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 Aldwin, sacrieur condamné.

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Aldwin
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MessageSujet: Aldwin, sacrieur condamné.   Mer 2 Mai - 20:25

Chapitre 1 : La vue.

Interrogez le monde entier et vous ne trouverez jamais quelqu'un capable de se rappeler des premières images qui ont traversé ses yeux. Hors, moi, je me rappelle parfaitement bien de la première chose que j‘ai vu. Ce blanc profond, cinglant, glacial, qui a pénétré en moi dés mes premières images. Sans doute est-ce ce qui m’a donné ces yeux sans pupilles, entièrement blancs ? Peut-être est-ce à cause de cela que je suis si froid envers les autres ?

De la neige, oui, de la glace aussi, de partout, rien d’autre que du blanc à perte de vue. Pourquoi est-ce que je me souviens de cela ? Parce que j’ai commencé à vivre sans voir. Il m’était impossible de distinguer quoi que ce soit, pour la bonne et simple raison que mes paupières étaient closes.
C’était une nuit particulièrement froide. Mes yeux ne fonctionnant pas, j’avais dû développer mon ouïe et mon odorat au-delà de la normale. C’est pour cela que je l’ai sentis. L’odeur du sang. J’étais chez moi, dans notre petite maison de bois, sur l’île de frigost, et il me semble que nous étions en train de manger.

Je n’entendais plus ma mère à ce moment là. Mon père lui parlait d’un ton assez fort, comme si elle était un peu loin, en tout cas, pas dans la même pièce. Sûrement dans la cuisine. Puis il a arrêté de parler à l’instant même où je l’ai sentie.

_ Aldwin ? Demanda-t-il, inquiet.

Jamais je n’avais eu aussi froid. Mais cette fois-ci, il ne venait pas de l’extérieur, mais de l’intérieur de mon être. Je me sentais trembler, cette odeur me répugnait. Puis d’un coup, le bruit d’un explosion retentit. Instinctivement, je levais mes mains pour me protéger, et l’écorce du bois propulsée à une vitesse hallucinante m’avait tranché les bras, ainsi que les mains. Surtout les mains.

_ Le voici donc.

Sa voix me dégoutait autant que son odeur. Elle était très grave, sinistre, et hautaine. Son odeur était celle du sang et de la mort. J’entendis alors ma mère s’exclamer :

_ Toi ? Mais… qu’est-ce que tu ?
_ La ferme, répondit-il simplement, sans ton particulier dans la voix.

J’entendis ses pas claquer contre le sol de bois. Je compris donc qu’il avait simplement dû détruire les murs.

_ Que fais-tu ? Recule, ou je vais … commença mon père.

J’entendis le bruit d’une lame que l’on sort de son fourreau. Ma mère cria. Mon père hurla. Le premier cri fut celui aigu de la peur. Le second fut celui grave de la haine. J’entendis le bruit de deux lames que l’on entrechoquait. Mon père, Iop, maniait l’arme blanche comme personne. Je ne l’avais bien sûr jamais vu, mais le bruit de sa lame tranchant le vent me suffisait pour le comprendre.

_ Prends Aldwin et pars !

Ma mère ne se le fit pas dire deux fois, et je me sentis rapidement porté, puis balloté dans tous les sens comme si on courait. Le bruit rapide des pas me le confirmait. Puis j’entendis un faible râle, puis ma mère s’arrêta, et plus rien.

_ Le voici donc, le prodige ?

Alors, une affreuse douleur parcourut tout mon corps. J’avais envie d’hurler, mais je ne le pouvais même pas.

_ Dommage que l’on ne voie pas tes yeux. J’aime lire la peur dans le regard des gens durant leurs derniers instants.

Soudain, la douleur se dissipa, puis… j’ouvris les yeux. Je ne sais absolument pas comment j’ai pu faire cela. Le blanc m’envahis. Tout était blanc, à l’exception du sol. Mes yeux me brûlaient, mais je ne parvenais pas à les fermer. Je vis, après ce blanc répugnant, les murs et le toit de la maison totalement arrachés. Puis je vis un corps étendu à terre, baignant dans son sang, d’un rouge très vif.

_ Papa… avais-je alors murmuré.

Puis son regard à croisé le miens. Il était tout aussi laid que puant.

_ Madame !

Se retournant, et me retournant en même temps, ma mère vit une des femmes qui travaillaient à notre service. Je ne savais pas laquelle c’était. Elle devait avoir entendu le bruit de l’explosion du village et avait dû se précipiter jusqu’ici. Ma mère m’avait alors jeté dans ses bras sans ménagement.

_ Cours ! Avait-elle alors crié.

Ma mère était eniripsa. Elle ne pouvait donc pas se défendre. La dernière vision que j’eus fut cette immondice enfoncer son arme dans le cœur de ma mère, éclaboussant de sang le sol blanc. La femme m’emporta à vive allure, sans chercher à comprendre quoi que ce soit. La vue de deux morts avaient dû suffire à la convaincre. Son cœur battait trop vite. Le mien cognait si fort à ma poitrine que je me demandais s’il ne cherchait pas à s’enfuir.

Du blanc, du blanc, et du blanc face à nous. Puis soudain, lui, jaillissant de nulle part.

_ L’art de se téléporter est assez réputé, le saviez-vous ? Il est inutile de courir, chère madame, vous allez mourir quoi que vous fassiez.
Il eut juste besoin de la regarder, et elle tomba, me laissant rouler sur la neige. Je ne pouvais pas me relever, j’avais bien trop mal à la poitrine… de plus en plus mal. J’avais envie de vomir, quand soudain, la douleur tripla, bien que cela me semblait impossible. C’était insoutenable, du haut de mes quatre ans, je ne désirais qu’une seule chose : mourir. Mon cœur obéit, et jaillit de ma poitrine. Puis je ne ressentis plus rien. Je me relevais lentement. Ou du moins, mon corps me releva.

Je vis alors que l’immondice n’avait pas bougée. Il restait planté là, une vague impression d’étonnement dans le regard. Et ce qu’il regardait était mon torse. Un cœur rouge était dessiné sur ma peau, là où devait se trouver le cœur que je n’avais plus. Les blessures que j’avais reçues aux mains, aux bras, et, même si je ne m’en apercevrais que plus tard, au visage, étaient devenues tout aussi rouge que ce cœur. C’était là la marque du pacte du sacrieur. Toute blessure déjà acquise par le passé, devient éternelle, et ne cesse de saigner. De plus, le sacrieur donne son cœur, vu que le cœur contrôle le flux sanguin, et que l’art du sacrieur est de contrôler lui-même son sang. Le cœur devient donc inutile et il disparaît.

_ Tu es donc devenu sacrieur ?

_ Pourquoi tu as tué mon papa et ma maman ?

Visiblement, il n’apprécia pas que je réponde à sa question par une autre. Mais il poursuivit tout de même :

_ Parce qu’ils voulaient m’empêcher de te tuer.

_ Et pourquoi tu veux me tuer ?

_ Parce que si je ne te tue pas maintenant, c’est toi qui me tueras.

_ Mais je veux tuer personne moi…

_ Je déteste les gosses… marmonna-t-il.

J’appris plus tard qu’il n’y avait pas que les gosses, qu’il n’aimait pas. Il me regarda droit dans les yeux, leva son épée, et se prépara à l’abattre sur moi. Je vis la lame s’arrêter à raz de ma peau, puis un bruit titanesque retentit, un flash de lumière m’aveugla à nouveau, et je ne vis et ne ressentis plus rien. Tout devint noir.


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Aldwin
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Sam 26 Mai - 15:31

Chapitre 2 : Le toucher.

J’ouvris les yeux. J’étais toujours allongé sur ce sol blanc, et j’étais totalement gelé. Je parvenais à peine à sentir mon corps, mais impossible de me mouvoir. Le soleil étant bien haut dans le ciel, je clignais des yeux, la lumière m’agressant la vue. Je parvins à relever un peu la tête, et pus voir que j’étais seul. Seul au milieu de nulle part.

Après des efforts considérables, je parvins à me relever. J’étais assez étonné de voir que la femme tuée par l’immondice n’était plus là. Elle ne pouvait pas avoir bougée d’elle-même, vu qu’elle était morte. Mais ce qui me surprenait le plus, c’était d’être encore en vie. Ma dernière vision fut ce flash de lumière après que la lame ne s’apprête à me trancher en deux. Que c’était-il passé ?

Je décidais de revenir à la maison. Après tout, ce n’avait peut-être été qu’un mauvais rêve ? Pourtant, mes yeux, eux, étaient bel et bien ouverts… je me mis donc en route, titubant un peu et frissonnant dans ce froid glacial.

Après quelques minutes de marche, je vis à regret, que tout cela n’avait pas été un simple rêve. La maison était en ruine, mais il ne restait plus aucun cadavre. Où étaient passés mes parents ? S’il y avait eu des taches de sang, j’aurai pu comprendre qu’on aie déplacé les cadavres, mais il n’y avait rien. Décidemment, je ne comprenais pas ce qui s’était passé.

Je levais les yeux vers le ciel. Le soleil était déjà bien haut, il devait être aux alentours de 13h. Sans doute était-ce la raison de ma faim titanesque. Ou bien était-ce dû aux pouvoirs de sacrieur que j’avais dernièrement acquis. Que faire ? J’étais seul, totalement seul, à quatre ans à peine… comment pouvais-je survivre ?

En fait, j’ai continué à vivre dans cette cabane en ruine, chassant smilomouth, kaniglou, fricochère et autres créatures vivant dans les lieux, et j’ai pêché en compagnie des créatures présentes sur le Lac Gelé, en m’inspirant de leur façon de faire. Ainsi, je n’ai pas vécu, mais survécu, pendant 5 autres longues années, où je me suis endurci, et où je me suis contenté d’observer les humains, sans contact majeur avec eux, même s’il m’arrivait quelques fois de m’aventurer en ville et de subir le regard interloqué des habitants qui murmuraient des choses sur mon passage. Peu de monde savait se défendre sur cette île. Voir un gamin aux pouvoirs de sacrieur n’était pas du tout commun dans la région.

À mes 9 ans, j’ai appris qu’un nouvelle île avait été découverte. Je ne savais pas lire, je me suis donc contenté d’écouter une mère le lire à haute voix à ses enfants. C’était une demande de recrutement pour partir explorer la zone, en échange de « kamas ». Ce mot me disait quelque chose, mais je ne parvenais pas à me rappeler de ce que c’était… en tout cas, mes parents en avaient, cela devait donc être important pour vivre. J’ai donc décidé de me présenter.

Je suis retourné chez moi, si on pouvait qualifier la bâtisse en ruine d’un « chez soi », j’ai pris les quelques provisions que j’avais, et me suis apprêté à partir. J’ai alors vu une chose jaune, brillante, qui dépassait d’une petite couche de neige. Je l’ai sorti de son manteau glacé et l’ai frotté pour voir ce que c’était. C’était un objet rond, sur lequel était gravé un K. un K… kamas ! C’était donc cela, je m’en rappelais désormais, cet objet rond qui permettait de vivre en société. Peut-être pourrais-je espérer vivre à nouveau en compagnie des autres habitants de l’île, si je remportais ces kamas que l‘on promettait sur l‘écriteau. Je devais essayer !

Je pris mes affaires, rangeais le kama dans la poche de mon pantalon déchiré, et pris la direction du port, où se trouvait la maison à laquelle je devais me présenter.


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Aldwin
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Dim 27 Mai - 10:37

Chapitre 3 : Le goût.

À ma présentation devant eux, les dirigeants de l’expédition ont semblé… choqués. C’était normal, en vu de ma tenu, de mon âge, et de mes pouvoirs de sacrieur. Mais ils n’ont pu refuser ma participation quant au troisième point. Un sacrieur dans leur rang était, visiblement, le bienvenu.
Nous sommes partis en mer deux jours après. Nous étions au nombre de 6. Je trouvais moi aussi cet effectif faible, mais personne d’autre ne souhaitait quitter l’île paisible de frigost pour une expédition vers l’inconnu.

Parmi nous, il y avait donc celui qui avait découvert l’île et qui souhaitait l‘explorer, un noble voyageur sans talent particulier, un navigateur, quelques peu utile pour naviguer, un ami du voyageur, qui dirigeait l’expédition à ses côtés, et était un érudit feca, un bourrin de iop qui n’avait qu’une envie, trouver des créatures hideuses et violentes à fracasser, un cra dont on ignorait tout, si ce n’était sa puissance, et enfin, moi.

Voici donc de quoi était composé cette maigre assemblée en quête de l’inconnu. Et nous trouvâmes cet inconnu après un jour et demi de route. À nos premiers pas dans la neige de l’île en question, les râlements du iop se firent sentir :

_ C’est désert… c’est nul ! En plus, il fait encore plus froid qu’à frigost !

_ On ne peut pas affirmer que l’île soit déserte, tant que nous n’en avons pas exploré chaque recoins. Il y a peut-être une civilisation vivant dans les arbres que l’on peut observer au cœur de ces terres, ou une civilisation sous-marine, cachée dans un lac que l’on trouvera peut-être dans l’île, ou encore une civilisation terrestre, dissimulée dans les profondeurs du sol de la zone, ou alors directement sur l’île elle-même. Qui te dit qu’ils ne nous observent pas en se moment même, et se cachent de peur de parler à des inconnus ? Répondit le feca dans sa grande sagesse.

_ Ouai… ben ils ont bien raison de se cacher.

Puis il fit demi-tour pour décharger les affaires présentes dans le bateau. L’île était très simple : de la neige, un cours d‘eau, des rochers, et une forêt à l’extrême nord. Je supposais que nos recherches commenceraient là-bas.

_ Nous commencerons à visiter l’île demain, voir de quoi il en retourne de l’entrée de cette forêt. En attendant, nous allons dresser le campement, dormir, et effectuer des tours de gardes. On ne sait pas ce qui nous attends… nous dit Velan, le voyageur qui avait découvert l’île.

_ C’est une sage décision, Velan. Je pense même que nous ferions mieux d’explorer les lieux sans nous occuper de la forêt pour le moment, poursuivit Elyar, le feca.
_ Non, crois moi, je ne pense pas que ratiboiser l’île soit une bonne idée. Nous n’entrerons pas dans la forêt, nous chercherons simplement par où nous pourrions y entrer.

_ Comme tu le sens.

_ De toute manière, si nous croisons mauvaise compagnie, notre ami iop pourra jouer avec, marmonna le cra.

Je ne savais de cet étrange personnage pas même le nom. Il était vraiment mystérieux au plus haut point. Mystérieux… comme l’immondice qui avait décimé ma vie.

_ Tiens, Aldwin, comme tu es jeune, pars donc nous chercher de quoi allumer du feu. On va se charger de monter ta tente. Mais ne t’aventure pas trop loin ! Me conseilla Velan.

J’acquiesçais et m’avançais un peu plus dans l’île. Hormis de la neige, je ne vis rien d’autres de bien intéressant. Je pris le maximum de bois que possible et revins apporter le tout à mes compagnons. Il me suffit de faire 3 allers retours, sans trace de vie apparente. J’ai alors fais mon rapport aux autres, nous avons rapidement mangé, et avons dormi. Le lendemain s’annonçait chargé.

Mais ce lendemain ne le fut pas autant que ce que je pensais. Nous avons simplement trouvé l’entrée de la forêt après peu de recherche, et avons ratiboisé la totalité de l’île hors des bois. Celle-ci se révéla finalement petite, et à première vue, inhabitée.

Les deux jours suivants nous ont servis à observer les cours d’eau de l’île, ainsi que la mer, à la recherche d’une quelconque trace de vie, toujours sous les râlements du iop.

Ce fut le quatrième jour que tout bascula. Nous décidâmes d’enfin nous aventurer dans la forêt, cela armés jusqu’aux dents. Nous sommes donc retournés à l’entrée, et, prudemment, équipés de torches, d’épées et de dagues, nous nous sommes avancés dans ce qui se révéla être, d‘après Elyar, habité. C’est ce dernier qui, le premier, a trouvé le signe d’une trace de vie. Ce n’était pas grand chose, mais à ses yeux, c’était prometteur. Il avait en fait simplement constaté que les rochers visibles ça et là avaient été taillé et poli.

Nous avons commencé notre avancée, quand soudain… nous sommes tombés sur des mines. L’entré était typique de ce genre de zone. Elyar nous demanda donc de nous arrêter, étudia la zone, et au bout d’une heure d’ennuis pour nous, et de recherches intensives pour Elyar, Velan décida que nous continuerions le lendemain. Mais les événements en décidèrent autrement…

Elyar était actuellement en train de griffonner des choses sur un petit calepin qu’il avait toujours avec lui. Le iop faisait les cent pas en attendant de l’action. Le cra était appuyé contre un arbre, les bras croisés, et ne disait rien. Le navigateur était assis sur un rocher et attendait en silence. Quant à moi, je restais debout, regardant un peu tout ce qui m’entourait.

