escalade.

- Je reviendrai c’est promis. D’ici quelques jours. Mais avant, j’ai besoin de réfléchir.

Je repousse le plancher de l’armoire et m’extirpe du meuble. Je me mets à courir, les larmes coulant le long de mes joues. Je sors de la Milice et fonce vers le Zaap. Arrivée sur la place, il y a trop de monde. Beaucoup trop de monde. Je ne supporte pas le monde ; encore moins en ce moment. Je remonte le capuchon de ma cape au-dessus de ma tête et avance vers le portail au centre de la place le regard vers le sol.

Roninie se fraie alors un chemin entre les aventuriers jusqu’à atteindre le vortex. Avant de le traverser, elle se fait bousculer par un homme pas plus grand qu’elle vêtu d’un chaperon bleu. Trop bouleversée pour réclamer des excuses, elle traverse le Zaap sans même s’arrêter.
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