Velan, lui, scrutait vainement la pénombre des mines. Lorsque soudain, j’entendis un bruit sinistre. Il provenait de l’intérieur de la mine. J’ouvrir la bouche pour prévenir mes compagnons, mais c’était trop tard. Une sorte de pince mécanique passa à travers l’estomac du pauvre Velan, faisant voler du sang un peu partout dans la neige. La pince se retira, et Velan tomba, mort.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Jeu 7 Juin - 11:44

Chapitre 4 : L’ouïe

_ Velan !! Hurla Elyar en se levant d’un bond.

Le corps de son ami était étendu au sol, inerte, et son sang se répandait autour de lui, colorant la neige de rouge. Plus rien ne bougeait dans les mines. Je n’entendais plus le moindre bruit. Lorsque soudain, ce son sinistre parvint à nouveau à mes oreilles.

_ Ne restez pas devant ! M’exclamais-je.

Mais le rocher sur lequel le navigateur bouche-bée était assis se trouvait pile face à la mine. La pince l’attrapa à la gorge et l’attira dans la noirceur des lieux. Nous entendîmes son hurlement final, puis à nouveau, plus rien.

_ Bordel, c’est quoi, cette chose ! Chuchota Elyar.

_ La ferme, dit simplement le cra.

Le bruit sinistre reprit.

_ Vous l’entendez ?

_ De quoi ? Demande Elyar.

_ Ce bruit… comme quelque chose de rouillé qu’on essai de plier.

Une pince sortit à nouveau de l’entrée.

_ À couvert ! Cria Elyar en se jetant lui-même à terre.

Nous fîmes tous de même, sauf le iop qui ne réagit pas à temps. La pince fonça droit sur lui, mais il fit un pas de côté pour esquiver et l’attrapa. Il tira alors de toute ses forces. Un bruit de raclement se fit entendre tandis qu’il amenait progressivement la chose. Une autre pince sortie alors et percuta violement la tête du iop, l’écrasant plus loin entre un arbre et elle. Les deux pinces se retirèrent.

_ On va tous y passer ! Beugla Elyar.

_ Pas si tu la fermes, répliqua le cra.

Ce bruit sinistre reprit à nouveau. Qui allait être la nouvelle victime ? Étais-ce mon tour ? Il s’avéra que ce n’était pas encore le cas. Ce fut celui d’Elyar. La pince sortit, attrapa sa jambe droite, et le propulsa en l’air. Son bouquin s’ouvrit, et des pages s’arrachèrent, tombant un peu partout dans la forêt. Quant à lui, il retomba en hurlant et s’écrasa la tête la première sur un rocher, à une vitesse fulgurante, et dans un bruit sourd qui me fit avoir le tournis et me donna la nausée.

_ On est mal… marmonna le cra.

La pince ne rentra pas cette fois-ci, elle se dirigea directement vers moi, et m’attrapa à la taille. Je sentis une puissance surhumaine me soulever du sol. Je devais bien être à une dizaine de mètres du sol à présent. La pince me lâcha en pleine élévation. La créature devait vouloir me faire subir le même sort qu’Elyar. Sauf que moi, je m’étais accroché à un des deux bras de la pince. Ne pouvant plus rien faire, elle m’entraina dans la mine. Je fus jeté contre ce qui me semblait être un mur de pierre. Je n’y voyais quasiment rien, mais cela ne me dérangeait pas, j’y étais habitué. Prudemment, et toujours sur mes gardes, j’avançais à l’aveugle. Mon pied heurta quelque chose de mou. Le cadavre du navigateur. J’entendis alors un bruissement à ma droite. Cela devait cesser. Quatre morts sur six. Je n’avais pas l’intention de mourir maintenant. La pince fonça à nouveau sur moi, mais ce ne fut pas elle qui m’attrapa. Je pris un de ces deux bras et me servis de sa force pour la jeter hors de la mine. J’ai alors couru pour quitter la pénombre des lieux. J’avais hâte de voir quelle créature c’était. Je fus surpris…

Un gobelin avec une énorme machine sur le dos, d’où sortait un cylindre pour évacuer de la fumée. Une pince montait du sommet de la machine. Mais il n’y en avait qu’une. Si le iop avait été tué par une seconde pince, c’était qu’il n’y avait pas qu’un gobelin.

_ Attention gamin, il n’est pas seul.

Je ne pris pas compte de ses recommandations et enfonçais profondément ma lame dans le cœur du gobelin. Son corps s’écroula dans un geyser de sang coulant de sa plaie.

Trois autres créatures sortirent de la mine. L’une était la même que celle que je venais de tuer, une autre était un simple gobelin habillé de fourrure blanche, et armé d’une pioche, et la dernière était un rond métallique, équipé de pointes dont quatre formaient les pieds, et d’un gros œil bleu. elle était minuscule.

Le gobelin à pince s’avança vers le cra, celui à pioche vers moi. Il tenta de m’envoyer un grand coup de son arme dans le crâne, mais un simple bond en arrière me suffit à l’esquiver. La folie du combat éveilla mes pouvoirs de sacrieur. Je sentis mon corps frissonner, et mon sang couler de mes plaies passées. Un simple regard avec la créature, et elle compris qu’elle était morte. Ma main perfora son torse, ressortant avec son cœur au creux de ma paume. Le gobelin s’effondra, baignant dans son sang. Le cra avait quant à lui brûlé sa cible.

La dernière petite créature n’avait pas bougée. Pourtant, son oeil brillait de plus en plus, et cela m’inquiétait.

_ Gamin, je sais pas c’que c’est, mais c’est pas bon signe.

_ C’est également ainsi que je perçois la chose.

La créature se mit alors à briller de plus belle, et soudain, elle explosa dans un bruit tonitruant. J’entendis à peine le juron du cra, avant de me retrouver projeter en arrière par le souffle de l’explosion, et de perdre connaissance lorsque mon dos frappa quelque chose de dure. Seul, sur une île inhospitalière, à moitié mort, et ne pouvant compter que sur l’aide d’un cra silencieux qui devait lui aussi être dans un sal état. L’appel de l’or et de la vie en société était sur le point de me tuer…


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Jeu 7 Juin - 22:22

Chapitre 5 : L’odorat.

J’avais hâte de savoir ce qu’il y avait après la vie. Je fus déçu de ne rien voir en ouvrant les yeux, et de sentir mon corps entier me faire mal. Après quelques minutes allongé, à ne rien faire d’autre que tenter de réfléchir, je me relevais. Le sol était rocailleux, il régnait dans l’air une odeur d’humidité, et je n’entendais rien, pas plus que je ne voyais. Mon esprit revint alors petit à petit, et je compris que je n’étais pas mort, mais sans nul doute dans les mines. Pourtant, l’explosion m’avait projeté assez loin de celle-ci. Les gobelins m’avaient sans doute transporté jusqu‘ici… mais pourquoi m’avoir épargné ? Et où était le dernier de mes compagnons en vie ? Du moins, j’espérais qu’il soit toujours vivant…

J’avançais à l’aveuglette, comme je l’eus si bien fais durant mon enfance, tous les autres sens en alerte. Aucun bruit autre que mes pas et ma respiration. En revanche, je sentais une odeur qui m’était familière… celle du sang. Je savais que je ferais mieux de m’en éloigner, mais mes pieds avancèrent sans que je ne les contrôle vers cette odeur. En fait, je ne maîtrisais plus rien de mon corps. Il avançait inlassablement, répondant à l’appel de la même chose qui coulait de mes veines… et de mes plaies passées. Un sacrieur était censé contrôler son sang, mais pour ma part, c’était l’inverse : mon sang me contrôlait. J’essayais de prendre le dessus, mais impossible.

Ma main s’avança comme pour pousser quelque chose, et une porte s’ouvrit. La lumière m’aveugla. Lorsque mes yeux purent se rouvrir, je vis une bonne vingtaine de gobelins, leur horrible face tournée vers moi. Le spectacle qui s’offrait à ma vue était plus qu’écœurant : ils étaient en train de manger cru les cadavres de mes quatre compagnons. Par chance, le cra n’en faisait pas partie, il devait donc être en vie.

L’un d’eux s’avança vers moi, pioche à la main. Il fit deux pas et s’écroula, du sang ruisselant de sa bouche grande ouverte. Il ne s’était pourtant rien passé. Un second donna un coup de pied dans les côtes de son camarade pour vérifier s’il était mort ou vivant. Il sembla qu’il ne se réveillerait plus jamais. La tête du second gobelin se tourna vers moi comme si j’étais responsable de la mort de son ami, puis il m’approcha… avant de subir le même sort que lui.

Je vis alors que mes plaies étaient bien plus rouges que normalement et que du sang en coulait abondamment. C’était donc moi qui les tuais sans même bouger ? Je me tournais vers les deux cadavres et cru comprendre : je devais sans doute contrôler leur sang à eux aussi. Un troisième gobelin avança, ou plutôt roula, vers moi. Un semblable à celui qui m’avait éjecté et assommé quelques instants plus tôt. Il brillait de la même façon. Et visiblement, celui-ci n’étais pas doté de sang, car il ne mourrait pas.

Une porte, un peu plus à droite, s’ouvrit soudain d’un coup sec. Une dizaine d’hommes entrèrent. Un carnage sans précédant commença alors. C’était une véritable boucherie, les gobelins ne s’attendant pas du tout à l’attaque surprise, tombèrent les uns après les autres. Celui en forme de rond et dont l’œil brillait de plus en plus fini écrasé par le cadavre d’un de ses camarades.

Enfin, en quelques secondes, il ne resta plus un seul gobelin en vie. Je ne comprenais plus rien du tout. Une femme s’avança alors. Elle était visiblement assez jeune, et avait les manières des bourgeois que j’avais pu observer à frigost. Elle me salua. Ne sachant pas trop comment réagir, je lui fis simplement un signe de tête et la remerciais.

_ Vous êtes bien Aldwin, je ne me trompe pas ?

_ Je ne révèle pas mon identité à des personnes qui me sont inconnu.

Je savais que je devais lui être reconnaissant de m’avoir sauvé, mais cela faisait bien longtemps que je n’avais plus accordé ma confiance à quiconque.

_ Peut-être pas si inconnu que cela… Je m’appelle Lélia.

_ Aldwin est en effet mon nom. D’où sommes nous censés nous connaître ?

_ Oh, vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais. Promettez-vous de ne pas me sauter à la gorge une fois que je vous aurais expliqué ?

_ Je ne vous dirais cela qu’une fois que je saurais.

_ De toute manière, si vous essayez, mes hommes n’hésiterons pas à vous mettre en pièce.

_ C’est probable, répondis-je sans conviction. Alors, d’où êtes-vous censé me connaître ?

_ Je suis tout simplement la fille de celui qui a tué vos parents.

À ces mots, mon sang reprit immédiatement le contrôle. Elle sembla continuer à parler, mais je ne l’entendais plus. Comment pareille ordure pouvait-il engendrer une fille si belle ? Peu importe… je n’avais qu’une seule envie : la tuer.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Sam 16 Juin - 13:06

Chapitre 6 : La confiance.

Mon sang bouillonnait dans mes veines, la main qui tenait mon épée tremblait, et la haine me rongeait. Voici donc la fille de celui qui avait anéanti ma vie… pourquoi ne pas me venger ? Même si elle n’a rien fait, pourquoi ne pas la tuer, et ainsi porter un coup dans la cœur de mon adversaire, de mon ennemi juré. Puis je réfléchis. Je n’étais pas assez fort pour l’affronter. Pas encore. Si je tuais sa fille, il viendrait nécessairement me massacrer. Je n’avais aucune chance en agissant ainsi.

Mais mon corps en décida autrement. Je le regardais droit dans les yeux, et il semblait qu’elle distinguait clairement la colère qui m’habitait. Ses hommes aussi, car ils semblaient sur le point de me sauter dessus au moindre mouvement de ma part. Alors, elle s’empressa de dire :

_ Je ne suis pas responsable des actes de mon père. Je n’ai pas choisis. Vous n’êtes pas le seul à qui mon père ait fait du mal. À chaque fois, je suis dégoûté de lui, mais je n’ai jamais rien pu faire.

_ Votre père ait fait du mal ? Il ne m’a pas simplement fait du mal… il m’a détruit ! Il a massacré ma vie dés mon enfance !

La colère, en plus du regard, se faisait aussi sentir dans mes paroles.

_ Mais je n’y suis pour rien, répliqua-t-elle, désespérée. Écoutez moi attentivement, je vais être franche avec vous : je n’ai qu’une envie, c’est le tuer. Tuer mon propre père, car je le déteste. J’éprouve envers lui une haine inimaginable, et elle est réciproque. Je suis opposé à lui, et je n’ai qu’une envie, c’est l’éliminer, pour ne plus subir les reproches de ses actes.

_ De belles paroles. Et tu crois qu’elles suffiront pour que je te crois ?

Les hommes semblèrent outrés que je la tutoie, mais je n’en avais que faire.

_ Sans doute pas, non. Je ne vous demande pas de me croire, et encore moins de me faire confiance. La seule chose que je vous demande, c’est de m’aider à le tuer.

_ Pour me rendre compte au dernier moment que tu m’as amené à lui pour qu’il me tue ?

_ Oh, il vous croit mort. S’il savait que vous étiez en vie, vous ne seriez déjà plus là pour me parler. Et puis, si vous avez l’impression que je vous livre à lui à quelque moment que ce soit, vous n’avez qu’à faire ce que bon vous semble. Me tuer, fuir, ou tout ce qui vous passera par la tête. Qu’avez-vous à perdre ?

_ Rien, en effet… marmonnais-je, sachant pertinemment qu’elle avait raison.

Je n’avais rien à perdre, étant donné que j’avais tout perdu. Je n’avais plus qu’un seul objectif dans ce qu’on pouvait appeler ma vie : tuer cet homme. Autant saisir la seule chance qui se présentait à moi.

_ Alors, c’est d’accord ?

_ Disons ça, oui. Mais je ne te fais en aucun cas confiance, et à la moindre occasion, je te tuerai si je sens que tu m’entourloupe. Que ce soit bien clair.

_ Cela me convient.

Plus personne ne parla pendant un court instant. Alors, le bruit de raclement métallique se fit entendre à nouveau.

_ D’autres arrivent, prévins-je.

En effet, quelques secondes plus tard, quelqu’un déboula dans la pièce. Mais ce n’était pas un gobelin. C’était mon compagnon cra qui détalait à toute vitesse. Il se stoppa net en nous voyant, et lorsqu’il m’aperçu, paru soulagé. Les gobelins, eux, étaient derrière lui, et ils entrèrent en masse dans la pièce.

_ Cherchez pas à les combattre, il y en a bien trop ! Courrez !

Et il reprit sa course, me tapant dans l’épaule pour que je me tourne et que je le suive. Lélia suivit, ainsi que ses hommes, et nous nous empressâmes rapidement de quitter les lieux.

Cependant… cet endroit était un véritable labyrinthe.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Ven 29 Juin - 23:08

Chapitre 7 : La sagesse.

_ Elles courent vite ces bestioles ! S’exclama un des hommes.

Au même instant, deux d’entre eux furent attrapés par les jambes et tombèrent en avant. Un de leur camarade, ne comprenant pas que c’en était fini pour eux, tenta de leur porter secours, et une pince lui attrapa la tête pour la broyer. Les deux étant à terre furent piétinés par la horde de gobelins qui nous rattrapaient.

_ La sortie ne devrait pas être loin… marmonna Lélia.

Elle avait en effet raison. La sortie était juste devant. Une porte se trouvait devant nous, et par une petite fenêtre sur celle-ci, nous distinguions l’eau. Nous étions actuellement sous la mer. Si nous ouvrions cette porte, nous finirions engloutis par les flots.

Les gobelins avançaient. Ils arboraient leurs armes et leurs pinces métalliques avec un air menaçant. Soit nous mourions tués par les gobelins, soit nous ouvrions et entraînions nos adversaires dans la mort.

_ Ouvrez ! S’exclama un des hommes.

Un de ses confrères ne se le fit pas dire deux fois, et il ouvrit la porte. Juste après avoir tourné la poignée, celle-ci vola dans les airs, accompagnée d’un flot d’une puissance tonitruante…

Puis nous nous retrouvâmes sur la plage de l’île. Je regardais tout autour, interloqué. Lélia se mit une main sur le cœur et tomba à genou, haletante.

_ Mademoiselle, tout va bien ?

_ Ça devrait aller, merci.

Il ne restait en réalité que le crâ, Lélia, un de ses hommes, et moi. Tous les autres avaient disparus.

_ Mais il s’est passé quoi ! S’exclama le crâ.

_ Je nous ai téléporté. Malheureusement, je ne suis pas assez forte pour tous nous transporter en même temps…

_ Et tu pouvais pas le faire avant ? On aurait évité de courir… grommela-t-il.

_ Je tenais à tenter de préserver la vie de mes compagnons. Soyez heureux que je vous ai sauvé vous et pas un de mes hommes !

La discussion cessé ici, car Lélia cracha du sang par terre.

_ Mademoiselle, il faut vous reposer, vous êtes épuisé…

_ Qu’elle le fasse, conseillais-je. Je pense que les gobelins ne viendront pas se frotter à nous pour cette nuit. Ils ont tout un tunnel à arranger, et un grand nombre d’entre eux sont morts noyés, je présume. Nous surveillerons à tour de rôle pendant qu’elle reprend des forces.

Lélia me remercia, et le seul de ses hommes encore en vie l’amena à l’abri, et la coucha dans le minimum de dignité que son rang imposait. Lorsqu’il revint, je lui demandais poliment d’écrire ce que je lui dictais sur une feuille. La page manquante du journal d’Elyar. Celle qui finissait notre aventure, et qu’il n’avait pu écrire.

Une fois celle-ci rédigée, je la jetais en l’air, et elle s’envola vers la forêt, rejoindre les autres pages éparpillées un peu partout, et permettre peut-être à nos compagnons de reposer en paix, en sachant que quiconque reviendrait ici pourrait lire ce journal et saurait à quoi s’attendre.

_ C’est un geste honorable de votre part.

_ Sans doute, mais c’est le minimum que je puisse faire, répondis-je à l’homme. Au fait, quel est votre nom ?

_ Je m’appelle Wine. Je connais déjà votre nom à vous, mais quel est celui de votre compagnon crâ ? Demanda-t-il en le regardant.

_ Mon nom n’a aucune importance. Je vais me coucher.

Et il se leva sans ajouter un mot pour partir s’endormir à l’écart.

_ Vraiment insolent…

_ Je dirais plutôt froid. Ne cherchez pas à en savoir plus, vous n’obtiendrez rien…

_ Je vois cela. Vous feriez mieux d’aller vous coucher, je vais prendre le premier tour de garde. Je vous réveillerais pour la relève.

_ Très bien. À tout de suite, dans ce cas.

Je me levais et partis à mon tour me coucher dans ce froid glacial que je connaissais si bien. Je m’endormis ainsi dans l’incertitude du lendemain. Pour le première fois de ma vie, je ne savais absolument pas ce que la journée suivante me réserverait, et cette sensation était étrange. La monotonie de ma vie venait d’être brisée.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Ven 6 Juil - 12:52

Chapitre 8 : La peur.

Je sentais une présence. Quelqu’un était proche de moi, et je le sentais s’avancer. Il faisait totalement noir. Qu’étais-ce ? Je me levais lentement pour faire le moins de bruit possible, et j’attendis patiemment d’entendre ou de sentir quelque chose. Un rire grave, sinistre, et hautain se fit entendre, et me donna des frissons dans tout le corps, ainsi que la nausée. Je savais pertinemment à qui il appartenait. J’avais peur, pour la première fois de ma vie. Je n’étais absolument pas prêt. Soudain, je le vis, son visage qui m’était si familier alors que je ne l’avais vu qu’une seule fois, sans compter les nombreuses affiches mettant un prix sur sa tête. Son sourire narquois me dégoûtais, puis je vis sa lame se lever dans les airs. Je n’eu même pas le temps de réagir qu’elle fondit sur moi, fendant l’air à une vitesse phénoménale.

Soudain, j’ouvris les yeux. J’aurai bien aimé me remettre des émotions de ce cauchemar affreux, mais la tête d’un gobelin penchée au-dessus de moi, tenant une hache bien haut, et prêt à me l’abattre dessus, m’en empêcha. Je lui donnais un coup de pied dans le mollet, le faisant trébucher, puis me levais immédiatement en attrapant mon épée que je lui enfonçais dans le cœur.

_ Debout ! M’exclamais-je.

Une flèche siffla au-dessus de ma tête et me frôla de peu. Me retournant, je vis qu’elle avait atteint un gobelin en plein crâne, le faisant tomber raide mort.

_ Toi, debout. Je n’ai pas eu le temps de te prévenir, ils sont arrivé trop vite. Les deux autres sont devant le bateau, dépêche toi avant qu’ils ne rendent l’âme.

Je pris mon sac à la hâte et le suivis au pas de course. La brume nous empêchait de voir clairement à plus de quelques mètres devant nous. Ces bestioles avaient choisis le bon moment pour nous attaquer.

Nous ne tardâmes pas à les rejoindre. Wine était seul sur le petit ponton qui permettait d’accéder au bateau, et Lélia n’était visible nulle part. Inconsciemment, cela m’inquiéta sans doute, car je commençais à imaginer toute les pires choses qui avaient pu lui arriver.
Le crâ tira une flèche enflammée qui explosa en faisant voler une dizaine de gobelins dans tous les sens. Ceci détourna l’attention de celui que Wine affrontait, ce qui lui coûta la vie.

_ Où est-elle ? Demande le crâ en s’avançant.

_ À l’intérieur. Dépêchez vous, il en arrive de plus en plus !

Nous montâmes rapidement à bord tandis que les gobelins n’ayant pas succombé à leurs brulures se relevaient. Wine partit essayer de faire démarrer l’engin, tandis que nous chargeâmes de retenir les assaillants. Le temps d’attente ne fut pas bien long, et nous n’eûmes qu’à combattre quelques secondes, avant que le bateau ne démarre en prenant le large, faisant tomber le ponton et chavirer les gobelins siégeant dessus. Les autres grognaient en levant leurs armes. Ils ne pouvaient plus rien faire, et nous étions hors de danger.

_ Bon sang, ils nous ont bien eu ! M’exclamais-je.

_ Un signe de faiblesse de notre part, répliqua le crâ en s’éloignant.

Une fois que l’île eu disparu de l’horizon, je me dirigeais vers la poupe pour rejoindre Wine. Celui-ci maniait le navire à merveille. Lélia était assise contre la balustrade, à côté de lui. Elle allait visiblement un peu mieux, mais pas assez pour trop se mouvoir. En tout cas, elle ne crachait plus de sang et avait repris des couleurs.

_ Vous n’avez rien ? Demandais-je.

_ Non, ça va, mais c’est pas passé loin. On s’est fais surprendre comme des débutants.

_ Ça nous servira de leçon…

Quelques secondes, ou quelques minutes, passèrent sans que personne ne dise un mot.

_ Quel Dieu vénérez-vous ? Demandais-je alors.

_ Je vénère le Dieu Iop, tandis que Lélia a préféré le Dieu Feca, répondit Wine.

En réalité, je savais quel Dieu lui vénérait, mais je n’en avais pas la moindre idée pour la jeune femme. Celle-ci ne disait rien et son regard se perdait au loin. Elle était visiblement trop affaibli pour entendre et parler… ou trop préoccupée. En tour cas, j’avais la réponse à ma question.

_ Je suppose que tu a choisis pour ta part le Dieu Sacrieur ?

_ Ce n’est pas moi qui l’ai choisi. C’est lui qui m’a choisi, répliquais-je.

Interloqué par cette réponse, Wine leva un sourcil, mais préféra visiblement ne rien demander, ce qui était préférable, car je n’aimais pas parler de mon passé.

_ Où allons-nous ? Demandais-je.

_ À frigost. Beaucoup d’aventuriers de l’île veulent l’éliminer.

Je savais pertinemment de qui il voulait parler.

_ C’est à moi de le tuer, à personne d’autre.

_ Certes. Mais un peu d’aide ne sera pas de refus, n’est-ce pas ?

_ Tant que c’est moi qui le tue de mes mains, peu m’importe. Faîtes comme bon vous semble, mais je vous ai prévenu. À la moindre entourloupe, c’est vous qui mourrez.

Puis sur ces mots, je me retournais, et partis vaquer à mes occupations. Mais j’étais troublé. Je venais de leur mentir, mais de me mentir également, car au fond de moi-même, je savais bien que je ne pourrais jamais la tuer. La raison, en revanche, je l’ignorais.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Ven 14 Sep - 23:11

HRP/Désolé pour ce temps passé sans poster, mais je reviens en force, pour les suites des aventures d'Aldwin !/HRP


Chapitre 9 : La vengeance.

_ Beaucoup d’aventuriers de frigost veulent le tuer, hein ? Demandais-je avec ironie.

Pas une seule personne n’avait accepté de nous suivre. Wine était désemparé. Visiblement, nous allions devoir œuvrer seuls. Il nous fallait à présent un plan.

_ Il n’y a que l’entrée principale pour entrer dans son château, rien d’autre…

_ Non. Il existe une autre entrée, Wine. Normalement, seul mon père et Jiva la connaissent, mais je l’ai vu l’utiliser à insu, une fois.

_ Pourquoi ne pas l’avoir dit avant ? Grommela le crâ.

_ Je ne pensais pas que nous utiliserions une attaque brutale dans son château même…

_ Et par où entre-on ? Demandais-je.

_ À deux pas de là où tu habitais jadis. Une mine désaffectée qui n’en est pas une s’y trouve. C’est l’entrée.

_ Soit. Je te laisse nous guider.

La jeune Feca prit donc la tête de notre petit groupe, et nous avançâmes dans la neige de frigost, cette île où j’avais passé ma vie. Tant de souvenirs s’y mêlaient… Bons, jusqu’à ce que ce scélérat apparaisse, et que tout devienne noir. Noir… c’était la couleur de mon cœur et de mes intentions. Je n’avais qu’une seule envie présente dans mon esprit : le tuer le plus lentement et douloureusement possible.

Le trajet ne fut pas bien long. Nous arrivâmes aisément jusqu’à ces mines, qui étaient en fait un écriteau où il était écrit « interdiction d’entrer », et un trou béant avec une échelle. Sans dire un mot, je descendis donc. Une descente aux enfers interminable, de plus en plus sombre et glaciale. Je ne savais plus si je venais de passer quelques secondes, quelques minutes, ou quelques dizaines de minutes à répéter le même geste pour descendre les barreaux, lorsqu’enfin mes pieds touchèrent le sol. Il faisait froid, et humide.

Les autres arrivèrent peu de temps après, et le crâ enflamma une de ses flèches pour nous servir de torche. Nous vîmes alors cinq créatures hideuses et armées nous regarder d’un air ahuri.

_ Des bworks… à frigost ? s’indigna Wine.

_ Je n’ai aucune idée de ce que sont les bworks, mais ils ne m’ont pas l’air bien amicaux… ni très spirituellement développés…

_ Vou koa fer isi ? Demanda l’un d’eux.

_ Nous désirons simplement passer, répondit Lélia.

_ Si vou vouloar pasé, vou devoar tué nou.

Une explosion retentit alors, et tous furent propulsés dans des directions diverses et variées, enflammés. Le crâ venait de les faire brûler en décochant sa flèche qui servait de torche. Désormais, seuls leurs cadavres nous éclairaient, tout en nous faisant monter une odeur atroce dans les narines.

_ Comme si ça servait à quelque chose de leur parler… ils demandent qu’on les tue, soit. on les tue, et on passe, dit-il en rallumant une autre flèche.

Nous poursuivîmes ainsi notre route, à travers un long couloir de roche humide d’où une goutte glacée venait parfois tomber… sur nous. Personne n’avait idée de la distance que nous eûmes parcourue. Après un long silence atroce, Wine ouvrit enfin la bouche.

_ Etrange qu’il n’ait posté que 5 bworks pour garder l’entrée… c’est un peu trop facile.

Une voix tant ahie de mon ouïe me parvint alors :

_ C’était de simples ouvriers. Comme si j’avais besoin de qui que ce soit pour me protéger…

Son corps nous apparut enfin dans la pénombre. J’avais envie de vomir.

_ Dis-moi, ma fille… pourquoi passer par ce passage qui n’est nullement censé t’être connu ? Et toi Wine, pourquoi la laisser faire ? Quant à ces deux personnes, qui sont… attends donc voir… c’est impossible !

Son regard venait de se poser sur moi, et j’avais du mal à le soutenir sans avoir des vertiges. Je haïssais cet être jusqu’à la moindre parcelle de sa chair. De ses yeux glacés à son chapeau de paille, en passant par l'aura maléfique qu'il dégageait... Tout, je détestais tout autant qu'on puisse détester quelqu'un !

_ Je reconnais bien ce regard… Tu es celui dont j’ai tué les parents, et que j’ai éliminé ensuite alors qu’une pauvre esclave tentait de te protéger. Comment peux-tu être vivant… Aldwin, fils des flammes.

_ Fils des flammes ? parvins-je à articuler.

_ Oh… ma fille ne t’as donc pas tout raconté ? Car je vois clair désormais dans les desseins de cette intrusion. Tu ne connais que trop bien la malédiction qui a plongé notre île dans le froid éternel de Descendre, n’est-ce pas ? C’est Djaul qui a lancé ce sortilège, lorsque Jiva, dans son élan d’égoïsme, a voulu supprimer Descendre en se servant de moi. Depuis, je la maudis. Je veux qu’elle meurt. Qu’elle paie pour s’être servie de moi, et pour le fait que je sois détesté de tous les habitants de l’île ! Cette peste a perdu de son pouvoir, depuis cet enchantement… mais elle a réussi à élaborer un stratagème capable de renverser le sort. Elle a donné à 7 enfants de frigost le don des flammes, ennemis de la glace, de sorte qu’ils puissent un jour, de par leur grand pouvoir offert, conjurer la malédiction. Tu es un de ces enfants, Aldwin… et tu es le dernier, car je les ai tous éliminés. Je les avais tous éliminés, moi, le Comte Harebourg, pour permettre à Djaul d’éliminer Jiva et de l’humilier comme elle m’a humilié… mais tu as survécu. Pourtant, j’avais ton cadavre ensanglanté sous les yeux. Peu importe… je t’empêcherais de sauver Jiva, et tous les habitants de cette maudite île qui me haïssent. Je n’ai qu’à te tuer une nouvelle fois !

Il fit alors le même geste que quelqu'un qui abattrait une arme sur ma tête... Hors, sa main était vide. Soudain, une épée s'y matérialisa. C’était trop tard pour bouger. Instinctivement, je levais les bras pour me couvrir le visage, même si cela ne servirait à rien. Un grand fracas retentit, mais je n’avais rien. La lame s’était arrêtée à quelques centimètres de mes avant-bras, comme s’ils avaient frappé quelque chose d’invisible.

_ Lélia, ma fille… comment oses-tu lever les armes contre ton père ? Immuniser cet enfant des flammes…

_ Je ne supporte plus tes crimes. Tu as beau être mon père, je vais te tuer, et venger tous ceux dont tu as pris la vie.

_ Tu es bien optimiste…

Il disparut soudain, pour réapparaitre devant elle, et lui enfoncer sa lame dans le ventre. Ce fut tout du moins ce qui aurait dû se produire, si Wine ne s’était pas interposé pour se faire transpercer à sa place.

_ Wine, voyons… toi aussi, tu te rebelles ?

_ J’ai juré… de protéger… mademoiselle Lélia… jusqu’à ma mort…

_ C’est exact, j’oubliais ce détail. Soit, une fois mort, tu ne gêneras plus.

Il fit alors un moulinet du bras, ouvrant promptement le ventre de Wine, et le laissant tomber à terre, baignant dans son sang. Lélia restait immobile, effarée. Si personne ne réagissait, elle allait mourir. Nous allions tous mourir.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Mar 18 Sep - 18:47

Chapitre 10 : La mort.

Je sentis une douce chaleur envahir mon corps. Je n’avais absolument plus froid. Cette sensation était étrange… en tout cas, elle ne l’aurait pas été si mon sang ne bouillonnait pas, et si mes yeux ne me brûlaient pas. La souffrance était telle, que je me plaquais les mains sur les paupières et me mis à hurler de douleur. Cela eut au moins l’effet de détourner l’attention du Comte Harebourg de Lélia. Il fonça sur moi, et tenta de me couper en deux. Sa lame fendit l’air à une vitesse fulgurante. Ma main se leva, et l’attrapa en vol. Comment j’avais fait cela, je n’en savais rien. Mais une seule idée m’animait en ce moment même : le tuer. Tuer, tuer, tuer, tuer, tuer, tuer…

_ TUER !!!!!

Mon poing percuta sa tête et l’envoya s’entrechoquer violemment contre une des parois du tunnel, créant des fissures dans celui-ci. Je bavais tant ma rage était pleine. Je n’étais plus maître de moi : mon sang me contrôlait. Mon sang remplis de haine pure et dure.

_ Soit… Dans ce cas, dit-il en sortant quelque chose de sa manche. Je vais sortir le grand jeu.

Il sortit un Dofus, totalement gelé. Le Dofus des Glaces. D’un geste rapide, il inséra celui-ci dans la poignée de son épée. Celle-ci brilla d’une intensité stupéfiante, et une aura bleuté l’entoura. Je sentais la puissance émaner de l’œuf.

_ Père ! Vous avez conservé le Dofus ! Comment avez-vous pu garder ce qui a engendré tout ça ?

_ C’est Jiva qui a tout engendré ! Tout ça est à cause de cette maudite déesse ! Je retournerais contre elle l’arme dont elle m’a fait don pour éliminer Djaul !

_ Les Dofus n’ont jamais rien apporté de bon… marmonna le crâ.

_ Je sais ! Regarde… le mal !

Il frappa soudainement le sol de sa lame. Une fente d’une taille improbable apparut dans le sol, et se propagea jusqu’au crâ, où une explosion démentielle retentit. Lorsque le flash de lumière disparut, il y avait une gigantesque crevasse dans le sol, et une autre dans le mur, là où se trouvait précédemment le crâ qui avait dès à présent disparu.

_ Où… où est-il passé ?

_ Chez Djaul ! Ce Dofus est celui de la glace, le Dofus de Descendre ! Quelle facilité d’envoyer des ordures au Dieu de ce mois tant détesté de Jiva, pour qu’il les torture à foison !

_ Enfoiré…

Sa force était infiniment trop grande. Je ne pouvais absolument rien faire. Même une armée entière ne serait pas de taille face à ce monstre. J’étais impuissant. Inutile. Perdu. Désemparé. Jamais je n’avais ressentis pareil sentiment.

_ Ma très chère fille… murmura-t-il de façon sadique. Ma très chère fille, et mon opposé. Il est temps de mettre un terme à cette haine qui nous est commune, ne crois-tu pas ? C’était bien là ton intention dès le départ, non ? Me tuer. Sache que cette intention est réciproque.

Il pointa alors son épée vers sa propre fille. Un pieu de glace en sortit et transperça net le cœur de Lélia. Celle-ci ouvrit la bouche et baissa les yeux vers sa plaie, avant de les retourner vers son père, affolée. Du sang ruissela de sa bouche, puis, dans un dernier soupir, elle tomba. Une chute interminable, et douloureuse pour moi. Je n’avais rien pu faire. A présent, elle était morte. Et j’allais mourir aussi.

C’est alors que mon sang se mit à bouillonner de plus belle. Non, mon corps entier était en ébullition. Je ne sentais plus mes yeux tant ils me brûlaient. Une seule chose restait limpide : mon esprit. Ma vision était étrange… j’analysais tout au ralenti, voyant chaque faille, chaque action possible, chaque possibilité de mouvement et de résultat qu’il en résulterait. J’avais l’impression qu’un algorithme m’avait été inséré dans le crâne. En l’espace de quelques secondes, je su ce qu’il me fallait faire. Je n’eus même pas besoin de me mouvoir : mon corps le fit de lui-même.

Ma main perfora mon torse, et entra là où se trouvait mon cœur, il fut un temps. Je saisis ce qu’il y avait, et dégainais le pouvoir offert par Jiva. Une lame rouge sang, enflammée. C’était sans nul doute elle qui m’avait sauvé lors de mon premier affrontement avec le Comte, et elle qui avait remplacé mon ancien cœur par cette épée. Chose ne pouvant être effectué qu’avec un sacrieur. En tout cas, c'était ce que je supposais, et qui me semblait être une évidence.

Je frappais du haut vers le bas. Le Comte, ayant à peine eu le temps de comprendre ce qu’il se passait, para de justesse. Mais je savais que cela se passerait ainsi. Ensuite, comme prévu, je fis un moulinet comme pour descendre lui ouvrir le ventre. Celui-ci esquiva en faisant un pas sur le côté. Désormais, il était quasiment collé à la paroi de roche, que je frappais de toutes mes forces. Une petite fissure fit son apparition, montant rapidement jusqu’au plafond, jusqu’à ce que celui-ci s’effondre entre le Comte et moi.

Je ne perdis pas de temps, et pris mes jambes à mon cou. Mon analyse m’avait révélé que même armé de ce pouvoir, mes chances de victoire contre le Comte étaient nulle. Mes deux seules options, autre que la mort, étaient celle-ci, ou la perte de mon bras gauche pour partir à l’intérieur du château de mon ennemi, d’où j’aurai fuis par la porte d’entrée. Tenant à mon bras gauche, la première option fut préférable.

Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour atteindre l’échelle que je remontais rapidement. Le soleil m’ébloui, et en voulant me couvrir les yeux de mes mains, je me rendis compte que mon épée avait disparu, et que mes forces me lâchaient. Je tombais de tout mon long dans la neige.

Avant de perdre connaissance, une seule pensée parvint à mon esprit : j’avais une raison de plus de continuer à tout faire pour éliminer cette ordure. Car je venais de comprendre que je tenais malgré moi à cette fille. Et il venait de me l’arracher, comme il avait arraché les personnes qui m’étaient chère. Sa mort devenait une nécessité, car je ne pourrais pas mourir avant de l’avoir fait. Et j’avais l’immense envie de mourir.


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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Jeu 20 Sep - 16:14

Chapitre 11 : Le pouvoir.

_ Tu es enfin réveillé !

_ Ma tête…

_ Ah bah ça… je sais pas ce qu’il t’es arrivé mon bonhomme, mais t’étais en piteux état ! Qu’est-ce que tu faisais à moitié mort, dans la neige, devant ce trou ?

_ Ça me regarde.

_ Oh, tu ne diras pas cela devant lui.

_ Devant qui ?

_ Tu ne tarderas pas à le découvrir.

Un sourire malsain se dessina sur le visage de la vieille eniripsa. Elle tourna les talons et sortie de la pièce. Quelques secondes plus tard, il entra. J’essayais de distinguer à quoi il ressemblait malgré mon regard flou. C’était un iop assez fin de taille, mais dont on sentait pourtant la puissance émaner. Une balafre traversait son œil gauche, et une épée immense dépassait de son dos.

_ Bonjour jeune homme. Sais-tu qui je suis ?

_ Aucune idée, et je m’en balance.

_ Soit. Je vais tout de même te le dire. Je suis le plus grand chasseur de prime de l’île, et le propriétaire de nombreuses terres ici. Un des hommes les plus riches de ces terres.

_ L’argent n’achète rien d’autre que sa survie.

_ C’est exact, c’est exact. C’était simplement pour t’informer que ces mines furent miennes, et que je sais ce qu’y s’y trouve. Fais-tu toi aussi partie de ces chasseurs de prime suicidaires, ou avais-tu une autre raison de te mesurer à lui ?

_ Je suis un simple chasseur de prime, répondis-je en tentant d’être le plus convainquant possible.

_ Drôle d’épée pour un chasseur de prime. Tu ne parviendras pas à me faire croire ça, jeune homme, d'autant plus que personne jusqu'à présent n'avait survécu à un affrontement contre lui.

Il venait de sortir l’épée sanguine qui était sortie de ma cage thoracique. Comment l’avait-il trouvée ?

_ Alors, quelle est la réelle raison qui t’as poussé à aller l’affronter ? demanda-t-il.

_ Me venger, répondis-je malgré moi.

Ma malchance était de taille. Je n’avais plus qu’à prier pour qu’il soit allié et non ennemi, car je ne pourrais plus lui mentir.

_ Te venger ? C’est donc cela… tu es un des gamins que le Comte chasse… mais je croyais qu’il les avait tous tué ?

_ Lui aussi le croyait. Je suis le dernier.

_ Hum… je comprends mieux cette arme, dit-il regardant l’épée. Elle est à toi, n’est-ce pas ?

_ En effet.

_ Où l’as-tu eue ?

_ Mon corps me l’a offerte. A moins que quelqu’un d’autre ne la lui ai offerte auparavant.

_ Jiva n’a donc pas la tête en l’air ! Tu es donc son épée… dans ce cas, nous sommes alliés. Tu es la clé pour stopper ce fou, et me faire devenir l’homme le plus puissant de frigost. Peut-être même pourrons nous sauver l’île, qui sait ?

_ Plaît-il ? La neige vous a légèrement givré le cerveau, non ? Qui vous a dit que je comptais devenir votre outil ?

_ Qui a parlé d’outil ? Nous avons simplement le même but, et sommes incapable de l’accomplir seul. Autant joindre nos forces, n’est-il pas ? Un pouvoir politique, économique, et militaire, et le pouvoir de Jiva. C’est un duo acceptable, convenez-en !

Avant que je ne pus répondre, la porte s’ouvrit à la volée. La vieille eniripsa entra à nouveau.

_ Maître, ils sont là ! Il faut partir, vite ! Ils ont…

Une pointe d’acier traversant son cœur l’empêcha d’émettre le moindre bruit supplémentaire. La lame se retira, et elle s’effondra. Derrière elle, quatre ombres noires, toute armées de la même arme, une épée rouge, nous faisaient face.

_ Les chiens du Comte… je me disais bien qu’ils finiraient par venir. Bah, ils ont dû suivre ton odeur. Tiens, à compter que tu sois en état de te battre !

Il me lança mon épée que je rattrapais à la volée.

_ Je suis un sacrieur, si je ne peux me battre en faisant tomber deux gouttes de sang, je peux dans l’immédiat renier mon Dieu.

Je me levais d’un bond. Mis à part cet affreux mal de crâne, je n’avais rien d’autre. Puis, les blessures attendraient, vu l’état d’urgence actuel. Je me postais donc aux côté de ce mystérieux compagnon, et me préparais au combat.

Quoi que j’en pense, encore une fois, je n’avais pas le choix. Je devais coûte que coûte survivre tant que le Comte n’aurait pas été tué de mes mains. Et cet homme, quel qu’il soit, avait l’air de pouvoir m’y aider. C’était ma seule option à part la mort…et puis, hormis ma rage et ma vie, je n’avais plus rien à perdre.

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Aldwin
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Ven 21 Sep - 10:13

HRP/Je suis d'humeur RP en ce moment, donc ça s’enchaîne ! Faut bien que je rattrape le retard que j'ai pris sur mes chapitres non postés, hein ! Puis comme je m'ennuis un peu, je m'occupe en écrivant ! Bref, vous allez avoir de la lecture... enjoy !/HRP


Chapitre 12 : La haine.

Le chasseur de prime sortie la large épée de son dos, et frappa violemment le sol avec. Une marque en forme de lame se dessina sur le sol, et deux créatures furent projetées dans les airs. Une troisième lui sauta dessus, et je les vis traverser une fenêtre, ne laissant sur leur sillage que des morceaux de verres volants en éclats. La quatrième et la dernière me fit face.

_ Aldwin ezekief, sacrieur condamné par notre maître. Tu es invité à sa table où tu serviras de victuailles à ses porcs ! Cracha-t-elle de sa voix sifflantes.

_ Serais-tu le porc ? Répliquais-je.

L’ombre me sauta dessus. Je fis un pas de côté et tentais de la trancher en deux, mais elle para et me repoussa. Mon dernier combat m’avait affaibli, je le sentais. Je craignais la mort plus que jamais. Pas tant que je n’aurai pas accompli mon but.

_ Meurs ! Aboya-t-elle.

Au lieu d’une lame, il y en avait trois, qui me frappaient en même temps. Une par le haut, l’autre par la gauche, la troisième en diagonal. Je me baissais pour esquiver la première, parais la seconde, et la dernière me frôla le torse, faisant une légère entaille d’où un peu de sang ruissela. Mon torse… mon cœur… mon sang… mon épée… je venais de comprendre. Tout était lié.

J’étais mon propre cœur, je contrôlais le flux sanguin de mon corps, et je contrôlais par conséquent mes pouvoirs. Ceux-ci s’étaient réveillés à chaque fois qu’un sentiment puissant s’était emparé de moi. Je devais laisser éclater ma haine au lieu de la retenir.

C’est ce que je fis. Mon sang bouillonna, et ma lame flamba. D’un tracé d’épée, je brisais ses trois armes d’un coup. Cela ne l’empêcha pas d’en faire apparaître cinq autres. De plus, les deux créatures balayées par le iop venait de se relever dans mon dos, je les avais entendues.

Une ombre traversa le mur à ma gauche pour aller s’encastrer dans celui à ma droite. Le chasseur de prime se tenait debout, devant le trou que venait de faire son adversaire dans la chambre.

_ Tu me fais sérieusement chier…

Il fit un bond spectaculaire et abattit son épée sur son adversaire qui poussa un hurlement strident à m’en percer les tympans, et disparue dans une fumée noire.

_ Et d’un ! Plus que…

Sa phrase fut interrompue par les deux ombres qui venaient de lui sauter dessus et de le faire traverser une nouvelle fois le mur. Celui qui me faisait face, cette fois-ci. S’ils continuaient, le bâtiment allait tomber en ruine.

_ Où en étions-nous, déjà, cher ami porc ? Demandais-je poliment.

L’ombre poussa un hurlement et envoya ses cinq lames sur moi. D’un coup d’épée, je les balayais toutes sans difficulté. Je m’empressais alors de tout faire pour lui percer la… le… enfin, pour lui percer quelque chose, même s’il n’était pas fait de chair et de sang. J’enchainais les estocs sans laisser le moindre temps mort qui permettrait à la créature de faire apparaître d’autres armes. Enfin, ma lame trancha légèrement son ombre, au niveau de ce qui aurait été le ventre chez un être humain, mais sans succès, car celle-ci se régénéra d’un coup.

_ Heu… comment fait-on pour éliminer ces choses ? Demandais-je en portant ma voix vers l’extérieur.

_ La tête ! Entendis-je à travers le trou dans le mur.

_ Le dire avant n’aurait pas été de refus ! m’exclamais-je en voyant mon ennemi faire apparaître une bonne centaine de lame.

Toute décrivirent une direction différente, mais leur point d’arrivé était à chaque fois mon corps. Il en venait de partout. Je ne pus parer qu’un peu plus de la moitié. Toutes les autres me tailladèrent de partout, faisant gicler du sang dans tous les sens. A bout de force, je tombais à genou, toutes les parties de mon corps me faisant souffrir. Une souffrance… délectable.

Je me relevais d’un bond et frappais de toutes mes forces, celles-ci à présent décuplées. Une explosion retentit, me propulsant en arrière, et faisant littéralement sauter la pièce. Il n’en restait que des cendres, et une vapeur noire, signalant la mort de l’ombre. Quant à moi, j’étais étalé dans un couloir, au milieu des débris.

_ Nom d’un chien, vas-y moins fort, tu vas décimer mon manoir !

_ Dit-il après avoir fait des trous un peu partout, répliquais-je en me relevant.

Le iop donnait des coups d’épée à droite à gauche, se contentant de parer les attaques de ses deux ennemis. Il fallait dire aussi que les attaques étaient tellement nombreuses qu’il ne pouvait rien faire d’autre que se défendre.

Je me concentrais pleinement. Si j’étais un soi-disant enfant des flammes… je devais bien pouvoir maîtriser le feu. Je fermais les yeux et laissais mon sang bouillir dans mes veines. Mes yeux s’embrasèrent, mais j’ignorais la douleur. Lorsque mon énergie atteignit son apogée, je rouvris les yeux.

_ Heu… t’es au courant que tu crames des yeux ?

Il semblait en effet que j’avais vraiment deux brasiers à la place des pupilles… ainsi qu’un autre dans la main, que je m’empressais de balancer contre l’une des deux ombres. Celle-ci fit un vol phénoménal et atterrit dans la neige en fumant. Je m’avançais vers l’autre, et, ignorant ses coups d’épées que je ne sentais même pas, lui attrapais la tête de ma main droite que je broyais, laissant la créature se dissiper en vapeur noire. Un coup d’œil au loin me signala que celle qui avait brûlée avait fait de même. Je me mis alors à canaliser ma force pour apaiser ma haine et ma puissance. Mais… je n’y arrivais pas. C’était à présent mon corps qui brûlait tout entier. Je poussais un hurlement de douleur, avant de sombrer dans l’inconscience. Je pouvais libérer ma haine… mais pas la condenser.

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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Dim 23 Sep - 15:04

Chapitre 13 : La terreur.

Un soleil de plomb m’aveuglait. Tout était en cendre autour de moi, et une odeur de fumée planait dans l’air. Où pouvais-je bien être ? La seule chose dont je me rappelais, c’était les paroles du iop, et mon corps en flammes. Pourtant, j’étais intact. Avais-je le don de tout faire brûler sans moi-même brûler vraiment ? C’était la seule explication rationnelle qui me venait à l’esprit.

Un coup d’œil alentour m’indiqua la position de la ville. J’étais à l’opposé de là où j’étais aussi loin que je me souvienne. J’avais sérieusement traversé l’île entière en laissant derrière moi la noirceur de mes flammes faisant tout brûler sur leur passage. C’était ça, le pouvoir de Jiva ?

Après avoir repris mes esprit encore un peu flous jusqu’à présent, je pris la direction du port. La seule chose que j’avais à faire était limpide. Je n’avais aucune idée d’où se trouvait mon nouvel allié, mais je n’en avais que faire. J’étais seul, comme je l’avais toujours été par la faute de ce comte. J’étais faible parce que j’aimais. Les aventuriers de passage racontaient souvent que par-delà ces eaux, un autre monde s’étendait, le continent de la gloire. Tous ceux qui ont tout perdu meurent ou entrent dans la légende. J’avais tout perdu, et les deux seules options qui s’offraient à moi étaient celles-là. Je partais m’endurcir ailleurs, puis j’éliminerais la pire ordure de ce monde. C’était ça, l’entrée dans la légende. Ensuite, j’irais mourir. Ou alors, je perdrais une troisième fois contre le Comte, et il me tuerait.

Ma décision était prise. Je venais de franchir les murs de l’enceinte de la cité de frigost. Je marchais tellement vite, que j’arrivais bientôt au port, où je repérerais aisément le bateau que nous avions pris pour venir ici… avant qu’ils ne meurent tous…

Je montais à bord, et me préparais à partir, quand une voix retentit derrière mon dos.

_ Il est à toi, ce bateau ?

Me retournant, je vis une demi-douzaine de brigands qui tenaient tous des dagues dans les mains, et qui étaient dissimulés sous une cagoule. Ils n’avaient pas l’air amicaux.

_ Quittez ce navire, dis-je calmement.

_ Disons que nous comptions l’emprunter, et… tu nous gênes quelques peu, vois-tu ? Nous te serions donc très reconnaissants de dégager poliment, avant d’en subir des conséquences assez néfastes.

_ Quittez ce navire, répétais-je.

_ Eh bien, tu ne nous donne pas le choix… nous allons devoir te faire visiter les profondeurs des eaux de frigost !

Il me sauta dessus en faisant danser sa dague. Je lui attrapais le poignet, le fis tourner jusqu’à le briser dans un craquement sinistre, et lui explosais la tête contre le bord du bateau. Je jetais ensuite son cadavre dans l’eau, par-dessus bord. Les cinq autres ne bougeaient plus.

Le plus proche de moi fini avec les deux coudes et genoux brisés, et il se roula à terre en hurlant de douleur. J’explosais ensuite la cage thoracique du second, lui faisant vomir ses tripes. Le troisième eut la nuque brisée. Puis je perforais le torse du quatrième, en retirant son cœur encore battant que je broyais entre mes mains. Le cinquième se jeta de lui-même dans les eaux gelées de frigost, mourant frigorifié.

Les personnes sur le port et sur les bateaux voisins avaient regardé la scène avec effarement, et semblaient totalement dégoûtés de me voir dépouiller les cadavres avant de les jeter au-dessus du navire. Mais ça m’était bien égal. J’étais devenu un monstre.

Je quittais alors les terres où j’étais né, et je me promis de ne plus jamais revenir tant que ce ne serait pas pour en finir une bonne fois pour toute.

La malédiction de Djaul ne consistait pas à transformer tous les mois en celui de Descendre. En réalité, elle annihilait les autres mois comme s’ils n’avaient jamais existés. Hors, ils existaient bel et bien. La population de frigost s’en était aperçue lorsqu’ils avaient essayés d’envoyer un messager pour demander de l’aide au reste du monde. Celui-ci, qui avait vécu 98 mois de Descendre, venait de comprendre qu’il avait en fait vieilli de 98 ans d’un coup. Il succomba net. Aucun de ceux qui étaient nés sur l’île ne pouvaient la quitter, car la malédiction les tuaient. En revanche, tous les autres aventuriers pouvaient aller et venir, car la malédiction ne les affectait pas. J’étais né à frigost.

Je posais le pied sur autre chose que de la neige pour la première fois de ma vie. Jiva m’avait confié un pouvoir immense. Mais en plus, elle m’avait immunisé contre la malédiction. Elle ne m’avait pas fait vieillir. Elle ne m’avait pas tuée. J’y étais insensible.

L’herbe chatouillait mes pieds nus. Je marchais sur un nouveau type de sol. C’était étrange. Mais je ne m’en souciais guère. Les aventuriers de passage à frigost racontaient qu’il y avait un bon nombre de donjons à explorer par ici. Je comptais bien les trouver, et tous les traverser, mort ou vif. Je sortis la carte que j’avais trouvée dans les poches de l’un des pillards.

Mon entrée dans la légende ou dans la tombe commençait ici.
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Mer 26 Sep - 13:54

Chapitre 14 : L’apprentissage.

Cela faisait une semaine que je parcourais les terres du monde des douze. Mes découvertes furent de taille. Il existait dans ces terres un temple correspondant à chaque Dieu ou Déesse. Je me suis donc rendu dans le Temple Sacrieur, et j’y appris maintes informations quant à la quantité de sorts que celui-ci pouvait maîtriser, et que je ne connaissais pas. Je me suis donc exercé à apprendre les pouvoirs offerts pas le Dieu sacrieur à ses adeptes. Les résultats étaient pour le moment minces, mais j’étais confiant quant à leur progression prochaine.

Je me suis ensuite mis en quête de ces fameux donjons dont tous parlaient à frigost. Il en existait en effet une bonne quantité. Certains d’entre eux étaient pour les débutants, d’autres pour les aventuriers d’un assez bon niveau, et d’autres encore pour les experts. Ne sachant pas par lequel commencer, j’ai donc fais la chose au hasard.

Le donjon des dragoeufs. C’était celui que le hasard avait choisir. Sans même me demander ce qui s’y trouverait, j’ai foncé tête baissée jusque-là où il était censé se trouver. Un pont menait à l’île des dragoeufs, et rien que sur celui-ci, je pouvais contempler les créatures qui s’y trouvaient. Châtiments lancés, je me frayais un chemin sans grande difficulté dans ces terres hostiles, brisant coquille après coquille. Enfin, je parvins jusque devant le donjon.

C’était une sorte de temple, au milieu duquel les dragoeufs avaient visiblement creusé un trou béant, et dans lequel il fallait entrer. Un disciple d’eniripsa me regarda entrer d’un air impassible.

_ Bonsoir, jeune aventurier. Tu n’es pas le premier qui vient te présenter à moi, loin de là… avant tout, je dois te mettre en garde, car nombreux sont ceux qui se sont aventurés dans le sanctuaire des dragoeufs, mais peu sont ceux qui en sont revenus. Un conseil avant…

_ La ferme, le coupais-je.

Puis sans crier garde, je sautais dans le trou béant qui se trouvait au centre de la pièce. J’entendis la voix de l’eniripsa une dernière fois avant d’atterrir en bas.

_ De plus en plus suicidaires et impolis ces aventuriers…

Les monstres de ces lieux étaient pour certains différents de ceux d’en haut… mais guère plus puissants. Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour atteindre le portail qui menait au donjon, et pour massacrer les monstres des sept premières salles. L’ennui commençait à s’emparer de moi… lorsque j’entrais enfin dans la huitième salle. L’avant dernière. Celle-ci était assez spéciale. En effet, des dalles tenant dans le vide étaient disposées un peu partout, et séparées par un gros vide, dont on ne voyait pas le fond. Les monstres étaient un peu partout sur celles-ci.

Pour les atteindre, mes sorts dernièrement appris allaient m’être utiles. J’enchainais coopérations, attirances, détours, et sauts agiles, pour atteindre chaque dalle et y éliminer chaque monstre. La tâche ne fut pas simple, mais je m’en sortis plutôt bien. J’espérais simplement que le gardien des lieux serait un peu plus puissant, auquel cas j’allais commencer à croire que les aventuriers d’ici étaient tous des chiffes molles s’entraînant sur des créatures minables.

Je pénétrais donc dans l’ultime salle. Le gardien des lieux, le crocabulia, comme je l’avais lu à la bibliothèque d’amakna, était un vieux dragon rouge à la corne affûtée et aux petites ailes ridiculement petites. Je doutais fortement qu’il sache voler.

Il me regarda, puis poussa un simple petit rugissement, sûrement pour ordonner à ses guerriers de m’éliminer. Mais ce fut l’inverse qui se produisit. Tous tombèrent en éclats, tranchés en morceaux par ma lame.

Voyant le carnage, le crocabulia se redressa enfin, cracha un long jet de flammes dans les airs, et commença à avancer vers moi. Le tremblement que faisaient ses pas confirma mon opinion sur ses capacités de vol.

Le monstre avançait de plus en plus près de moi, et je ne savais toujours pas comment j’allais opter pour l’éliminer. Mais vu la difficulté du donjon, je songeais plus à une attaque simple, rapide, et brutale : le mettre rapidement en pièce en ignorant ses coups ridicules.

Il cracha une grosse boule de feu qui me percuta de plein fouet et m’envoya valser contre un mur qui se fissura sous l’impact. Sa puissance était en effet bien plus grande que ses congénères. Ma difficulté à me relever en témoignait.

_ D’accord… je crois que je t’ai sous-estimé… Epée Volante !

Une lame apparut devant moi et fila en voletant dans les airs vers l’immense dinosaure. Pendant ce temps, je me relevais et faisais gentiment le tour de la pièce pour l’attaquer par derrière. Il était grand, fort, puissant… mais était-il malin ou bête comme ses pieds ?

Il pulvérisa mon invocation d’un coup de pattes. Immédiatement après, ma lame entailla son dos. Mais c’était très superficiel, malgré la force que j’y avais mis. Il avait la peau dure. Il se retourna, visiblement énervé, et envisagea de me faire subir le même sort que mon invocation.

_ Dérobade !

Son coup me frappa sans que je ne sente rien, et me fit simplement reculer d’un ou deux mètres. Ce sort se révélait assez pratique contre un adversaire de cette trempe.

Sans que je ne puisse réagir, la créature m’attrapa dans sa main, et me leva à hauteur de son visage. Il me lâcha d’un coup et me renvoya sa boule de feu que je reçu de plein fouet. Une nouvelle fois, j’appris à voler et à atterrir brutalement contre un mur que j’explosais à moitié. Cette fois-ci, impossible de me lever.

Je vis la bête s’avancer à nouveau vers moi, avec pour objectif de me tuer. Je devais puiser dans mes dernières forces, pour tenter une dernière chose. Une chose que je n’avais jamais réussie depuis le début de mon entraînement. D’après le maître du temps, je devais être apte à maîtriser tous les sorts du sacrieur en vue de mon expérience avancée au combat. J’en étais capable, je le savais. Il fallait que ça marche.

Arrivé devant moi, le crocabulia baissa sa tête jusqu'à croiser mon regard et s’apprêta à me brûler définitivement. Son visage face au mien, il était vulnérable si je frappais en premier. Je levais donc la paume de ma main vers sa gueule, et canalisais mon énergie sanguine, ma puissance, décuplée par les coups que j’avais reçus.

_ PUNITION !

Le monstre prit l’impact en pleine face, et fis un vol plané monumental malgré son poids sans doute gigantesque. Je me relevais, lançais une coopération pour échanger ma place avec le monstre, et l’attirais à moi. Désormais affaibli, la vue brouillée pas le coup, et les oreilles très probablement sifflantes, il ne pouvait plus rien faire que subir. Ma lame fendit l’air et lui trancha le visage en deux. La créature sombra dans les abimes de son antre.

Je repris mon souffle, épuisé par mon combat, et regrettais amèrement d’avoir sous-estimé la bête. Après quelques minutes de repos, je sortis du sanctuaire, le corps sanglant. L’eniripsa me regarda remonter avec un air stupéfait. Il ne put s’empêcher d’ouvrir une nouvelle fois sa grande bouche.

_ Eh bien, c’est surprenant que tu sois encore en vie. Mais ça m’arrange un peu. Tu es partis tellement vite que tu ne m’as pas présenté la clé du…

_ La ferme, marmonnais-je en sortant du temple.

_ Décidément… grogna-t-il avant que sa voix ne fût perdue par la distance et le vent.

Mon combat fut rude. Etais-ce un des plus puissants donjons de ces lieux, ou en existait-il d’autres encore plus compliqués que le sanctuaire des dragoeufs ? Mais ma priorité était toute autre. Ces sorts offerts par mon Dieu s’étaient révélés essentiels alors que je n’en connaissais nullement l’existence il y a une semaine de cela. Je devais apprendre à tous les maîtriser sans aucune exception. C’était probablement cela qui m’avait le plus fait défaut lors de mon combat contre le Comte. Je devais remédier à toutes mes failles, toutes mes faiblesses, si je voulais avoir la moindre chance de le vaincre.
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Dim 28 Oct - 1:36

HRP/Désolé de ne pas avoir posté de si longtemps, mais... je n'ai pas pu vous faire parvenir la suite de mon RP. Je ne m'attarderais pas sur les explications. Enjoy ! ;)/HRP

Chapitre 15 : La révélation.

Deux autres semaines d’entraînement furent nécessaires pour que je puisse désormais maîtriser tous les sorts de ma classe. J’avais enfin remédié à ma plus grande faille. Trois donjons m’avaient permis d’y remédier : Le donjon de l’abraknyde ancestral, plus si ancestral que ça après que je l’ai déraciné, d’ailleurs. Le donjon du chêne mou, qui fut un peu trop gros pour être déraciné, et que j’ai donc gentiment flambé. Et pour finir le donjon des craqueleurs, qui fut sans doute la bataille la plus irréfléchi de ma vie. C’était des coups infligés alternativement par lui et par moi, le premier qui tombait perdait. Eh bien… il a perdu.

Suite à cela, je suis allé questionner mon maître de classe à propos de frigost. Il m’a conseillé d’aller à la bibliothèque de Bonta, la cité des anges, où je n’ai rien pu trouver. En revanche, la personne qui tenait le lieu m’a été d’une grande aide. Non loin d’ici se trouvait le donjon du Maître corbac, un oiseau à la noirceur qui dépasse l’entendement. Celui-ci gardait une bibliothèque emplie d’ouvrages oubliés depuis la nuit des temps. Une mine de savoir où je pourrais sans nul doute y trouver des informations sur l’île de frigost, le Comte harebourg, ou encore le Dofus des glaces, son pouvoir, et comment y venir à bout. Je suis donc sortis de la cité par la porte est, et j’ai continué jusqu’à arriver aux portes du donjon.

_ Sinistre, comme endroit… marmonnais-je.

Cela ne m’empêcha pas pour autant d’y pénétrer. Sûrement idiot, j’y ai foncé tête baissé, ne rencontrant que de vulgaires corbacs que j’écrasais sans effort, jusqu’à ce que je me perde. Cette bibliothèque n’était rien de plus qu’un labyrinthe d’ouvrages anciens. Après quelques minutes de pause et de réflexion inutile, je poursuivis mon avancée. J’entrais alors dans une nouvelle salle qui contenait à ma grande surprise autre chose que des corbacs.

Des sortes de renards déguisés en corbacs, ainsi que de gros corbacs en cage, me faisaient face. J’entamais le combat comme à mon habitude : épée en main, et je tentais de trancher tout ce que je pouvais. Mais les renards ne semblaient pas craindre le feu. Et ces saletés de bestioles faisaient tout pour encaisser à la place des gros corbacs en cage.

Or, ceux-ci ne restaient pas passifs. L’un d’eux m’attira à lui sans que je ne puisse rien faire, et me repoussa d’un coup, m’envoyant contre un mur que j’explosais, atterrissant dans une autre salle en faisant un joli glissage dans la pièce, et faisant voler des pages de vieux grimoires dans tous les sens.
Sans un mot, et comme si rien ne s’était passé, je me redressais et fit jaillir le sang de mes mains avant de lancer une attirance qui ramena à moi un corbac apprivoisé. Alors que ce dernier poussait d‘affreux croassements, j’écartais les barreaux de la cage avant d'y glisser mon pied. Je frappais plusieurs fois du pied du sacrieur pour éclater le volatil au fond de sa cage. On entendait ses os se briser et son sang s'écouler le long des barreaux avec un fond sonore de chaire malaxée semblable au bruit d'une pomme écrasée par un marteau. Quand j’eu fini avec ma victime, je retirais mon pied ensanglanté de la cage avant de balancer cette dernière et son contenu au fond de la salle. Je vis alors une jeune fille qui me regardait d’un air assez étonné. Malgré son âge apparent, elle ne semblait guère écœuré du carnage. Je jetais alors un coup d’œil à mon épée, dissimulée sous les débris, et la fis disparaître. Je n’avais pas l’intention de révéler à quiconque mes origines. Je regardais la jeune fille et dis sereinement :

_ C'est plus amusant à écraser que ces corbacs nains.

Elle n’eut pas l’air de savoir quelle réaction adopter. Finalement, elle répondit :

_ Effectivement, c'était une victoire écrasante et tu y as pris ton pied... Comment te nommes-tu ?

_ Aldwin.

Elle sembla perplexe quant à ma froideur.

_ Moi c'est Natsua, tu es là aussi pour le Maître Corbac ?

_ Le boss de ce donjon ? Demandais-je. L'éclater me permettrait de me faire un peu la main. mais je suis principalement ici pour trouver des ouvrages sur l'île de frigost.

_ Ah intéressant, j'ai aussi besoin d'information sur quelques personnes, un bout de chemin ensemble pour se faciliter la vie ne me semblerait pas déplaisant, qu'en dis-tu ?

_ Disons que j'suis un peu largué dans ce labyrinthe. À deux, on aura peut-être plus de chance de trouver ce maudit corbac.

Natsua sourit. Je me demandais ce qu’elle allait valoir en combat en vue de son âge qui me semblait un peu faible.

_ Alors allons-y ! S’exclama-t-elle.

Elle me tendit sa main. C’était sans nul doute la première fois que quelqu’un se montrait si affectueux envers moi. Mais mon cœur était devenu de pierre. Je fis comme si je n’avais pas vu sa main et avançais vers le trou béant que j’avais crée en disant :

_ Les monstres semblaient plus coriaces par ici. Je pense donc que reprendre de la salle d’où je viens serait la meilleur idée.

- Mh... c'est vrai que les boss ne rendent jamais les choses faciles pour les aventuriers. Raisonnement logique, je te suis ! S’exclama-t-elle d’un ton joyeux sans sembler vexée que je n’ai pas pris sa main.

Nous retournâmes donc sur mes pas. Les monstres qui s’y trouvaient précédemment n’y étaient plus. Cela m’étonna, mais je n’en dis rien. Natsua poussa la porte qui devait mener à une autre salle. Celle-ci était identique en tout point à la précédente, hormis que les renards étaient remplacés par des espèces de hiboux avec un sac sur le dos.

_ À mon tour de jouer ! S’exclama Natsua.

J’étais impatient de la voir à l’œuvre. Elle sortie deux dagues qu’elle lança habilement sur les cages des deux corbacs apprivoisés. Celles-ci volèrent en éclat, laissant les deux piafs tomber sur le cul avec des airs étonnés. Ça m’éviterait d’avoir à les écartes à la main. Je fonçais vers les deux corbacs désormais à découverts tandis que Natsua s’occupait des deux hiboux. Elle tenta de les trancher de ses dagues, mais celles-ci rebondirent sur leur plumage. Ils s’étaient joliment endurcis d’un sortilège juste avant que la jeune fille ne frappe.

_ Je vois… murmura-t-elle.

Elle sortie deux bombes de son sac qu’elle fit rouler derrière elle, avant de se décupler en quatre. C’était bien quatre jeunes filles que je voyais dans des positions invraisemblables. Les hiboux se jetèrent sur l’une d’elle, la mettant en pièce. Mais elle disparu dans un souffle. Ils firent de même avec une seconde. Puis avec une troisième. Enfin, il n’en reste plus qu’une, positionnée au milieu de ses bombes. C’était elle, la vraie.

_ Surcharge ! Kaboom ! Cria-t-elle.

Une fois les deux buveurs arrivés près d’elle, elle fit exploser ses bombes… alors qu’elle était encore en plein milieu ! Un épais nuage de fumée envahit la pièce, et des pages à moitié calcinées volèrent dans tous les sens. Enfin, je pu voir Natsua debout au milieu des deux hiboux déplumés et à moitié sans chaire. Il ne restait d’eux que poussière, os, et sang répandu dans toute la pièce, du sol au plafond.

J‘écrasais quant à moi le premier corbac qui finit au sol en baignant dans son sang, puis je me mis à marteler le second avec sa cage, m‘en servant comme d‘une arme. Quand j’eu fini de me tacher du sang de mes victimes, je jetais violement la cage avant de me retourner et de voir Natsua qui me dévisageait.

_ Quoi ? Demandais-je étonné.

La jeune fille poussa un soupir.

_ Rien, c'est juste que... ton ardeur au combat est vraiment digne de celle d'un disciple sacrieur. Continuons.

La roublarde prit l'initiative d'ouvrir une nouvelle fois l’une des portes pour changer la salle. Alors qu'elle s'apprêtait à la franchir, elle la referma aussitôt, légèrement paniquée.

_ Il est... derrière. On établit un plan d'attaque ? On le dit terriblement puissance au corps à co...

Je décalais aussi gentiment que je le pus la roublarde sur la gauche avant d'enfoncer la porte d’un coup de pied. Sans aucun moment de réflexion, je lançais une attirance sur Horace le corbac apprivoisé qui se trouvait aux côtés du Maître Corbac. Même technique que précédemment utilisée, j’écartais les barreaux avant de l'écraser violemment au fond de sa cage avec mon pied.

_ Commencez à m’souler avec vos cages !

Quant j’eu fini mon massacre, je secouais impulsivement mon pied pour dégager la cage qui roula le long de la salle en laissant une traînée de sang derrière elle.

Kapotie le buveur, un autre garde du corps du boss, montra le bout de son bec pour voir la situation.

Natsua lança aussi tôt ses dagues pour lui trancher la gorge et lui porta le coup de grâce d'une rapide et précise espingole à la tête, sans que ce dernier ait le temps de faire quoi que ce soit. J’étais de plus en plus impressionné par la jeune fille qui maîtrisait l’art du combat à la perfection… surtout pour son âge.

Le Maître Corbac daigna alors tourner la tête en direction de nous deux.

_ Je suis à vous dans quel que minutes, croassa-t-il. Carapaces d'Ailes !

Le Maître Corbac garda son livre à la main et s'enveloppa dans ses sombres ailes.

Enfin, le dernier garde du corps se montra, Rono le Renarbo. Je m'en chargeais directement à l'aide d'une attirance. Ce dernier, à cause du sang sur le sol et de ses échasses, perdit l'équilibre et tomba à terre tout en continuant d'être attiré. Il s'encastra violemment dans une table de la pièce et gémit de douleur. Je m’élançais brutalement vers lui, sautais sur la table avant de me propulser encore plus haut et de retomber lourdement sur ma victime en lui enfonçant la cage thoracique avec mon poing.

_ Tellement... radicale.

Entraîné par l’adrénaline du combat, et étant quelques peu pressé d’en finir de combattre des adversaires aussi insignifiants, je m'élançais sur le Maître Corbac pour y abattre un puissant coup de poing. Au moment de l'impact, un flash blanc m’illumina, retournant l'énergie de mon attaque contre moi-même. Ceci eut l'effet de me repousser violemment à l'autre bout de la pièce où je finis encastré dans le mur après avoir pulvérisé une étagère sur ma trajectoire, non sans douleur. Il m’avait assez énervé…

La roublarde demanda d’un air inquiète :

_ Oh misère, sa va !?

Je me relevais en titubant.

_ La routine pour un sacrieur… il ne fait qu'attiser ma colère et décupler mes forces en m’infligeant des blessures. Néanmoins, mieux vaut ne pas l'attaquer tant qu'il est dans cet état. Je ne suis pas non plus immortel.

J’essuyais une goute de sang qui s'écoulait de ma bouche avec mon avant bras.

Le Maître Corbac, lui, sorti enfin de ses ailes, munit d'une faux.

_ Je range ce livre et je m'occupe de vous, promis.

Je vis alors que la roublarde tentait de regarder le manuel du Maître Corbac. En effet, cela aurait pu être un des livres qui nous intéressaient. Mais…

_ La...La sexualité chez les Corbacs !? S’écria-t-elle abasourdie.

_ Tu comprendras ça un jour... Alors ? Vous voulez une cape fulgurante ? Un Clakoss ? Accéder à ma bibliothèque aux milles secrets ? ou vous trouvez marrant de vous suicider de cette manière ?

La roublarde et moi restâmes perplexes face au comportement du boss.

_ Je l'imaginais plus sérieux et plus impliqué... Marmonna-t-elle.

_ C’est… ridicule.

Un éclat jaune se mit à luire dans les yeux du boss.

_ Venez ! Cela fait bien trop longtemps que je n'ai pas eu un challenge digne de ce nom ! Sanction Ténébreuse !

Une aura azure enveloppa sa faux, ce qui me semblait être mauvais signe. Le Maître Corbac se déplaçait rapidement, de manière éthérée, sans aucun bruit, et se rapprocha dangereusement de Natsua.

Cette dernière saisit 3 bombes qu'elle s'empressa de lancer sur la silhouette effrayante qui s'approchait d'elle.

_ C'est tout...?

D'un coup de faux, les bombes furent tranchées en l'air et explosèrent. Le boss sortit du nuage de fumé sans aucune égratignure et alors qu'il allait abattre sa faux pour trancher la jeune fille en deux, un lien de sang s'accrocha à lui.

_ Attirance ! Viens jouer avec moi !

Prit de vitesse, le Maître Corbac se laissa traîner sur quelque mètres avant de trancher le lien de sang avec sa faux.

_ Très bien, je vais m'occuper de toi en premier.

Alors que le boss s'élançait, je lançais mes châtiments en vitesse. Une fois au corps à corps avec le Maître Corbac, j’invoquais mon épée volante qui fut immédiatement tranchée en deux. Le Maître de ces lieux se mit à mouliner avec son arme pour m‘ouvrir promptement le ventre, mais j’évitais chacune de ses attaques. Du coin de l’œil, je vis Natsua préparer des bombes.

Je passais alors à l’offensive, envoyant coup sur coup au Maître Corbac : des pieds du Sacrieur, Dissolution, Assault, Absoption ou encore Furie, tout en esquivant sa faux. Malheureusement, mes attaques semblaient inefficaces contre le boss. Je finis par être touché par un des coups de son arme, ce qui m’entailla une bonne partie du corps dans un geyser de sang et augmenta considérablement ma puissance grâce aux châtiments. Mais la douleur restait présente. Néanmoins, un sourire se dessina aux coins de mes lèvres. Il m’avait sérieusement énervé. J’esquivais encore une attaque du Maître Corbac avant de lui asséner un coup de pied bien dévastateur dans le ventre.

Ce dernier prit de recul pour récupérer son souffle.

_ Quelle ardeur...

Le Maître Corbac battit des ailes ce qui fit apparaître un corbac qui retira mes châtiments. La malheureuse invocation disparue aussi tôt sous le coup d'une espingole de la roublarde en éclatant en une pluie de plumes noires et de sang. D'ailleurs, elle avait finit de poser ses bombes et s'était élancée sur le boss, sa fausse griffe du Ceangal à la main.

Le Maître Corbac se retourna et vit Natsua, ce qui l'empêcha de mener une attaque surprise. Il se mit à l'attaquer avec frénésie. Cette dernière écumait une pluie de coup. La faux tranchait tout : le sol, les meubles, les murs, tout. Un bruit métallique retentit aussitôt. Natsua avait parer l'attaque en bloquant le coup avec son épée en retenant la faux par son manche. Cette petite m’impressionnait.

_ Tu as compris que seulement la lame tranchait...? Bigre, les aventuriers sont de moins en moins sots.

_ Et en plus tu te paies le luxe de te foutre de nous ! Grogna-t-elle.

Je fis alors le tour du boss, arrivant derrière lui pour lui porter une attaque. Sentant le mauvais coup venir, le Maître Corbac dégagea une force extraordinaire et tourna sur lui même dans un terrible balayage avec sa faux qui blessa les deux protagonistes.

_ Cette fois, tu m‘as mis hors de moi ! Hurlais-je en sang.

Je me relevais d’un bond et m’élançais agressivement sur le Maître Corbac tout en lançant une attirance. Je ne contrôlais plus mes mouvements.

Il se produisit la même chose qu'avant , c’est-à-dire que le boss sectionna rapidement le lien de sang, mais cette fois-ci, le Maître Corbac étant prit dans son élan, j’avais une belle ouverture pour porter mon coup favoris :

_ PUNITION !

Le sort produisit une violente explosion due à ma violence et à ma colère. Alors que le Maître Corbac reprenait à peine ses esprits de cette attaque dévastatrice, la roublarde se plaça devant lui.

_ Libération !

Elle repoussa le monstre sur ses bombes.

_ Dernier souffle!

Elle frappa du pied, provoquant une impressionnante implosion noire qui boosta ses bombes.

_ Détonation !

Elle fit apparaître son détonateur et le déclencha en appuyant dessus avec son pied. L'explosion des bombes fut terrible et démolit complètement la moitié de la salle. Alors qu'un nuage de déchet, poussière et fumée obscurcissait la salle, un battement d'aile dispersa le tout...dévoilant le Maître Corbac sacrément amoché mais en vie.

_ BWAH HA HA HA HA HA HA !!! Bien joué ! Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusé ! Alors, que voulez- vous !?

Dépités par la résistance hors norme du boss, nous répondîmes en chœur :

_ La bibliothèque !

_ Que votre requête soit exaucée ! Virgil, montrez leur le chemin !

_ Bien Maître. suivez-moi vous deux.

Le vieux hiboux nous emmena dans une salle à l’arrière de celle où nous venions de combattre. Dans celle-ci, il n’y avait que peu d’ouvrages. Mais tous semblaient d’une ancienneté surprenante. Je ne pus m’empêcher de vouer une admiration à la pièce. Avec soin, je déplaçais les grimoires, et je vis Natsua faire de même. Je trouvais alors ce qui m’intéressait plus que tout.

Nous passâmes un bon moment dans la bibliothèque. Sur le vieux livre que j’avais trouvé, ma plus grande découverte fut telle que je ne pu m’empêcher d’hurler :

_ Il y en a huit !?

Natsua me regarda d’un air interloquée, mais ne posa pas de questions. Le Comte lui-même s’était trompé. Ou m’avait-il menti ? Il n’y avait non pas sept enfants des flammes, mais huit. Qui était alors le huitième ? Était-il en vie ? Cette information m’apportait plus de questions que de réponses… et je ne trouvais pas grand-chose d’autre que l’histoire que nous connaissions tous à frigost. En revanche… un petit bout de papier se trouvait tout à la fin du grimoire. Dessus y était écrit à l’encre noir : « Si tu peux me lire, viens. » en dessous rougeoyait une adresse. C’était comme si les lettres étaient faîtes de flammes. Étais-je le seul à pouvoir le voir ?

_ Impressionnant…

_ Qu’est-ce qui est impressionnant ? Demanda Natsua en sortant le nez de ses bouquins.

_ Que j’ai sans nul doute trouvé le chemin qui me mènera à ma gloire ou ma mort.

_ Tu es bien mystérieux… mais je doute fort que tu mourras. Un amis m’a dit une fois : crois en tes rêves et ils se réaliseront.

Je ne pus m’empêcher de sourire. Un faux sourire, bien évidement.

_ Mes rêves sont morts depuis longtemps, jeune fille. C’est tout ce que je ne te souhaite pas. Je me bats par pure envie de vengeance. C’est tout ce qui m’anime. Je dois y aller. J’ai trouvé ce que je suis venu chercher, et le temps presse sans doute. Au plaisir de te revoir. Combattre à tes côtés fut une expérience des plus agréables que je n’oublierais jamais.

_ Ce fut agréable pour ma part aussi, bonne continuation à toi, mais pense tout de même à t'offrir du bon temps !

_ Le temps me fait défaut… bonne continuation à toi aussi.

Et sur ces mots, je sortis de la bibliothèque, laissant certainement à jamais Natsua. L’adresse se trouvait à frigost, et je doutais fort de la croiser là-bas. Surtout que tout se finirait là-bas.

_ Crois en tes rêves et ils se réaliseront… les chimères n’existent pas. Marmonnais-je d’un ton glacial.

Puis je pris la direction du temple sacrieur pour y faire une halte avant de retourner sur mon île natale en finir une bonne fois pour toute.


HRP/Voilà ce que donne le duo Natsua/Aldwin. On aura bien rigolé, même si on a bossé de 21h à 03h37 (02h37 vu qu'on gagne une heure, mais on a bossé 6h37 là dessus, nom de Zeus !) J'aurais voulu faire un duo avec Enuor histoire que ça fasse un joli p'tit trio, mais je doute fort qu'il ait la place pour un épisode multi... et je ne pense pas l'avoir non plus x)
Sinon, cet épisode est censuré. Pour obtenir la version non censurée, où Natsua se fait violer par Dagran avant d'entrer dans le donjon, où elle se prend la faux du Maître Corbac dans le c**, et où Aldwin la viole (avec consentement de Natsua bien sûr, ce qui n'est en soi plus un viol) suite à sa réplique "mais pense tout de même à t'offrir du bon temps !", merci de me faire la demande par MP et de m'envoyer votre carte d'identité pour certifier votre majorité. Merci de votre compréhension !
Et sinon, ce message me fait devenir le premier posteur du forum ! J'ai enfin dépassé Araucaria ! Moi, un floodeur ? Jamais ! ;)/HRP
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Aldwin
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Dim 28 Oct - 13:55

Chapitre 16 : Le retour.

En vue de mes blessures, je dû me reposer trois jours pour pouvoir être apte à reprendre la route. Une fois ceci fait, je pris la direction du port. Je ne me rappelais pas que la route était si longue. Après ce qui me sembla être des heures de marche, je fis une pause en m’adossant contre un arbre, en bord de mer. L’odeur salée de celle-ci me montait aux narines, tout comme le bruit languissant et monotone des vagues montait à mes oreilles. Le soleil me tapait violemment dessus. Il ne me fallut que quelques secondes pour m’endormir.

Un hurlement de rage me sortit de ma rêverie. J’ouvris les yeux. Le soleil brillait encore fort, et des monstres en tous genres prenaient la fuite. Quelque chose approchait. Je scrutais l’horizon et vis un squelette aux yeux rougeoyants marcher à grand pas, faisant voleter sa cape en lambeaux dans son dos. Son regard croisa le miens, et il s’arrêta. Soudain, il disparu. Je reconnus là l’œuvre d’un sram, et avant de n’avoir pu faire quoi que ce soit, une dague se pressa sur ma gorge.

_ Je lis dans tes yeux ce que je lis dans les siens : la soif de vengeance. Qui es-tu, sacrieur ?

_ Demanda-t-il sa dague contre ma gorge… marmonnais-je. Épée volante ! Transposition !

Dégagé de ma soumission, je me retournais face au sram. Mon épée n’était déjà plus que poussière.

_ Oh… tu veux te battre ? Intéressant.

Je le vis alors invoquer des pièges. Où les avait-il placés…

_ Un sacrieur est si simple à abattre pour moi.

Peu m’importait. Je fonçais tête baissée et à ma grande surprise ne reçu aucun dégât. Ce n’est qu’au dernier moment que je compris : il s’était entouré de pièges, pensant que je lancerais une coopération. Je déclenchais alors un piège de masse qui nous fit faire à tous les deux un vol plané, dans un atterrissage douloureux.

_ Merde… je te croyais intelligent… marmonna le sram en se relevant.

_ C’est bien mal me connaître, grognais-je en réponse. Qui es-tu ? Demandais-je. Et de qui parles-tu en disant « les siens » ?

_ C’est une question que je t’ai déjà posée et à laquelle tu n’as pas daigné répondre.

_ Avec une dague sous la gorge, ça ne risquait pas… Je m’appelle Aldwin.

_ Enokoji. Mais ce n’est pas ton nom que je te demande. C’est ton histoire.

_ Elle ne regarde que moi.

_ Mais c’est qu’il a de la répartie le sacrieur… Dagran, murmura-t-il en sortant une paire de dague de sous sa cape.

_ Que ferais-tu sans moi… marmonna la dague.

Une arme qui parle. Jamais je n’aurai cru voir ça de ma vie. En revanche, elle semblait bien plus puissante que les armes standards. Sûrement pas aussi puissante que mon épée. Mais je refusais de la montrer à qui que ce soit… sauf si les circonstances l’obligeaient. C’était le cas.

Je parais son coup sous son regard interrogateur.

_ Mais que voilà… si c’est une épée ordinaire, je veux le nom du forgemage.

À ma grande surprise, il rangea ses dagues et me regarda dans les yeux.

_ L’as-tu rencontrée ?

_ Qui ça ?

_ Natsua.

Comment pouvait-il deviner cela rien qu’en me regardant, et comment une si jeune fille pouvait connaître une abomination pareille.

_ Oui.

Une lueur de bienveillance illumina son regard, avant que celui-ci ne redevienne aussi rougeoyant qu’auparavant.

_ Je ne sais pas qui tu es, mais vous avez au moins un point en commun : la vengeance vous anime. Méfie toi. Elle ne mène qu’à la mort.

_ Peu m’importe la mort, répliquais-je.

Il y eu un moment de pause, avant qu’il ne demande :

_ Où l’as-tu rencontrée ? Va-t-elle bien ?

_ Elle va bien, oui. Elle était dans le donjon du Maître Corbac quand je l’ai vue, mais elle peut être n’importe où désormais.

_ Oh, je ne la cherche pas. Si tu es son ami, je n’ai nulle raison de te combattre. Passe donc ton chemin, Aldwin, et puisses-tu accomplir ce que tu souhaites. Ton regard étincelant en dit long sur tes souffrances.

_ Souffrance et sacrieur est un pléonasme, répliquais-je en partant. Bonne route à toi, étrange sram.

« on croise de drôles de personnes par ici… » pensais-je. Je repris alors ma route vers le port, réalisant avec stupeur que si je n’avais pas rencontré la roublarde il y a trois jours de cela, j’aurais combattu ce sram qui aurait eu de grande chance de me tuer. La chance était-elle avec moi ?

Mon bateau étant encore amarré au port, et mon voyage étant sans difficulté, je me dis que c’était sans nul doute le cas. Pour une fois, ma bonne étoile me souriait… ou pas.

Quelques temps plus tard, j’avais les pieds sur le port de l’île… et des armes pointés de partout sur moi.

_ C’est lui ! C’est lui, j’en suis sûr !

Je reconnus là un des hommes qui m’avait vu massacrer les bandits dans mon bateau, en partant pour le grand continent. Je n’avais pourtant rien fais de mal…

_ C’est lui qui a tué mon fils !

Dans ma tête, deux seuls mots résonnèrent : « et merde. » j’étais dans une situation délicate… ou pas, en y réfléchissant bien.

Je sortis mon épée, provoquant ainsi les miliciens, qui me sautèrent dessus.

_ Coopération !

Je me retrouvais à la place d’un garde tandis que celui-ci se faisait déchiqueter par ses compagnons qui n’y avaient vu que du feu. Immédiatement, je pris mes jambes à mon cou. Je n’avais pas le temps de traîner.

Je quittais rapidement la cité, n’ayant à tuer que deux misérables miliciens en chemin. Enfin, j’arrivais à l’adresse inscrite en flammes sur mon bout de papier. La bâtisse était petite et semblait en piteux état. J’ouvris doucement la porte qui tomba par terre en faisait voler de la poussière. Elle avait visiblement été dégondée. Je sentais que je ne trouverais rien de plus ici que des toiles d’araignées. J’avais tort.

Quatre ombres du Comte Harebourg identiques à celles que j’avais précédemment combattu avec mon compagnon iop se tenaient face à moi.

_ Quelle idiotie. Tomber dans un piège aussi bête que celui-ci… Les ombres sont partout et ne t’ont pas quitté des yeux. Il a suffit de glisser ce papier que toi seul pouvait lire avant que tu n’entres dans la bibliothèque. Si nous ne souhaitons pas être vue, personne ne nous voit.

Mes yeux lancèrent des étincelles.

_ Peu importe. Je n’ai qu’à vous massacrer et continuer ma route qui mettra fin à cette malédiction ainsi qu’à mes souffrances, grognais-je en dégainant mon épée.

_ Tu as beau avoir fait des progrès, enfant des flammes, tu n’arriveras jamais à la cheville de notre glorieux Maître.

_ Alors il me suffira de sauter pour lui trancher les jambes, et une fois à terre, il sera à ma portée.

Les ombres ne semblèrent pas bien comprendre mon image. Je mis donc un terme à leur réflexion en faisant danser ma lame enflammée.

_ Je n’ai pas le temps. Alors venez !

Sans se faire prier, les quatre ombres foncèrent vers moi en même temps. Que le Comte Harebourg se prépare. Mon expérience et ma rage étaient à leur apogée.
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Sam 3 Nov - 17:23

Chapitre 17 : La détermination.

Je me mis en position défensive. C’était quatre adversaires, et de taille, que j’affronterais en même temps. Je ne pu parer que deux coups, tandis que les épées des deux autres ombres m’entaillèrent la chaire.

_ Dissolution !

Mes ennemis volèrent tous dans les airs, et mes plaies guérirent soudainement. Je décidais alors de me concentrer sur une seule ombre, au hasard, et de la massacrer le plus rapidement possible. Je ne tiendrais jamais contre quatre adversaires à la fois.

J’enchaînais les coups d’épée, faisant reculer l’ombre pendant que ses trois camarades se relevaient. Mais elle parait tous mes estocs. Enfin, je fis voler son arme dans les airs, et lui plantais ma lame dans le crâne, la faisant se volatiliser dans un nuage de vapeur noire.

Je me retournais d’un coup pour voir de l’acier foncer vers ma tête.

_ Coopération !

L’ombre trancha son compagnon à ma place, lui faisant subir le même sort que celle que je venais de tuer. Il n’en restait plus que deux. J’invoquais alors mon épée volante, équilibrant ainsi un peu plus le combat. Celle-ci fila harceler une des ombres, me laissant l’occasion d’affronter l’autre en un contre un.

_ Tu ne fais que gagner du temps avant ta mort, Aldwin Ezekief, enfant des flammes ! Siffla-t-elle.

_ En effet… c’est exactement ce que je fais, et j’en suis bien conscient.

Ma lame fendit l’air pour frapper à répétition mon ennemi qui fut forcé de reculer jusqu’à se retrouver contre un mur. Mon épée traversa sa tête ainsi que le mur, le faisant exploser dans le nuage de vapeur noir que créa sa mort.

_ Transposition !

Immédiatement, je pris la place de mon épée volante pour me retrouver face au dernier chien du Comte. Ma lame lui traversa le visage, le tuant sur le coup de la même façon que les trois autres.

_ Je me suis fais avoir comme un débutant. Mais peu importe… marmonnais-je pour moi-même.

Je m’assis alors contre un mur délabré et pris un moment pour réfléchir. Étais-je prêt à l’affronter ? M’étais-je assez entraîné pour cela ? Étais-je assez déterminé ? Oui. Déterminé, je l’étais. Et prêt… peu importe si je l’étais ou pas. La souffrance était trop grande en moi pour que je puisse continuer à vivre de la sorte. J’avais tout perdu. Ce monstre m’avait tout pris. Il avait pris mes rêves. Il avait prit mon bonheur. Il avait brisé mes espoirs. Il m’avait déshumanisé. Je n’étais plus qu’un animal. Un animal blessé. Et c’est quand un animal est blessé qu’il est le plus dangereux. J’étais un monstre emplie de noirceur. Je pouvais encore me contrôler un minimum. Mais bientôt je ne le pourrais plus. Bientôt je me libérerais, et je le tuerais de mes mains. Je le ferais souffrir comme il m’a fait souffrir. Je vengerais tous ceux que j’aime et qu’il m’a arraché. Je ne serais satisfait qu’une fois que son sang coulera sous mes yeux, que la peur de la mort illuminera son regard. Il aurait mieux fait de veiller à ce que je sois mort.

Résigné, je me relevais après avoir fais un grand vide dans ma tête et avoir passé quelques minutes à regarder dans le vide, rendant mon regard vitreux. Je pris mon épée enflammée que je regardais avec grand intérêt. C’est elle qui perforerait son cœur. C’est elle qui ferait couler son sang et qui me donnerait cette satisfaction que j’attendais tant. J’étais un loup blessé et assoiffé de sang, et cette lame offerte par Jiva était mes crocs, mes griffes. Et je lacérerais à mort ce Comte ignoble.

Résigné, je sortis de la tour, et ma surprise fut de taille. Les miliciens de Frigost m’avaient suivis jusqu’ici et encerclaient le bâtiment. Je ne pouvais les compter. Ils devaient être une centaine ? En tout cas, les bougres étaient bien armés, et avaient fais attention à laisser des miliciens en retrait qui étaient trop loin pour que je puisse effectuer une coopération, et donc, pour que je puisse fuir. Le combat était inévitable.

Une pensée traversa alors mon esprit. Ces hommes étaient innocents. Ils n’avaient rien fais. Ce n’étaient ni des monstres ni des assassins tels que le Comte Harebourg. Ils n’avaient rien fais qui méritait la mort…

Je pointais ma lame vers eux.

_ Dégagez de mon chemin. Vous avez affaire à un monstre si noir que votre imagination serait incapable de le concevoir. Barrez-vous !!! Hurlais-je.

Epée en main, je fonçais dans le tas, la rage au ventre. Peu m’importait qui ils étaient. J’étais une ombre, et les ombres sont égoïstes. Que leurs femmes et leurs enfants souffrent comme j’ai souffert.

Une lueur rouge sang illumina mon regard.
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Lun 5 Nov - 19:07

Chapitre 18 : La dualité.

Leur regard était mauvais. Ces miliciens voulaient avidement ma mort. Ma lame fendit l’air et frappa celle de l’un d’eux, le désarmant. Il croisa mon regard et la peur se lit dans son regard. Il recula maladroitement tandis que deux autres prenaient sa place. Un pied du sacrieur les repoussa en les désarmant et en les mettant à terre. Un autre milicien me sauta dessus. J’esquivais et le mit au tapis d’un violent coup de poing. Alors, j’entendis quelqu’un crier par-dessus la cohue :

_ Il est armé mais ne cherche pas à nous tuer ! Profitez-en, n’hésitez pas : abattez le !

Après tout, je n’étais peut-être pas un monstre. J’étais encore doté de sentiments humains.

_ J’épargne vos vies pour vos familles, car vous et eux ne méritez nulle souffrance. Mais ne me forcer pas à vous tuer. Dégagez !

Cette humanité qui était mienne, je ne pouvais pas la supprimer, et elle était ma faiblesse. Elle était ancrée en moi et peu importe mon regard, peu importe mes actes, peu importe mes dires, peu importe ma haine, elle faisait partie de moi.

Les miliciens foncèrent vers moi dans le but de me tuer. Ils m’y obligeaient… ils ne me laissaient pas le chois… d’un coup d’épée, je leur ouvris tous le ventre, les laissant baigner dans leur sang. Des larmes roulèrent de mes joues. Je venais sans nul doute de priver des enfants de père et des femmes de maries. Je venais de tuer des innocents qui n’avaient rien demandé à personne.

_ Abrutis ! Vous m’y forcer ! Vous vous tuez tous seuls ! Dégagez ! Hurlais-je.

La stupeur se fit d’abord sentir dans leur regard, suivie d’une once de pitié de par mes larmes… et d’effroi lorsque d’un hurlement de rage, je me frayais un chemin en brisant crâne, perforant cœurs, déchiquetant membres, tranchant peaux… le tout au milieu de mes larmes. Apeurés, ils hésitèrent. J’étais assez près. Je saisis ma chance.

_ Coopération !

Je pris la place d’un milicien en retrait, er pris la fuite. Mes pas se taisaient dans la neige que je colorais de sang sur mon passage, ayant marché dans celui des innocents que je venais de tuer. Des cris tels que « poursuivez-le » ou « occupez vous des blessés » se firent entendre, puis s’atténuèrent, laissant place au silence rompu par les bruits sourds de ma course que je freinais petit à petit.

J’étais au milieu de la neige. Mes larmes s’étaient congelées par le froid de la nuit désormais tombée. Et j’étais fatigué. J’étais las de ce combat. J’étais las de vivre. Je levais la tête vers le ciel noir teinté de bleu éclairé par de nombreuses étoiles. C’était beau. J’avais froid.

Je me mis alors un coup de poing pour me réveiller à moi-même. Rien n’était beau en ce bas monde. Rien n’était vrai, rien n’était sincère, rien n’était pure. Tout n’était que noirceur, mal, souffrance... Et j’avais suffisamment enduré le froid de cette île immonde pour ne plus le ressentir.

_ Abruti… comme si tu étais encore humain… qu’ils crèvent, marmonnais-je à ma propre intention.

Puis je réalisais que je parlais seul. Étais-je en train de devenir fou ? J’avais peur… non, ce n’était pas de la peur. C’était un désir profond de mort. La sienne, et la mienne. Je repris ma marche d’un pas ferme et décidé. Le seul soucis que j’avais, c’était que dans cette nuit noire, mes repères étaient quasi-nuls, et que je ne retrouvais plus l’entrée du souterrain pour pénétrer dans les mines menant au château du compte. Et peu importait l’avalanche de pierre qui bloquait le chemin : je les exploserais.

Je marchais encore un long moment, jusqu’à entendre des cris et voir des lumières, à ma gauche. Les miliciens me traquaient. Mon cœur se mit à battre la chamade… quel cœur ? Je n’avais plus de cœur. La seule raison pour laquelle je n’affronterais pas ces rats était que j’avais plus important à faire.

S’ils venaient de ma gauche, donc du village, c’était que l’entrée de la mine devait se trouver sur ma droite. Je pris donc cette direction.

Je regrettais que Lélia ne soit pas là. Elle aurait pu me guider, étant donné qu’elle connaissait le chemin, et elle aurait pu me redonner espoir. Mais… elle n’était plus là, parce que je n’avais pas su la protéger quand cette ordure me l’avait arrachée. Je le haïssais. Je le haïssais au plus haut point.

_ Marcher sans rien faire me fait réfléchir… c’est pas bon du tout. Je pense trop. Et puis je parle encore seul… mais je suis fou ! Criais-je en donnant un coup de poing dans le sol.

Je restais quelques secondes dans cette position, sans penser à rien, sans rien ressentir. Ça faisait du bien, de ne rien ressentir. Mais cet état d’extase me fut arraché par de nouveaux cris à ma droite.

_ Il est là !

Les miliciens venaient de me retrouver. Malgré moi, j’hésitais. Les tuer ? Prendre la fuite ? J’étais face à un dilemme intérieur qui durait depuis un bon moment déjà en moi et me rendait faible. C’est alors que la lueur de leurs torches illumina les alentours petit à petit, révélant face à moi un trou. L’écriteau où était écrit « interdiction d’entrée » était là, et me permit de reconnaître l’endroit. Je le fis voler en éclat d’un coup de poing et descendis l’échelle sans prêter attention aux miliciens.

Ils ne me suivirent visiblement pas, mais une torche tomba bien peu de temps après le début de ma descente, m’éclairant ainsi gentiment le passage. Ils devaient vouloir calculer la profondeur. Comme la première fois, je ne pus définir la durée de mon trajet, et le mouvement répétitif que j’effectuais me donnait l’impression d’être une machine programmée pour faire ce geste là et rien d’autre. Mais à peine cette idée me traversa-t-elle l’esprit que je posais les pieds sur le sol glacial des mines. Je ramassais la torche tombée par terre, et regardais au loin devant moi.

J’y étais.
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Aldwin
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Jeu 15 Nov - 16:06

Chapitre 19 : L’élancée.

Après quelques minutes de marche, je me retrouvais face au mur de débris causé par ma lame lors de mon dernier affrontement avec le Compte. C’était là qu’elle était morte. Derrière moi, j’entendais les bruits de pas des miliciens qui m’avaient visiblement suivis et se rapprochaient inexorablement. Deux options s’offraient à moi : la première était de créer le plus silencieusement possible une brèche, ce qui serait long, sans aucun doute assez pour qu’ils me rattrapent. La seconde était de faire rapidement mais très bruyamment une brèche, ce qui leur permettrait de me localiser aisément et les encouragerait à accélérer leur course. Dans les deux cas, le combat était inévitable.

Je sortis ma lame et frappais le mur de toute mes forces, le faisant voler en une multitude de débris dans un brouhaha assourdissant. Immédiatement, des cris retentirent dans mon dos, mais je ne pu reconnaître les paroles prononcés. Avec un peu de chance, ils auraient peur et resteraient en retrait un court instant. Mais la chance n’était pas de mon côté dernièrement.

Le nuage de fumée se dissipa, et je vis alors une dizaine de bworks qui me faisaient face, armes à la main.

_ Décidément, c’est une manie de mettre des bworks dans ces pseudos mines… grommelais-je.

_ Nou pa bwork. Nou umin. Nou transformè pare conte arbour. Luy libairé nou si nou gardai cette androi.

_ Pardon ? Mais… C’est possible de faire ça ? Demandais-je abasourdis.

_ Ui. Toa pa pouvoare pacé, si non nou pa umin aitr a nouvo.

_ Vous être peut-être humain, mais vous êtes aussi idiots que de vrais bworks. Cet homme, que dis-je, ce monstre, n’a aucune pitié. Il ne vous libérera jamais. Dégagez de mon chemin. Moi, je vais vous libérer, en l’éliminant.

_ Nou pa pouvoare.

_ À votre guise, dis-je dans un rictus.

Leur apparence bwork et non humaine me permettrait de les tuer aisément, sans m’en repentir autant que pour les miliciens. Le chaos commença. Bien évidement, ces piètres créatures ne pouvaient pas faire grand-chose face au pouvoir de ma lame. Je pris l’initiative de l’attaque en tranchant la tête de l’un d’eux, mais cela n’arrêta pas leurs ardeurs. Un autre me fit immédiatement face, et je lui brisais promptement les cervicales dans un craquement sinistre, le laissant tomber dans la flaque de sang de son compagnon. C’est alors qu’une voix étonnement proche mit pause au combat qui venait à peine de commencer :

_ Il est là !

Je me retournais et poussais un soupir d’exaspération en voyant les miliciens.

_ Pourquoi insistez-vous ? Je ne veux pas vous tuer. Vous êtes suicidaires… laissez moi aller tuer ce Compte en paix, et dégagez de mon chemin !

Soudain, un grand silence s’installa. Personne ne bougea, et personne ne parla durant quelques secondes qui parurent interminable, jusqu’à ce qu’un milicien le rompe en demandant :

_ Aldwin ? Êtes-vous Aldwin ?

_ Et alors ? Demandais-je avec étonnement.

_ Toute nos excuses monsieur. Nous ne connaissions pas votre identité. Vous avez rencontré notre maître il y a peu, et en tant qu’allié de sa noble personne, nous vous demandons pardon pour cette traque absurde. Partez, il n’est pas loin. Nous nous occupons des bworks !

Ils passèrent alors à côté de moi et croisèrent rapidement le fer avec les bworks. Ce retournement de situation était tellement déroutant que j’en restait planté là quelques secondes. Puis je me ressaisis et continuais mon chemin, supposant que leur maître était le iop avec lequel j’avais combattu les ombres pour la première fois. En même temps… je n’avais que lui, comme allié. En partant, je dis aux miliciens :

_ Bande de crétins. Vous m’avez forcé à vous tuer pour rien.

_ Cela n’a pas d’importance, monsieur ! Ce qui importe, c’est que vous éliminiez le Compte ! Il n’y a que vous qui en êtes capable ! Me répondit un milicien qui venait d’éliminer un bwork en lui enfonçant sa lame dans le coeur.

_ Alors votre maître est ici… intéressant. Restez en vie, bande d’idiots.

Le même milicien qui m’avait répondu acquiesça et partir en quête d’une nouvelle victime. Je repris alors ma course. Les bruits de la bataille s’éloignèrent de plus en plus jusqu’à s’estomper. La fin de tout était très proche. Je le sentais à chaque pas que je faisais. Ce frissonnement en moi, annonciateur d’affrontement et de vengeance. Après quelques minutes de course, je me retrouvais face à un escalier qui montait à perte de vue, et qui n’était que peu éclairé.

Il était temps. En haut se dressait mon avenir et celui de l’île de frigost. Il ne semblait pas y avoir le moindre bruit. Seul celui de ma respiration se faisait entendre. Pourtant, le Compte n’avait pas pu être sourd à mon entrée fracassante ici. La dernière fois avait été plus silencieuse, et il s’était pourtant déplacé pour nous éliminer. Leurs visages apparut alors successivement devant mes yeux. D’abord celui de mes parents, me murmurant « Tu as bien grandis, fils. Vas. Nous avons foi en toi. », puis celui de mes compagnons de l‘expédition de l‘île de Sakaï, dont Elyar, qui me dit en souriant « Merci pour mes écrits. Ça m’a vraiment fais plaisir. Mets un terme à tout ça, compagnon. ». Le seul absent de ce groupe était le crâ. En même temps, sérieux comme il était, il ne devait avoir que faire des encouragements. Puis passa Wine, qui me dit d’un air sérieux « Je suis de tout cœur avec toi. Venge nous : élimine le pour de bon. ». Enfin, Lélia apparut. Elle resta quelques secondes, puis murmura doucement d’une voix apaisante et encourageante « Merci. ».

Merci… merci pour quoi ? Merci de l’avoir laissé mourir ? Merci de ne rien avoir pu faire ? Merci d’avoir vu toute les personnes qui m’étaient cher tomber sous mes yeux sans que je sois capable de faire quoi que ce soit pour l’en empêcher ? J’éclatais en sanglots. Les larmes roulèrent à flot sur mes joues, et je tombais à genou. Je restait là quelques secondes, à pleurer comme un bébé, impuissant que j’étais.

Puis je me relevais et frappait de toute mes forces le mur de mon poing. Je séchais mes larmes et regardais en haut de l’escalier. En plus de parler seul, je me mettais à entendre des voix et à voir les morts. Je devenais sérieusement fou. Que ma folie l’emporte dans ma mort.

_ Tu m’attends, hein ? Tu m’attends patiemment là-haut. Ne t’en fais pas… j’arrive. J’arrive pour te tuer, sale ordure ! Hurlais-je de toute mes forces en montant en courant les marches.
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Aldwin
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Lun 19 Nov - 18:01

Chapitre 20 : Légende ou mort.

Mon pied frappa violemment la porte qui se trouvait face à moi, en haut des escaliers. Celle-ci sauta de ses gonds et tomba avec un fracas hallucinant. Je marchais dessus et m’engouffrais dans la demeure du Comte Harebourg. J’étais dans hall immense, et cet enfoiré se tenait à l’opposé de là où j’étais. Visiblement, il m’avait attendu au lieu de venir me chercher comme la dernière fois, tel que je l’avais supposé. En le voyant, je n’eu qu’une envie : vomir. Un sourire narquois se dessina sur son visage.

_ La haine se lit dans ton regard, Aldwin.

_ Et tu t’apprêtes à y goûter, répliquais-je durement. Je suis le dernier. Cette fois-ci, il est temps d’y mettre un terme.

_ En effet, il serait temps. Je commence à en avoir marre de te courir après.

_ Désormais, c’est moi qui te poursuivrais. Je n’ai plus rien à perdre. Un animal blessé est extrêmement dangereux. Tu m’as tout pris. Prends peur devant ma rage !

Ma lame frappa le sol, et une fissure colossale partit de l’impact jusqu’au Comte. Celui-ci esquiva au dernier moment et l’entaille se prolongea jusqu’au mur du fond qui vola en éclat dans une explosion assourdissante.

Le Comte se mit à rire aux éclats. La soif de sang l’animait, tout comme elle m’animait moi-même. Il se téléporta jusqu’à moi et tenta de m’ouvrir le ventre. Je parais, et ma lame gela suite au pouvoir du Dofus des Glaces ancré dans son arme. La glace fondit aussitôt face au pouvoir de l’épée enflammée. Nos forces étaient égales. Le pion de Djaul affrontait le pion de Jiva. Nous étions sur un immense échiquier.

_ Eh bien… nous sommes dans une impasse. La force et le pouvoir ne comptent plus, déclara-t-il. C’est la volonté qui importe désormais.

Sa voix m’insupportait. Son apparence me débectait. Son sourire m’écœurait. Je voulais le tuer. Nos lames s’entrechoquèrent à nouveau, résonnant dans le grand hall avec fracas. Des échanges de coups durèrent plusieurs minutes, sans qu’aucun de nous deux ne blesse l’autre, sans qu’aucun de nous deux ne faiblisse, sans qu’aucun de nous deux ne s’arrête pour reprendre son souffle, jusqu’à ce qu’à bout de force, mon arme m’échappe des mains lors d’un coup de sa part d’une puissance redoutable. La sienne se leva immédiatement après. Je la voyais rayonner. Je la voyais se rapprocher. Il allait me tuer. C’était fini. J’étais incapable de faire quoi que ce soit. Comme d’habitude. J’étais faible. Et ma faiblesse faisait rouler des larmes sur mes joues en pensant à elle.

Un jet de flammes traversa l’immense pièce et percuta le Comte qui fit un vol plané et se heurta à un mur. Il retomba à terre, étourdi.

_ Aldwin ! Cria une voix familière.

Je me retournais pour en avoir le cœur net. Le crâ était bien là, tenant son arc à la main d‘où la flèche enflammée venait de partir. Mon allié iop était présent aussi.

_ Impossible… murmurais-je.

_ Toi ! Hurla le Comte en se relevant. Comment ? Je t’ai envoyé en enfer !

_ Djaul n’a aucun pouvoir sur moi. Tu croyais qu’il n’y en avait que sept ? Faux. Il y a huit enfants des flammes… et je suis le huitième. Même toi tu l’ignorais. J’ai bien joué mon jeu, à rester dans l’ombre de ton ignorance tout se temps.

Le iop me jeta mon épée que je rattrapais à la volée.

_ Je ne ferais pas ça une troisième fois. Signons notre accord dans le sang : tues-le !

Une bénédiction. Un miracle. Une libération. Je ne trouvais pas de mot assez puissant pour décrire ce retournement de situation et cette nouvelle aberrante. Un huitième enfant des flammes. C’était donc vrai. Et c’était lui. Tout ce temps, il était avec moi, et je l’ignorais.

Mon regard se porta sur le Comte. La peur se lisait à présent dans son regard. Désarmé, il ne pouvais plus rien faire qu’attendre patiemment la mort.

_ Tu m’as tout pris. Il est temps que tu en paies le prix !

Je m’avançais lentement vers lui. Très lentement. Trop lentement. J’avais hâte de le tuer. Hâte de voir couler son sang pourri et poisseux. Et pourtant, mes jambes ne pouvaient pas avancer plus vite vers lui. C’était comme si quelque chose me retenait. Comme si quelque chose me disait d’attendre. De ne pas le tuer de suite. J’avais l’impression de me combattre moi-même. Mais je voulais plus que tout au monde l’éliminer. J’avais trop souffert.

Ma lame lui perfora le cœur sous son regard effaré. Je la retirais dans un geyser de sang délectable. Le stupéfaction se lit alors sur son visage tandis qu‘il portait son regard sur sa plaie béante et rougeoyante du sang qui en coulait. Celui qui se croyait immortel et protégé de Djaul venait de tomber face à la puissance de Jiva.

_ Aldwin… murmura-t-il tandis qu’un filet de sang coulait de sa bouche. Elle…

Puis il tomba face au sol, tandis qu’une flaque de sang entourait son cadavre. Je le retournais avec mon pied et m’assis sur son ventre.

_ Elle ? Elle !? Tu l’as tué !!!

Je frappais alors sa tête à répétition. De fines gouttelettes de sang volèrent dans tous les sens. Son nez cassa. Ses dents se brisèrent. Sa mâchoire craqua. Mais je continuais à frapper. Il était mort, mais je me délectais de cet acte pitoyable. J’étais en transe. J’avais mal aux poings à force de frapper, mais je l‘ignorais, car cela n‘avait pas la moindre importance à mes yeux. Je sentais le regard du iop et du crâ peser sur moi. Ils devaient être effaré de ce que j’étais en train de faire. Mais peu m’importait. C’était jouissif. Son visage se déformait petit à petit. Ses os cédaient les uns après les autres. Du sang giclait dans tous les sens. Et je me mis alors à rire, d’un rire grave, sadique, et démoniaque. Un rire cruel comme jamais je n’aurais cru en entendre un sortir de ma bouche. Un rire semblable au sien.

Après quelques minutes à ne pas m’arrêter de le frapper, je finis par être à bout de force, et par me lasser. Il ne restait de sa tête que charpie, sang, cervelle, et morceaux de chair broyés. J’étais plus en train de frapper le sol que lui. Je me relevais alors et regardais mes deux acolytes. Ceux-ci étaient paralysés et effrayés.

Je leur tournais le dos et entrepris de sortir du manoir. Je n’avais plus besoin d’eux. Je n’avais plus besoin de rien ni personne. J’avais enfin eu ce que j’attendais depuis mon enfance. Je l’avais massacré, au sens propre du terme. J’étais satisfait. Je savais dés à présent ce qu’il me restait à faire. Une seule chose, un seul acte, que je désirais plus que tout depuis longtemps, mais que je ne pouvais accomplir tant que lui n’avait pas rendu l’âme sous mes coups. J’avais besoin d’être seul, pour faire cela. J’avais besoin… de demander pardon.

Je quittais le manoir. C’était fini.
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MessageSujet: Re: Aldwin, sacrieur condamné.   Jeu 22 Nov - 18:58

Chapitre 21 : Liberté.

Le soleil brillait haut dans le ciel de frigost, et on commençait à voir la neige fondre petit à petit. Tout le monde semblait heureux. On aurait presque dit un conte de fée.

Le cadavre sans tête du Comte semblait avoir été brûlé publiquement. Je le voyais par les flammes qui montaient en lançant des panaches de fumée dans les airs. En partant, j’avais vu le crâ et le iop partir de leur côté, visiblement joyeux. En fait… j’étais le seul à être triste.

J’étais assis sur les débris de mon ancienne demeure familiale. Je regardais le ciel d’un bleu éclatant en jouant machinalement avec un pistolet que j’avais ramassé dans le manoir du Comte en partant. Il était dans une vitrine que j’avais brisé, avec de nombreuse autres armes à feu. J’avais pris le plus laid après avoir vérifié qu’il était bien chargé. Je n’étais pas heureux. Je ne retrouverais jamais ce que j’avais perdu. Des larmes roulaient sur mes joues.

_ Je t’aime.

La voix de Lélia venait de résonner dans ma tête. Un pâle sourire se dessina sur mon visage empli de larmes.

_ Moi aussi, je t’aime… murmurais-je.

Je pointais mon revolver sur ma tempe. Les roulant sur mes joues étaient de plus en plus nombreuses. Je voulais en finir.

Mon doigt pressa la détente.

*

A frigost, la joie régnait en maître. Le Comte était tombé, et tout le monde acclamait le héros inconnu qu’était Aldwin.

La joie éclata encore plus lorsqu’à la surprise générale, toute les personnes tuées pas le Comte apparurent au coin du feu du cadavre de cette abomination. Bien évidemment… cela comprenait Wine et Lélia. Ils avaient été tué par la magie du Dofus des Glace, annulée par la mort du Comte.

Après leur apparition, la première chose que fit Lélia, ce fut de se tourner vers le iop et le crâ et d’hurler :

_ Où est Aldwin !

_ Il est partit seul après avoir tué le Comte, répondit le crâ.

_ Et vous l’avez laissé faire ? Beugla-t-elle.

Elle partit alors en courant. Wine la suivit rapidement, et le iop et le crâ restèrent sur place sans comprendre quoi que ce soit.

_ Où vas-tu ? Demanda Wine.

_ Là où habitaient ses parents. C’est là-bas qu’il ira se tuer…

Ils trottèrent un bon moment, et Wine était stupéfait de la voir ainsi vive, elle d’habitude calme et douce. Jamais il n’aurait pensé la voir tenir une allure de course si rapide. Soudain, il l’entendit murmurer quelque chose qui se finit en cri :

_ Bon sang, Aldwin… Je t’aime !

Ils continuèrent ainsi à courir quelques secondes, lorsque un bruit atroce retentit. Un bruit qui glaça le sang de Wine. Celui d’un coup de feu. Lélia s’arrêta net et devint aussi blanche qu’un défunt.

_ Non… marmonna-t-elle. Non !

_ Lélia… murmura Wine, désemparé.

Puis il la regarda partir en courant, des larmes pleins les yeux, des larmes qui coulaient jusqu’à en tomber par terre sur son passage. La seule chose à laquelle il pensait, c’était que le scénario qu’il voyait se dérouler sous ses yeux était digne d’une tragédie.


END
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